Mr. Java, avis et chronique de jeu

Diriger une entreprise de multimédias demande des compétences précises, des ressources financières importantes, des spécialistes efficaces, des partenaires d’affaires fiables et parfois quelques aptitudes originales mais non dénuées d’intérêts. Lorsqu’on trouve son créneau, les affaires vont bien… jusqu’à ce que la concurrence se pointe le bout du nez! Le jeu Mr. Java, du créateur québécois Kevin Bouchard, nous immerge dans cet univers intense du web, des médias sociaux et des applications!


Mr. Java
Auteur: Kevin Bouchard;
Illustrateur: Simon LaBadie Chartrand;
Éditeur: Viviludi;
Distributeur: Viviludi;
Nombre de joueurs: 1 à 4 joueurs;
Durée: 30 à 90 minutes;
À partir de: 14+;
Thématique : Gestion d’entreprise, univers du web, finances, concurrence;
Mécanique : objectifs, gestion de ressource, placement d’ouvrier, pouvoir asymétrique, lancement de dés, amélioration des dés, collections, gambling.

C’est quoi le but?
Avec Mr Java, vous incarnez un leader d’entreprise qui travaille dans le domaine de l’informatique. Vous aurez à soumissionner pour obtenir des projets, améliorer vos moyens de productivités, former vos employés et engager des spécialistes afin de livrer vos projets dans les temps… et à l’entière satisfaction de vos clients! Mieux vous performez, meilleure est votre réputation! Mais attention, d’autres entreprises cherchent à tailler leur place sur le marché.

Comment on joue?
Au centre de l’aire de jeu, on place les divers éléments communs à tous: les plateaux d’actions et de réputations, les réserves d’argent et de semaines de travail et les cartes projets selon leurs niveaux: on en ouvre un certain nombre en fonction du nombre de joueurs et le reste constitue les pioches. Pour une partie avancée, on ajoute les cartes d’appel d’offres, les cartes de productivité ainsi que les quatre cartes consultant, face ouverte. On place la petite flèche en bois (marqueur de tours de jeu) à la semaine zéro dans le haut du plateau de réputation.

Partie d’initiation à deux joueurs: mode petite entreprise, 20 semaines de jeu.

Chacun des joueurs reçoit aléatoirement un plateau de jeu individuel, avec des compétences uniques (et un plateau individuel grande entreprise, si on choisit ce mode de jeu), ses cubes-marqueurs et pions-joueurs à sa couleur ainsi que 50 000$. Les marqueurs sont disposés aux espaces le plus à gauche sur chacun des plateaux individuels (ressources humaines) ainsi que sur le plateau de réputation. Puis une carte projet de niveau un est remise à chacun des joueurs (il n’y en a que quatre – ce sont les projets de départ). Le jeton premier joueur est remis à la personne qui est rentrée le plus tard de son boulot et on est prêt à débuter la partie.

Un tour de jeu se décline en trois phases.
1- Choix des actions et dépense des coûts de l’action (s’il y en a);
2- Résolution des actions, dans l’ordre des joueurs à commencer par le premier joueur;
3- Fin de la semaine de travail et préparation de la prochaine.

Choix des actions
À tour de rôle, en débutant par le premier joueur, on sélectionne l’action que l’on désire poser dans le tour en cours. Si un coût est associé à l’action choisie, c’est à ce moment que l’on doit le défrayer. Attention, la grande majorité des actions sont limitées quant au nombre de joueur qui peuvent la choisir. Une fois que tous les joueurs ont choisi leur action, on passe alors à la phase de résolution.

Le plateau d’action avec les seize options.

Résolutions des actions
Toujours à partir du premier joueur et dans le sens horaire, chacun résout son action. Avant de retirer son pion-joueur du plateau, on attend que tous les joueurs aient résout leur action.

