Flourish, avis et chronique de jeu

Flourish nous transporte au milieu d’un monde rempli de fleurs ravissantes, de petits murets de pierre charmants, d’étendues bucoliques, de pittoresques fontaines et d’arbres majestueux. Dans Flourish, chaque joueur aura à créer son propre jardin pour marquer le plus de points possible. Mais attention, il devra garder un oeil sur ceux de ses voisins pour profiter de leurs choix de jardiniers pour adapter le sien en conséquence.

Flourish
Auteurs: James A. Wilson, Clarissa A. Wilson;
Illustrateurs: April Borchelt, Dann May, Christina Qi, Naomie Robinson;
Éditeur: Matagot ;
Distributeur: Îlo307 ;
Nombre de joueurs: 1 à 7 joueurs;
Durée: 45 minutes;
À partir de: 8+;
Thématique: Création de jardins;
Mécanique: Jeu de collection de cartes.

Photo de l’éditeur

C’est quoi le but?

Le but de Flourish, c’est de créer un jardin et ce, en quatre manches. Chaque joueur fait des points grâce aux différents éléments de son jardin, mais aussi grâce aux éléments que ses voisins ont décidé de mettre dans les leurs!

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Comment on joue?

On commence par placer le jeu en séparant l’espace de chaque joueur à l’aide d’un petit muret de pierre. On place ensuite son propre compteur de points et on peut finalement piocher ses 6 cartes.

Une partie se déroulera en 4 manches pendant lesquelles on aura à placer 3 éléments dans son jardin. Les trois premières phases se déroulent de la même manière. Parmi les 6 cartes, on décide d’en placer une face cachée devant soi. C’est celle qui fera désormais partie de notre jardin. On en donne aussi une à son voisin de gauche et une autre à son voisin de droite (ou bien deux à son adversaire advenant qu’on joue à 2).

Une fois que tout le monde a déposé ses 3 cartes, chaque joueur révèle alors celle qu’il a choisi d’intégrer dans son jardin. Ensuite, chacun récupère dans sa main les cartes qui lui ont été données par ses voisins (c’est là que les murets entre les joueurs deviennent utiles) et finalement chaque joueur pioche une carte supplémentaire pour avoir 6 cartes en main. On répète le processus encore 2 fois, et voilà, c’est la fin de la première manche.

L’essentiel, c’est de bien choisir ses cartes, autant celles qu’on place dans son propre jardin que celles que l’on donne à ses voisins. Les cartes peuvent rapporter des points de deux manières différentes: soit elles produisent des points à la fin de chaque manche, soit elles en donnent à la fin de la partie.

Les points sont obtenus grâce aux symboles sur les cartes. Par exemple, la carte du Papyer somniferum permettra de faire un point par symbole de feuille et un point par symbole de fleur violette. D’autres cartes permetteront de faire des points grâces aux symboles sur les cartes de l’un ou l’autre de nos voisins ou même de nos deux voisins.

On note ensuite ses points sur le compteur et on recommence pour 2 manches supplémentaires. À la fin de la dernière manche, on ne pioche pas de cartes. À la place, on sélectionne 3 cartes parmis nos 5 cartes restantes. On les dépose face cachée et lorsque chaque joueur l’a fait, on les révèle. Voilà! Ce sera la touche finale de notre jardin!

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OK, et le jeu se termine quand?

Pour bien finir une partie de Flourish, il est temps de faire la dernière étape du jeu: le décompte des points de fin de partie. Le coin inférieur droit des cartes indiquera si les éléments de notre jardin permettent de faire des points de fin de partie. Ces derniers fonctionnent sur un mode similaire à celui des points de fin de manche. On inscrit nos points, et voilà on sait désormais qui est le jardinier le plus rusé et le plus observateur, celui qui aura su le mieux faire prospérer (flourish!) son jardin.

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C’est tout?

On peut choisir de joueur de manière compétitive en déterminant celui qui a le plus grand nombre de points ou bien de manière collaborative en additionnant le score de chaque joueur. Le jeu saura s’adapter à son public selon les ambitions mise de l’avant entre travailler ensemble ou bien déterminer qui est le plus grand jardinier.

On peut aussi se lancer dans un grand Concours de jardins. Pour ce faire, on enchaîne trois parties de suite avec les mêmes joueurs. C’est la variante idéale pour un après-midi pluvieux!

Une autre variante du Concours de jardins est l’ajout des Flots. Les Flots sont des objectifs personnels que l’on peut remplir pour obtenir 7 points supplémentaires en accumulant le plus de symbole d’un certain type. À la fin de chacune des trois parties, si un de nos trois objectifs personnels est rempli, on retourne le Flot correspondant et on s’attribue 7 points.

On peut également créer un joueur fictif, M. Greg, pour jouer en solo.

Le jeu propose finalement la variante du Compost qui permet de piocher davantage de cartes. Chaque joueur peut décider de défausser une carte face cachée pour en piocher 2 au lieu d’une seule.

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Ce que j’en pense?

Au commencement, on ouvre la boite et on tombe sur le livret de règles. Jusque là, rien à signaler. Puis, on prend le livret en mains et on vit notre première surprise, un beau papier texturé, résistant, solide et imperméable (je viens de faire le test et oui, c’est imperméable!). Une première lecture des règles suffit pour comprendre le fonctionnement du jeu. On aura peut-être besoin d’aller vérifier un élément en cours de partie, mais tout est très bien expliqué dans les 3 pages recto-verso. Les créateurs du jeu ont pensé aussi à ajouter des cartes aide-mémoire en cas d’oubli de la signification de certains symboles.

