Coatl le jeu de cartes, avis et chronique de jeu

Vous avez l’âme d’un artiste et vous aimeriez impressionner le grand prêtre qui a été désigné par les dieux? Voir votre chef-d’oeuvre orner les murs du grand temple aztèque vous interpelle? Si c’est le cas, tentez l’expérience Coatl le jeu de cartes et laissez votre créativité s’exprimer!

Coatl le jeu de cartes
Auteurs: Pascale Brassard et Etienne Dubois-Roy;
Illustratrice: Sillyjellie;
Éditeur: Synapses games;
Distributeur: Asmodee;
Nombre de joueurs: 1 à 4 joueurs;
Durée: 25 minutes;
À partir de: 10+;
Thématiques: Aztèques, artistes;
Mécaniques: Jeu de création de motifs, de gestion de main et de contrats.

Montage Meeple Qc

C’est quoi le but?

Dans Coatl le jeu de cartes, au cours de 5 tours, vous aurez à peindre un Coatl (un serpent) pour plaire aux dieux et impressionner le grand prêtre. Le joueur qui peint le Coatl jugé le plus prestigieux est déclaré vainqueur.

Photo de l’éditeur

Comment on joue?
Après une relativement courte mise en place, vous êtes fins prêts à attaquer Coatl le jeu de cartes.

À chaque tour, vous aurez à choisir deux cartes plumes de votre main et à les placer de manière à construire votre Coatl. Vous avez toujours la possibilité de juxtaposer des cartes de manière à en recouvrir une à moitié. Une fois le placement fait, vous devrez porter attention aux différentes prophéties présentes sur le jeu (celles du centre, celle attribuée à chaque joueur et celles remportées à chaque manche par les joueurs) et réaliser celles qui concernent l’agencement que vous venez de créer. À chaque tour, vous pouvez voler une carte prophétie à chacun de vos adversaires de gauche et de droite, déplacer les vôtres autour de votre carte niveau et prendre celles du centre qui concernent votre Coatl.

Lorsque vous avez terminé, vous devez refaire votre main avec des cartes plumes et le joueur suivant peut commencer son tour. Le premier joueur a le devoir de compter les tours en assemblant les morceaux du Coatl doré au même rythme que les joueurs en terminant par la tête et la queue.

Lors du tour final, les joueurs auront à poser la tête et la queue de leur choix (issus de la pile de cartes numérotées) afin d’optimiser leur serpent. Ce dernier sera donc composé de 8 cartes plumes agencées (soit côte à côte, soit superposées à demie), d’une carte Tête et d’une carte Queue.

En cours de partie
Photo de l’éditeur

OK, et le jeu se termine quand?

Une partie de Coatl le jeu de cartes prend fin lorsque tous les joueurs ont terminé leur serpent de la tête à la queue. Il reste donc à compter les points de Prestige qui ont été marqués grâce aux prophéties pour déterminer le vainqueur. La carte Temple permet elle aussi de remporter des points, car c’est une espèce de “prophétie commune”. Le joueur avec le plus haut score de Prestige remporte la partie et l’honneur d’être le peintre qui décorera le temple.

Un Coatl et prophéties en fin de partie
Photo Meeple Qc

C’est tout?

Coatl le jeu de cartes est le petit frère de Coatl, sorti en 2020, des deux mêmes auteurs. Il reprend le concept de création des serpents, mais en laissant de côté la manipulation des pièces en 3D, remplacées par des cartes.
Vous pouvez lire notre chronique sur ce dernier ICI.

La famille Coatl
Montage Meeple Qc

Ce que j’en pense?

Lorsqu’on regarde la boîte de Coatl le jeu de cartes, il est très difficile de demeurer indifférent. Les couleurs flamboyantes attirent immédiatement l’oeil et la tête du serpent pique la curiosité. Si on a déjà tenté l’aventure du jeu Coatl, on a encore plus envie d’aller voir ce qui se cache derrière, avec raison! Le travail d’illustration est remarquable et je dois avouer que l’esthétique des cartes prophéties m’a conquise. Elles sont tout simplement magnifiques!