Le plateau propose un choix parmi onze actions en mode petite entreprise et jusqu’à seize actions différentes en mode grande entreprise. Il serait laborieux de toutes les présenter et de les détailler dans cette chronique. Afin de comprendre suffisamment pour se faire une idée, soulignons qu’il est notamment possible:
– d’initier ou de livrer un projet, ce qui est le cœur du jeu;
– de récolter de l’argent de trois manières différentes, avec plus ou moins de risques;
– d’augmenter les capacités de nos ressources humaines (designer, programmeur et testeur auxquels on peut ajouter, en mode grande entreprise, un contrôleur de projet et un gestionnaire de projet) et de gagner en efficacité pour la suite de la partie;
– de récolter des jetons de semaine de travail supplémentaire ou de les monnayer;
– de faire de l’espionnage industrielle et donc de copier une action d’un autre joueur;
– de ravir le jeton premier joueur à celui qui le détient;
– d’augmenter la valeur des récompenses reçues lorsqu’on livre un projet.

Des projets peuvent rencontrer ou non la pleine satisfaction des clients.
Un projet réussi rapportera les récompenses du côté droit (vert) de la carte projet.
Un projet échoué remportera les récompenses du côté gauche (rouge).

Lorsqu’on désire initier un projet, en plus de devoir choisir cette action sur le plateau, il faut également avoir en main suffisamment d’argent pour payer nos employés et que ces derniers aient le niveau d’expertise suffisant pour mener le projet à terme. Au moment de livrer le projet, une mécanique originale se met en action. Selon le niveau de formation de vos employés, vous aurez des dés à lancer. Chacun des projets a en effet un taux de satisfaction à atteindre pour l’entière satisfaction du client. Ce taux est déterminé par l’accumulation des dés. Dans un premier niveau de formation, un employé permet de lancer un dé de six faces alors qu’à des niveaux supérieurs, ce peut être des dés à huit, dix et même douze faces qui seront lancés. En mode grande entreprise, il est même possible d’aller chercher jusqu’à deux dés bonus à quatre faces. Si vous n’êtes pas rassurés par les compétences de vos employés, vous pouvez également dépenser des semaines de travail supplémentaires pour faire diminuer le résultat à atteindre sur les dés et ainsi obtenir l’entière satisfaction de vos clients et obtenir le maximum de rétributions.

Des jetons semaine de travail sont disposés sur un projet afin de le livrer.

Parlons-en des rétributions. Lorsqu’un projet est livré, quatre récompenses vous sont octroyées:
– de l’argent, bien entendu… c’est le nerf de la guerre comme on dit!
– de l’expérience pour vos employés, vous pouvez augmenter leurs capacités (et donc potentiellement, augmenter la valeur de certains de vos dés);
– l’augmentation de votre cote de réputation (qui se traduit en autant de points de victoires à la fin de la partie, en plus d’offrir certains avantages en cours de partie);
– des étoiles d’excellence (qui n’ont de valeur qu’en fin de partie pour autant de points de victoire).
Selon que vous ayez ou non satisfait à toutes les exigences du client, vous recevrez la totalité de ce qui était promis, ou une fraction des récompenses. Les cartes projets sont ainsi illustrés que vous trouverez du côté droit les récompenses en vert (satisfaction pleine), et du côté gauche, les récompenses en rouge (satisfaction partielle). À ces récompenses peuvent en être ajoutés si vous jouez en mode grande entreprise. C’est le rôle des cartes consultants.

Sur la ligne du haut, les cartes nécessaires au mode grande entreprise: appel d’offres, productivité et consultants.
Sur la ligne du bas, des exemples de cartes projets à réaliser en fonction de leur niveau (ligne du milieu).

Fin du tour et préparation du prochain
Une fois que tous les joueurs ont terminés de résoudre leur action, on récupère son (ou ses) pion-joueur. Si un joueur a pris l’action “premier joueur”, il récupère le jeton premier joueur et il débutera le prochain tour. Autrement, c’est le joueur qui détient déjà le jeton qui demeure premier joueur. Il est donc possible, si personne ne prend l’option premier joueur dans les actions, qu’un joueur demeure premier joueur toute la partie. Puis, on donne à chaque joueur un jeton de semaine de travail, on avance le marqueur de tour d’une semaine et le premier joueur peut alors procéder au choix de son action pour initier le prochain tour de jeu.

