Expédition à Newdale, avis et chronique de jeu

L’évesque de Longsdale est certain que des Géants de glace menacent le royaume. Le roi vous remet la responsabilité de mener une Expédition à Newdale. Il faudra parcourir le continent et la mer afin d’atteindre le pays des Géants pour neutraliser la menace. À vous de choisir la direction à prendre et de mener cette expédition vers le succès!

Expédition à Newdale
Auteur: Alexander Pfister;
Illustrateur: Klemens Franz;
Éditeur: Lookout Games;
Distributeur: îlo307;
Nombre de joueurs: 1 à 4 joueurs;
Durée: 90 minutes;
À partir de: 12+;
Thématiques: Expédition et monde fantastique;
Mécaniques: Jeu de campagne, de placement d’ouvriers, de gestion de ressources et de “pousse ta chance”.

Photo de Meeple QC

C’est quoi le but?

Dans Expédition à Newdale, les joueurs doivent construire des bâtiments et produire des ressources pour compléter les objectifs de la partie afin d’amasser le plus de points.


Comment on joue?

Une partie se joue en 7 manches composées de 6 phases :

Phase 1 – Événement : Une carte événement est révélée. Certains effets peuvent s’appliquer au début, pendant ou à la fin de la manche. La carte indique également le nombre d’assistants qui seront disponibles au minimum pour la manche.

Phase 2 – Planification : Les joueurs placent leurs jetons d’action sur leur plateau individuel ou sur le plateau central. Chaque jeton est numéroté et indique donc l’ordre dans lequel les joueurs devront faire leurs actions à la phase 4.

Phase 3 – Assistants : Le premier joueur pige au hasard 4 assistants dans le sac. Ces assistants s’ajouteront à ceux indiqués sur la carte événement de la phase 1.

Photo de l’éditeur

Phase 4 – Actions : Les joueurs effectuent tour à tour une action selon l’ordre qu’ils ont planifié à la phase 2. Au début de la campagne, il y a 6 actions possibles :

Construire : Les joueurs peuvent construire un bâtiment parmi les cartes qu’ils ont en main ou qui sont disponibles face visible grâce à certains événements. Le coût du bâtiment doit être payé en ressources. Chaque ressource a une valeur qui est indiquée sur le bâtiment qui la produit. Les cartes des bâtiments qui produisent des ressources doivent être placées dans une zone de production du plateau individuel du joueur. Les bâtiments spéciaux sont placés à la droite de ce plateau. Puis, une maison doit être placée dans une ville sur le plateau central. L’endroit choisi pourra permettre une réduction du prix du bâtiment construit, un bonus de points et/ou le gain d’une tuile bonus. L’emplacement choisi est également important pour l’objectif secret que chaque joueur aura;

Progresser : En déboursant 4 pièces, le joueur peut avoir une amélioration de portée (pour construire plus loin) ou de compensation (réduit le nombre de cartes à défausser en cas de manque d’assistant). Cette action procure aussi des points;

Échanger et piocher des cartes : Le joueur peut conserver une carte en main et échanger le reste de sa main. Puis, il pige 3 cartes supplémentaires;

Marché noir : En défaussant 2 cartes, le joueur peut produire 4 ressources de charbon et une 5e au choix;

Croissance : Le joueur peut dépenser 7 ou 13 pièces pour acquérir un 3e et 4e jetons d’actions. Le 4e jeton procure aussi des points;

Production : Chaque zone de production avec un bâtiment associé contient 2 à 3 cases pour l’action de production. Chaque case indique le nombre de ressources qu’il sera possible de produire. Certaines cases sont accompagnées d’un modificateur (+ ou -) indiquant un nombre d’assistants qui sera nécessaire pour produire la quantité indiquée de ressource. Pour produire une ressource, un nombre d’assistants spécifique est requis et il est indiqué sur la carte du bâtiment. S’il y a suffisamment d’assistants, la ressource est produite. Sinon, le joueur peut défausser 3 cartes par assistant manquant ou bien sa production est un échec et il pige une carte. Certains bâtiments peuvent produire des ressources par chaînage. Les ressources nécessaires pour ce type de production se trouve sur les cartes en mains du joueur (qui doivent être défaussées) ou sur d’autres bâtiments (les ressources sont transférées d’un bâtiment à l’autre);

Phase 5 Construction : En plus de pouvoir construire pendant la phase 4, les joueurs ont une deuxième opportunité de pouvoir construire un bâtiment selon les mêmes règles;

Phase 6 Bâtiments spéciaux : Certains bâtiments peuvent s’activer pendant cette phase et les joueurs peuvent résoudre leurs effets dans l’ordre de leur choix;

Quand les 6 phases d’une manche sont complétées, on consulte la carte événement. S’il y a un effet qui s’applique, on remet les assistants dans le sac et on change de premier joueur dans le sens horaire. Une nouvelle manche commence.