Les cartes Prophétie
Photo Meeple Qc

On sent que chaque détail a été considéré afin de présenter des images exceptionnelles qui permettent une immersion totale dans cet univers à saveur aztèque. On a envie de peindre notre serpent, surtout en sachant que notre résultat sera, du moins dans mon cas, mille fois plus joli que si j’utilisais un crayon plutôt que des cartes. Le dos de certaines est toutefois un peu chargé, mais c’est un détail mineur. J’ai cependant apprécié le fait que les cartes plumes sont conçues en ayant en tête qu’il y aura des joueurs assis de tous les côtés de la table et que tout le monde n’a pas les mêmes aptitudes à transposer un motif présenté à l’envers. C’est une idée hautement ingénieuse.

Les cartes Plumes
Photo Meeple Qc

Les règles de Coatl le jeu de cartes, spécialement pour les parties à 2,3 et 4 joueurs sont vraiment claires et je dois dire que les exemples sont vraiment très bien explicités. Il est presque impossible d’avoir encore des interrogations après les avoir lues attentivement. Les explications détaillées des différentes cartes empêchent les ambiguïtés. De même, ceux d’entre-nous qui sommes plus visuels aurons la chance de voir le positionnement de la mise en place ( en particulier celle de la partie en solo qui est un peu moins intuitive que celle à 2 joueurs ou plus). C’est vraiment aidant!

Partie en solo
Photo Meeple Qc

J’aimerais pouvoir en dire autant pour les règles en solo, mais je dois avouer avoir accroché sur certaines informations que même les exemples n’ont pas réussi à démêler. Bon, je dois me confesser, je ne suis pas une grande amatrice des jeux en solo à la base. Cela teinte probablement mon opinion, mais je n’ai pas aimé jouer contre CARL (l’automa Créateur de Automatisé de Rivalités Ludiques). L’idée derrière cet automa est bonne, ça je ne le nie pas, mais j’ai eu l’impression d’être dans une course aux prophéties plutôt que dans un concept de peinture de serpent. Et je sais que 4 tours de jeu plus la pose de la tête et la queue, c’est court pour une partie, mais pour moi, devoir affronter CARL 2.0 (une version plus difficile de l’automa en 5 tours plus la pose de la tête et de la queue) après avoir battu CARL, c’est pas mal moins motivant. Tant qu’à ça, je prendrais un mode facile et un mode difficile. Toutefois, en toute transparence, j’ai quand même aimé pouvoir orienter la “personnalité” de CARL par le biais des cartes qui composent ses actions. Selon moi, c’est le meilleur coup de cette version en solo.

J’ai un petit coup de coeur pour le marqueur de tour, le Coatl doré, qui a la chance d’avoir une double utilité. Non seulement, il se construit de manière progressive et visuelle afin que tous soient au courant de la progression de la partie, mais en prime il sert de mini-extension, La Plume D’or, pour ceux qui possèdent Coatl et qui voudraient pimenter l’aventure. Cela a pour effet d’augmenter les interactions entre les joueurs et c’est vraiment bienvenu, car le jeu original était plutôt limité à ce sujet. Et soyons francs, voler des segments à son adversaire, c’est toujours plaisant! Toutefois, il faut en user avec sagesse considérant qu’une section de corps dorée qui a été utilisée pour voler un adversaire rapporte à ce dernier deux points de Prestige en fin de partie. Bref, une extension qui apporte son lot de stratégie, c’est toujours chouette!

Cependant, le vol ne plaira pas à tous les joueurs. Katia m’a confié ne pas avoir apprécié la mini-extension puisqu’elle ne trouve pas que le vol de pièces à un autre joueur ou de se faire voler des pièces durant la partie ajoute réellement une plus-value au gameplay. Elle trouve que les parties deviennent plus chaotiques et que cela a pour effet de rallonger la partie en plus de ressentir une petite frustration lors d’un vol. La question suivante demeure pertinente: Pourquoi avoir ajouté le vol dans le jeu Coatl et ne pas avoir simplement ajouter les pièces du Coatl doré en guise de joker? Il aurait été vraiment intéressant d’avoir pu les utiliser comme une frime et les ajouter à notre Coatl.

Les mécaniques mises en place dans Coatl le jeu de cartes sont plutôt simples et efficaces. La création du serpent permet un type de collection sympathique considérant qu’il est possible de superposer des cartes pour optimiser les prophéties. La réalisation de ces dernières ajoute une profondeur intéressante pour un jeu de courte durée.