Un jeton illustrant une flèche blanche sert à marquer les semaines de travail accomplies (tour de jeu).
Des cubes de couleurs marquent le niveau de réputation des joueurs.

C’est tout?

Trois modes de jeux sont proposés: le mode petite entreprise, le mode grande entreprise et le mode solo.

En mode petite entreprise, idéal pour une partie en famille ou pour des joueurs débutants, le choix des actions est limité à onze plutôt que seize. On couvrira, par un carton illustré, les cinq actions qu’on retrouve au bas du plateau des actions; elles ne seront pas disponibles. De même, les cartes consultant, appel d’offres et productivité ainsi que les dés noirs à quatre faces ne seront pas utilisés. Les plateaux individuels “grande entreprise” resteront également dans la boîte de jeu puisque ceux-ci sont destinés à cet autre mode de jeu.

En mode grande entreprise, on utilise l’ensemble du matériel et ce mode de jeu est plus agréable pour les joueurs plus avancés et pour avoir un niveau de difficulté supplémentaire.

Plateau de jeu additionnel pour mode grande entreprise. Chacun des joueurs en reçoit un en début de partie.

Le mode solo peut se joueur tant en petite qu’en grande entreprise, au choix du joueur. Une section dédiée à ce mode explique comment introduire un automa (joueur abstrait). Dans ce mode de jeu, seule l’action “copier une action” ne peut être sélectionnée. Une grille est proposée en fin de section pour évaluer le rendement du joueur et l’inviter à se dépasser de partie en partie.

Disposition de départ pour une partie en solo; mode petite entreprise.

OK, et le jeu se termine quand?
Le livre de règles propose trois longueurs de jeu soit quinze semaines (tours de jeu), vingt et trente semaines. Lorsque le marqueur de tour de jeu atteint la durée convenue entre les joueurs, à la fin de la dernière action du dernier joueur, la partie se termine. On procède au décompte des points et on détermine le vainqueur.

Le pointage final se calcule avec plusieurs paramètres:
– Chaque étoile d’excellence sur les cartes projets réalisés vaut un point;
– Le nombre de points de réputation atteint vaut autant de points (maximum 15);
– On reçoit trois points pour chaque tranche de 100 000$ complétée;
– Selon le niveau d’expertise de nos employés, chacun peut offrir de un à quatre points (minimum 3 et maximum 12 points);
– Des bonus sont offert au joueur ayant la meilleure réputation;
– Un bonus de trois points est offert aux joueurs ayant réussi à ne rendre que des projets à l’entière satisfaction des clients (toutes les cartes sont du côté vert);
– Un bonus d’un point par niveau d’expérience des employés qui ont dépassés le maximum est attribué;
– En fonction des catégories de projets réalisés (web, médias sociaux et applications) et de la quantité de ces catégories, vous pouvez récolter des points.

Ce que j’en pense?

Ma première expérience de Mr Java s’est vécue avec un prototype du jeu. Kevin Bouchard était alors en période de développement, plein de rêves et d’ambitions. Déjà, à ce moment, j’avais grandement apprécié l’expérience du jeu et ses originalités. Aujourd’hui, Mr Java est un jeu à part entière qui mérite bien sa place en ludothèque! Les amateurs de jeux stratégiques qui demandent réflexions et organisation seront servis… tout en permettant une approche de ce type de jeu pour les personnes moins habituées. Bien que certaines subtilités et possibilités quant au pointage final en appellent à un bon niveau de compréhension et de stratégie, Mr Java est un jeu de niveau de complexité assez accessible pour le grand public.