Photo de Meeple QC

OK, et le jeu se termine quand?

À la fin de la 7e manche, on comptabilise les points. Ces derniers sont gagnés par la puissance militaire, par l’accomplissement de l’objectif principal du chapitre et de l’objectif secret de chaque joueur quant au placement de ses bâtiments sur le plateau central, par l’accumulation de ressources restantes et par l’addition des points indiqués sur chaque cartes bâtiments. Le joueur ayant le plus de points remporte la partie.

Dans Expédition à Newdale, lorsqu’on joue la campagne, la victoire ne procure qu’un tout petit avantage, c’est de choisir un personnage en premier pour le chapitre suivant. À la fin des 8 chapitres, il n’y a pas de grand gagnant selon le nombre de victoires remportées au cours de la campagne.


C’est tout?

Expédition à Newdale peut se jouer en mode campagne ou chacun des chapitres peut être joué indépendamment. Il y a aussi un mode solo qui accompagne le jeu. Les cartes objectifs sont différentes et si le joueur échoue à accomplir les objectifs, il doit recommencer le chapitre s’il veut poursuivre la campagne.

Photo de l’éditeur

Ce que j’en pense?

Je vais commencer par le design de la boîte. Le dessus n’est pas très révélateur, mais il fait beaucoup penser à la couverture d’un livre et c’est à-propos puisque Expédition à Newdale se joue en 8 chapitres. Les illustrations des différents plateaux et des cartes sont très jolies, bien dessinées et colorées. Visuellement, je trouve le jeu invitant.

Le matériel du jeu est de bonne qualité. Les plateaux, les tuiles et certains jetons sont en carton épais. Les différentes pièces (jeton d’action, maison, ressources et assistants) sont en bois. Le sac en tissu est aussi de bonne qualité. Tout cela fait que le jeu est durable et ne s’usera pas rapidement.

Photo de Meeple QC

Le livre des règles d’Expédition à Newdale est en général clair et bien organisé. Les règles du jeu sont bien expliquées avec quelques exemples. Fort heureusement qu’il y a un appendice à la fin du livre, car l’iconographie de certaines tuiles bonus n’est pas toujours évidente et intuitive. De plus, des objectifs secondaires peuvent apparaître durant une partie et il n’y a aucune explication à leur sujet dans les règles.

Le jeu vient aussi avec un deuxième livre, mais celui-ci est pour la campagne. C’est dans ce livre qu’on va pouvoir lire les petits bouts d’histoire avant et après chaque chapitre ainsi que de nouvelles règles à appliquer à un chapitre en particulier. Pour avoir déjà joué à d’autres jeux de campagne, j’aime beaucoup ce type de jeu puisqu’il y a une histoire à suivre et on est souvent porté à vouloir rejouer pour connaître la suite. Bien que la campagne d’Expédition à Newdale soit intéressante, je trouve qu’elle aurait pu être plus étoffée. Les petits bouts d’histoire sont courts, un peu simplistes et cela manque de rebondissements excitants. Puisque sur la boîte, il est indiqué que c’est une histoire à embranchements, je m’attendais à plusieurs moments où l’histoire se diviserait et où on aurait le choix de l’embranchement à prendre. De toute façon, chaque chapitre peut être joué individuellement sans devoir faire toute la campagne, donc on a une possibilité de 10 scénarios différents.

Bien qu’il n’y ait que 10 scénarios différents, je trouve qu’Expédition à Newdale a tout de même une bonne rejouabilité. Si l’on a déjà fait la campagne, on connaîtra l’histoire certes, mais chaque partie sera différente en fonction des objectifs et des bâtiments que nous allons construire. Les objectifs sont là pour nous donner un aiguillage dans notre stratégie, mais ils ne sont pas obligatoires pour remporter une partie: il y a moyen de compenser en gagnant autrement.