Une partie de Coatl le jeu de cartes se déroule vraiment rapidement. Quatre tours, c’est suffisant et peu à la fois. Il me semble qu’à chaque fois, j’en aurais pris un ou deux de plus pour pousser plus loin la structure de mon serpent. J’ai toutefois beaucoup apprécié le tour où l’on place la tête et la queue, car cela permet d’aboutir efficacement le concept qui a été développé. L’avantage d’un jeu court, c’est qu’il peut se jouer à tout moment. C’est un bon jeu léger d’après-midi, de début ou de fin de soirée.

J’aurais beaucoup aimé que Coatl le jeu de cartes soit vraiment un petit jeu cela dit. Il se situe à la frontière de plusieurs catégories. Il est trop gros pour être petit et trop petit pour être gros! Je m’explique: je suis une grande fan des “jeux de sacoche”, ces petits jeux qui se trainent partout et qui nécessitent peu d’espace pour jouer ce qui permet de les sortir partout, comme au restaurant. Ici, nous avons affaire à un jeu de cartes (donc potentiellement petit), mais qui nécessite beaucoup d’espace de table. Une partie à trois joueurs occupe facilement la moitié de ma table de 7 pieds! On a donc affaire à un gros jeu physiquement parlant. Est-ce que de plus petites cartes auraient changé la mise? Pas nécessairement, car la disposition imposée par la carte de niveaux implique déjà pas mal d’espace.

L’ambiance lors d’une partie est relativement détendue, malgré les quelques vols qui pimentent le tout. On peut discuter, prendre son temps et malgré ça, les partie s’enchainent avec plaisir. D’ailleurs, même si le calcul des points est facile à faire, j’aurais apprécié avoir un bloc de score pour rendre plus facile les compétitions du genre deux de trois ou trois de quatre. Avec Coatl le jeu de cartes, on a envie d’enfiler les parties!

J’ai particulièrement apprécié y jouer à 3 et 4 joueurs. On n’a pas le choix de prendre en considération tout ce qu’il y a sur les zones de jeu de chacun pour tenter d’en tirer profit. Il est vraiment agréable de piquer une carte prophétie à un adversaire et d’être en mesure de la sécuriser en prime! À deux joueurs, il me semble que l’aspect vol de cartes perd de sa saveur. Les interactions sont une belle part de l’intérêt de Coatl le jeu de cartes et à deux, soyons francs, c’est très limité. On a un peu l’impression de jouer au ping-pong si nos serpents ont des constructions similaires.

La rejouabilité de Coatl le jeu de cartes est bonne, car plusieurs éléments viennent modifier ce qui sera à la base de la construction de notre serpent. La carte Temple, qui indique les objectifs communs à tous, varie à chaque partie et comme les prophéties et les cartes plumes sont mélangées à chaque fois, on est assuré de vivre une expérience différente lors de toutes nos parties. Ajoutez à cela les vols de cartes et on est parti pour la gloire! Et en plus, il est facile d’y jouer en famille. Ma fille de 9 ans a facilement compris le principe et a été en mesure de jouer avec nous.

Bref, si vous aimez les jeux de cartes magnifiques à thématique aztèque, alors Coatl le jeu de cartes est pour vous!

Photo de l’éditeur

On aime :
– Le look de la boîte attirant et les illustrations magnifiques;
– Les règles du jeu extrêmement claires;
– Le matériel de belle qualité;
– La re jouabilité qui est excellente;
– L’ambiance sympathique malgré les vols de cartes;
– Le fait qu’il s’agit d’un jeu accessible à tous (intergénérationnels);
– L’interaction entre les joueurs qui pimente le jeu;
– La thématique aztèque bien ressentie;
– Les mécaniques qui sont simples et efficaces;
Le fait que le jeu est fluide, qu’il se joue bien.

Photo de l’éditeur

On aime moins :
– Le mode solo;
– Les parties à deux;

– Le trop petit nombre de tours;
– L’espace nécessaire pour jouer.


On aurait aimé:
– Une version à 5 ou 6 joueurs;


Il est à noter que:
– Si vous êtes une personne allergique au hasard, alors vous pourriez ne pas aimer ce jeu;

Certains joueurs aguerris pourraient trouver ce jeu léger;
Si vous n’aimez pas être embêté par les autres joueurs, alors il vaut mieux éviter ce jeu
.

8/10

Photo de l’éditeur

Merci à notre partenaire Synapses Games de nous avoir offert
une copie du jeu pour cette chronique.

Photo de l’éditeur

Nous vous invitons à découvrir d’autres jeux de ce distributeur
en lisant notre chronique sur le jeu Betta.

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