Malgré les vingt-deux pages de règles, le jeu est plus simple qu’il n’y paraît. C’est que les règles sont écrites en gros caractères (ce qui est fortement apprécié!), abondamment illustrées (ce qui facilite la compréhension!) et accompagnées d’exemples pertinents (ce qui lève les quelques interrogations qui pourraient demeurer à la lecture des règles). D’autre part, quelques pages ne sont pas directement consacrées aux règles et options de jeu, mais sont une aide à la compréhension de pictogrammes, de lecture des cartes ou encore lexicales. De pages en pages, on retrouve des précisions quant au mode grande entreprise, mises en évidence par un trait d’un crayon surligneur jaune: excellente idée pour se retrouver rapidement. Une première approche du jeu demandera un peu de patience pour passer à travers le livre de règles car il y a un certain nombre de petits détails à bien assimiler au départ. À titre d’exemples citons la valeur des jetons semaine de travail qui augmente selon la valeur des projets ou bien les règles subtiles pour lancer un appel d’offres et encore la compréhension de la matrice des points de victoire. Une fois ce premier passage fait, la partie peut débuter.

Le rythme de jeu est particulièrement fluide. Puisque les joueurs n’ont qu’une action à choisir par tour de jeu, cela peut se faire assez rondement. Il y a bien quelques moments de grandes réflexions çà et là, mais de manière générale, on peut se faire une bonne idée de notre prochaine action pendant les phases de jeu précédentes. Une fois qu’on a bien compris la mécanique et qu’on a assimilé certaines combinaisons intéressantes, le jeu accélère encore pour atteindre une vitesse de croisière bien adaptée à la durée de jeu annoncée sur la boîte. Je considère qu’il faut deux bonnes parties complètes (l’une en mode petite entreprise d’abord et l’autre en mode grande entreprise) avant de pouvoir apprécier Mr Java à sa pleine valeur.

L’apparence du livret de jeu, comme celles des composantes du jeu, favorisent une immersion dans le monde des entreprises du web: abondance de paperasse, cernes de tasses de cafés, dossiers multiples, ambiance un peu survoltée, etc. Cela se reflète également dans les illustrations d’apparence surchargée et dans le déploiement de tout le matériel de jeu. Il faut le dire, Mr Java prend de l’espace sur une table. Beaucoup d’espace! L’aire de jeu ressemble rapidement à un véritable bureau de travail de Start-Up. Je ne saurais dire si c’était dans les plans de départ, mais cet aspect permet de goûter un peu au climat un peu cliché qui règne dans ce type d’entreprise.

Un des six plateaux uniques de joueur individuel.

D’autre part, dans le choix artistique, on y retrouve une belle représentativité de genre, de culture et de style. Il y a de nombreux petits détails qui passent parfois inaperçus et qui pourtant sont savamment calculés. Je pense ici au fleurdelysé placé subtilement sur le drapeau français du livre des règles dans la langue de chez nous, ou encore à l’iconographie et autres informations sur la boîte de jeu qu’on peut lire, peu importe le côté de la boîte qui est exposée à la vue.

Mentionnons au passage que l’entreprise Viviludi, qui édite Mr Java, se défini comme étant une entreprise de création et d’édition de jeux ayant une approche se voulant écoresponsable. En ce sens, Mr Java offre une boîte de rangement sans les habituels thermoformages de plastique, propose du matériel durable (bois) et réutilisable (feuille de score effaçable). L’abondant matériel du jeu se range assez facilement dans la boîte et celle-ci se range tout autant à l’horizontal qu’à la verticale dans votre ludothèque.

Matériel écoresponsable, bois et carton.