Vient ensuite la deuxième surprise: on peut monter la boite avec des inserts pour ranger les différents éléments du jeux. Les créateurs ont opté pour des pièces en carton pour tout ranger au lieu d’une multitude des sacs de plastique et j’avoue que le concept me séduit.

Puis, on a le plaisir de monter les quelques éléments que le jeu nous fournit: des petits murets de pierre (en carton) et des compteurs de points. Les murets sont avant tout décoratifs, mais ils ajoutent à l’ambiance tout en permettant de bien délimiter l’espace de chaque joueur lors des échanges de cartes. Les compteurs de points sont très bien faits: trois roulettes indépendantes permettent de compter les points à la fin de chaque manche. J’aurais toutefois aimé que les roulettes soient plus stables, car il est très voire trop facile de changer les chiffres.

C’est un jeu parfait pour jouer lors d’un long samedi pluvieux, alors qu’on voit son jardin battu par les éléments, avec une musique douce en arrière-fond et un bon café qui tiédit tranquillement dans la main. Flourish, c’est le jeu idéal pour relaxer en rêvassant à l’été.

Les cartes sont belles et faciles à manipuler et le carton est robuste. On se doute que des efforts ont été faits pour rendre le jeu durable et agréable à manipuler.

En lisant les règles, on a l’impression que le jeu sera assez léger et plutôt simple. C’est vrai qu’en début de partie, on se demande un peu s’il y a une stratégie ou si on pose simplement des cartes pour faire joli. Vers la moitié de la partie, on se rend compte qu’on aurait dû poser telle carte plus vite et telle autre plus tard, et qu’on aurait dû donner telle carte à son voisin. C’est là que Flourish montre de quoi il est capable. Flourish sait être un jeu complexe avec les joueurs qui se donnent la peine de s’investir.

Il suffira de quelques parties supplémentaire pour voir que le jeu offre une belle complexité et une grande rejouabilité. Flourish peut rapidement devenir un jeu psychologique, puisqu’une bonne partie des points se fait sur le dos des autres joueurs. Il faut réussir à prévoir quel genre de cartes chacun de ses voisins va poser pour maximiser ses propres points. On peut aussi tenter d’influencer nos voisins avec les cartes qu’on leur donne à chaque tour de jeu. Flourish offre de devenir un pro du jardinage tactique si c’est le style désiré par les joueurs.

La multitudes des modes alternatifs est un des points forts du jeu. Vous l’avez constaté avec moi, la section de cette chronique qui traite des modes alternatifs de jeu est assez étoffée. Les créateurs du jeu ont pensé à tous les publics possibles pour Flourish, autant les enfants que les grand-parents. Pour chaque configuration de joueurs, Flourish saura offrir un mode de jeu adéquat.

On aurait peut-être aimé que le jeu propose plus d’interactions entre les joueurs en mode compétitif . Cette petite faiblesse est absente lorsqu’on joue en mode coopératif, puisqu’il faut alors communiquer pour mettre au point la stratégie de l’équipe d’horticulteurs.


Pour les latinistes, les horticulteurs et les amoureux de culture générale, vous aurez le plaisir de voir parfois les noms des plantes en latin. C’est l’occasion rêvée de donner vos premières leçons de latin à vos enfants ou d’épater la galerie en prononçant d’un air suffisant les noms des plantes. Soulignons qu’il est assez audacieux de faire un jeu de société sur le jardinage!

Bref, si vous aimez les jeux d’ambiance avec une esthétique très riche et détaillée, présentant un sain équilibre entre le hasard et la stratégie, alors Flourish est un jeu qui saura vous charmer et vous transporter vers des étendues fleuries!

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On aime :
– La boite de jeu qui est belle en elle-même et qui mérite de trôner debout dans une bilbiothèque de jeu. Sa beauté s’allie à un rangement facile des pièces de jeu grâce aux inserts en carton;
– Les règles simples de jeu et l’abondance de variantes qui donnent à Flourish la possibilité de s’adapter à tous les styles de joueurs;
– Le matériel qui est durable et qui ajoute autant à la beauté du jeu qu’à la facilité de compter les points de victoire;
– La multitude des styles de jeu qui permettent de jouer et rejouer avec différents types de joueurs;

– L’ambiance qui est LE point fort du jeu, car Flourish est ravissant et nous donne envie de nous servir une tasse de thé pour relaxer tout en jouant;
– Que Flourish puisse être joué autant par des enfants, des adultes que des grands-parents;
– L’interaction et la planification que ce jeu requiert en mode coopératif;
– La thématique bucolique qui est exploitée à fond dans les cartes et les différents éléments fournis par le jeu;
– La mécanique de collection de cartes qui allie beauté et originalité;
La rapidité avec laquelle on peut saisir l’essence du jeu et la facilité à y jouer.

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On aime moins :
– Le manque d’interactions entre les joueurs ;
– L’absence de plateau de jeu qui aurait permis de bien placer ses cartes de jardins tout en ajoutant du décor d’ambiance supplémentaire ;
– Les roulettes très “molles” des compteurs de points qui changent les valeurs dès qu’on les effleure.



Il est à noter que si :
– Si vous cherchez un jeu pour vous immerger dans un univers complexe, Flourish pourrait ne pas vous plaire;
– Si vous aimez les parties “tendues” avec des retournements de situations multiples, Flourish pourrait ne pas vous convenir.

8.5/10

Photo de l’éditeur

Merci à notre partenaire Îlo307 de nous avoir offert
une copie du jeu pour cette chronique.

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Nous vous invitons à découvrir d’autres jeux de ce distributeur
en lisant cette chronique sur le jeu Lueur.

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