Photo de Meeple QC

Le jeu repose beaucoup sur la gestion de notre expédition. Il y a peu d’interactions avec les autres joueurs à part l’obtention de points et de tuiles bonus en construisant nos bâtiments en premier. Il n’y a pas moyen de vraiment nuire aux autres, donc le succès va dépendre du joueur et un peu du hasard, ce qui n’est pas mauvais en soi. Vu qu’il y a peu de manches, on veut vraiment réussir à bâtir tout ce que l’on désire et on ne veut pas que les adversaires viennent tout gâcher. Expédition à Newdale a donc une ambiance paisible.

Les mécaniques de jeu fonctionnent très bien ensemble. Pour ceux qui ont déjà joué au jeu Oh my Goods!, vous y verrez beaucoup de ressemblances puisque Expédition à Newdale se veut une suite “spirituelle”. J’aime particulièrement la production en chaînage des ressources qui peut être un moyen plus facile de produire des ressources qui requièrent beaucoup d’assistants, surtout que l’on n’est pas sûr de les avoir. Et justement, il faut un peu parier sur nos actions lors de la phase de planification. Veux-t-on risquer gros pour avoir beaucoup de ressources ou y aller plus sécuritairement et produire moins de ressources afin de conserver nos cartes en main? C’est un aspect intéressant du jeu qui nous fait réfléchir. Là où j’accroche un peu, c’est la réutilisation des mêmes plateaux. Si je prends, par exemple, les 2 premiers chapitres, je conçois un peu mal, scénaristiquement, pourquoi on réutilise le même plateau. Dans le premier chapitre, les joueurs commencent leur expédition et construisent un peu partout. Pour le deuxième chapitre, qui est la suite du premier, les joueurs doivent tout reconstruire à nouveau. Tant qu’à offrir 3 plateaux différents recto-verso pour 8 chapitres, je crois qu’un quatrième plateau n’aurait pas fait de mal.

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La thématique de monde fantastique se porte bien dans ce jeu. L’histoire d’Expédition à Newdale fait un peu penser à celle de la série télévisée Le Trône de Fer (Games of Thrones), avec les noms de certains personnages, un royaume du Nord et des ennemis de glace. C’est un clin d’oeil sympathique pour ceux qui connaissent la série.

J’ai bien apprécié mon expérience avec ce jeu. Avec des jeunes habitués aux jeux de société, je trouve que Expédition à Newdale peut être une bonne opportunité de jouer un jeu et suivre une histoire en famille en même temps.

Bref, si vous aimez les jeux à thème fantastique avec du placement d’ouvriers et de la gestion de ressource et que vous aimeriez essayer un premier jeu de campagne, alors Expédition à Newdale est un jeu pour vous!

Photo de l’éditeur

On aime :
– Le look de la boîte qui fait penser à un livre et les belles illustrations;
– Les règles du jeu qui sont assez claires en général;
– Le matériel de bonne qualité;
– La bonne re jouabilité avec les divers chapitres;
– L’ambiance paisible;
– Le fait qu’il s’agit d’un jeu accessible à tous (intergénérationnels);
– La possibilité de jouer en solo;
– La thématique qui se prête bien au jeu;
– Les mécaniques de jeu qui fonctionnent bien ensemble;
Le fait que le jeu est fluide et qu’il se joue bien, car les actions des joueurs sont rapides.

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On aime moins :
– Le manque de clarté de certaines règles du jeu;
– Le scénario simpliste et peu étoffé;
– Le manque de logique scénaristique avec l’utilisation des plateaux de jeu.


On aurait aimé:
– Des plateaux différents pour chacun des chapitres
.

On aimerait:
– Une suite… qui sait? L’histoire peut continuer après la fin du 8e chapitre
.

Il est à noter que si :
– Vous aimez embêter les autres joueurs, alors il vaut mieux éviter ce jeu.

8.5/10

Photo de l’éditeur

Merci à notre partenaire Îlo307 de nous avoir offert
une copie du jeu pour cette chronique.

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Nous vous invitons à découvrir d’autres jeux de ce distributeur
en lisant notre chronique sur le jeu Barrage.

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