Oui, il est vrai que certaines options d’éditions peuvent être un léger irritant pour quelques personnes. À titre d’exemple les couleurs pas toujours faciles à distinguer sur les plateaux des joueurs (et pas que pour les daltoniens) ou encore le choix d’une illustration abondante, cartoonesque et aux couleurs dans les teintes pastel. Qu’on aime ou qu’on n’aime pas – après tout, les goûts, c’est propre à chacun – on doit cependant saluer l’unité et la cohérence du travail artistique. Les options sont franches, entièrement assumées et répondent aux standards du genre. On ne peut passer sous silence de petites coquilles de français dans le livre des règles ou quelques disparités entre le livre de règles et le plateau. Une section FAQ sur le site internet de Viviludi en recense les détails et y apporte les corrections et précisions. Une seconde édition de Mr Java est déjà au programme avec les ajustements nécessaires. Au final, si on exclut les petits irritants liés à la première expérience d’un jeune créateur québécois audacieux, Mr Java fonctionne très bien!

De fait, Mr Java est un jeu qui se joue bien, peu importe le nombre de joueurs. Mentionnons que le jeu connait de belles nuances toutes naturelles en fonction du nombre de joueur. À titre d’exemple, plus il y a de joueurs, plus il est difficile de réaliser les actions que l’on désire et le plaisir vient dans la capacité à se débrouiller et à réorganiser ses projets. Les stratégies et les dynamiques de jeux changent donc en fonction du nombre de joueurs et de leur tempérament. Ainsi, à deux joueurs, il n’est pas très courant que quelqu’un aille chercher le jeton premier joueur alors que c’est une action plus souvent prisée à quatre. Il y a également un peu plus de rentre-dedans indirect lorsque l’on est plus nombreux. De même, les formations de groupe n’offrent que très peu d’attraits lorsque le nombre de joueur est moindre alors qu’il est très souvent sélectionné en mode à quatre joueurs.

Un jeton premier joueur particulièrement convoité lors des parties à quatre joueurs.

D’une partie à l’autre, en fonction des choix de nos concurrents ou du roulement des dés, on adopte différentes approches. Tantôt on visera une livraison rapide de plus petits projets alors que d’autres parties nous conduiront d’abord à développer les champs d’expertise de nos employés et donc de livrer moins de projets, mais aux récompenses beaucoup plus généreuses! De plus, les divers plateaux de jeu individuel des joueurs proposent des entreprises avec des pouvoirs diversifiés, ce qui ajoute à la richesse de l’expérience du jeu. Ainsi, avec une entreprise comme Frikis Inc., Bonsanca Inc. ou Prospera vous générerez plus facilement de l’argent alors que Amikoj Inc. et Entuzi Inc. faciliteront la satisfaction de vos clients. De son côté, Kopio Inc. est probablement l’entreprise à gérer lorsqu’on joue à quatre joueurs car elle permet de contourner la règle d’un seul joueur par action. Au final, pour toutes ces raisons et d’autres encore, Mr Java est un jeu ayant une grande rejouabilité.

Les six entreprises avec leurs caractéristiques propres.

Je ne peux passer sous silence mon expérience du mode solo. On le sait, le mode solo est devenu pratiquement une norme dans l’industrie. Malheureusement, il arrive que certains jeux proposent un mode solo qui n’en est pas véritablement un, un peu plaqué “parce qu’il le faut”. À la lecture du mode solo dans le livret de règles, je me suis fait cette même réflexion. Rien de nouveau en apparence: un joueur fictif qui fonctionne par automa (un dé) et quelques modifications très légères à certaines règles. Pour les besoins de cette chronique, et par soucis de vérité au regard des lecteurs et de l’auteur, je me suis imposé de faire au moins une partie. Eh bien… surprise! Après quelques tours de jeu à peine, j’étais déjà complètement embarqué dans le défi de gérer une entreprise! Plus la fin approchait, plus l’intensité et l’urgence d’optimiser mes actions se faisait sentir. À ma plus grande surprise, à peine avais-je terminé ma première partie solo que j’étais déjà en train de préparer le jeu pour une deuxième, cette fois-ci en mode grande entreprise. J’étais déjà mordu. Soyons honnête, Mr Java n’est pas un jeu solo. Mais son mode solo est efficace et très satisfaisant.

Dans un autre ordre d’idée, la découverte du fonctionnement de l’automa m’a naturellement conduit à tenter une expérience permettant de palier au fait que certaines actions sont moins intéressantes dans une partie à moins de quatre personnes. Pourquoi ne pas utiliser cet automate dans une partie à deux ou trois joueurs? Honnêtement, le résultat s’est fait sentir au point où j’envisagerais de le proposer en mécanique de base pour les autres modes de jeu.

Avant de terminer cette chronique, je partage un de mes coups de cœur: les dés! Bien que j’aime énormément les dés comme matériel, je suis souvent frustré par l’aspect aléatoire et chaotiques que ces derniers induisent dans une partie. Or, la mécanique des dés, leur évolution et la compensation en semaines de travail supplémentaires pour contrer un possible mauvais jets m’ont tout simplement conquis. On est en présence d’un mécanique originale, efficace et très agréable à manager. Ainsi, les gamblers invétérés pourront se faire plaisir à souhait alors que les tacticiens sauront utiliser à bon escients leurs diverses ressources!

Premier jeu créé par le québécois, Kevin Bouchard, l’homme à l’origine de Viviludi, Mr Java est un jeu complet, bien éprouvé et équilibré. Il est accessible, agréable et s’explique bien à partir du moment où on a déjà une expérience du jeu. Les conditions matérielles du jeu en donne un aspect immersif secondaire mais bien présent et la diversité des modes de jeu et diverses options permettent des parties plus ou moins longues, selon le temps dont on dispose et l’intérêt qu’on a. Pour ma part, Mr Java a déjà près d’une dizaine de parties au compteur en moins d’un mois et je sens qu’il sera longtemps dans les jeux qui seront proposés à mes amis lorsqu’ils se joindront à moi.

Bref, si vous aimez les jeux d’optimisation, de gestion et de développement qui sont accessibles et modulables, Mr Java est tout indiqué pour vous.

On aime :
– Un jeu d’ici par un créateur bien Québécois;
Les règles du jeu bien détaillées et illustrées;
– Le matériel écoresponsable, abondant et de qualité;
– La rejouabilité induite par de multiples options de jeu;
– L’ambiance conviviale et le petit sentiment d’urgence vers la fin de la partie;
– Un jeu accessible de complexité moyenne, une bonne transition vers les jeux plus complexes;

– L’interaction indirecte mais assez présente en fonction du nombre de joueurs;
– Les mécaniques se fondent bien les unes dans les autres; mention à l’évolution des dés;
Un jeu somme toute assez fluide, se joue rondement et permet une belle satisfaction.


On aime moins :
– Quelques erreurs et incohérences règles-plateaux de jeu demeurent dans les règles;
– La thématique, bien que celle-ci accomplisse sa fonction, elle se perd facilement dans la mécanique – manque un peu d’immersion;
– Le illustrations, bien qu’assumées et répondant aux critères du genre, elles offrent une certaine distraction et le plateau des actions de jeu n’est pas aussi intuitif qu’on l’aurait souhaité
.

On aurait aimé:
– Une manière de décompter en victoire ou en défaite pour le mode solo. En effet, la table proposée est imprécise car selon qu’on joue en petite ou grande entreprise, ou qu’on joue quinze, vingt ou trente semaines, le score peut varier grandement.


Il est à noter que :
– certaines personnes qui ont un attrait pour les styles visuels plus épurés, tels que les présentent généralement les jeux modernes, pourraient passer rapidement les yeux sur Mr Java et ne pas le considérer. Ce serait passer à côté d’une belle expérience.

Nous vous invitons à découvrir d’autres jeux québécois avec Dinoblivion et Nouvelle France.

Dinoblivion – deuxième jeu du créateur québécois Jean-François Gauthier
Nouvelle France – un jeu du créateur québécois Jacques-Dominique Landry

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