La ville d’Arkham est victime de nombreuses disparitions. Des choses étranges rodent dans les rues et la police ne semble pas se préoccuper de la situation plus qu’il ne le faut. Seul un groupe d’investigateurs est déterminé à comprendre ce qui se passe et à mettre un terme à ce danger grandissant. Horreur à Arkham JDR – L’insatiable Abysse va vous permettre de vous introduire dans le monde des jeux de rôle. Et, conséquemment, dans celui de l’auteur H. P. Lovecraft.
Pour les besoins de cette critique, je vais désigner le jeu sous le nom Horreur à Arkham JDR.
Horreur à Arkham JDR – L’insatiable Abysse
Auteur: Leah Hawthorne;
Conception du système: Sam Gregor-Stewart;
Éditeur: Edge Studio;
Distributeur: Asmodee;
Nombre de joueurs: 2 à 6 joueurs;
Durée: Plusieurs heures;
À partir de: 14 ans et +;
Thématiques: Horreur, mystère et H.P. Lovecraft;
Mécanique: Jeu de rôle.

C’est quoi un jeu de rôle?
Un jeu de rôle ne se joue pas comme un jeu de société “standard”. Dans ce type de jeu, chaque joueur incarne un personnage dans tous ses aspects (décisions, personnalités, discours, etc.). Chaque personnage a une fiche qui montre ses compétences, ses aptitudes, ses objets, etc. Les joueurs vont suivre une histoire racontée par un autre joueur qu’on nomme le Maître du jeu (ou MJ). Ce dernier sera chargé de décrire ce qui se passe et les détails des lieux. Il a aussi le rôle de personnifier tous les personnages non joueurs (PNJ). Un autre rôle important du MJ est d’encadrer et de diriger les joueurs dans leurs aventures.
Pour leur part, les joueurs peuvent prendre toutes les décisions qu’ils souhaitent. Par exemple, s’ils entrent dans un bar, un joueur peut décider d’aller parler au barman, un autre peut aller s’asseoir et garder un oeil sur la clientèle et un autre reste dehors pour veiller sur la rue. Le joueur discutant avec le barman peut dire ce qu’il veut. C’est le MJ qui se chargera d’incarner le barman et de lui répondre. Les aventures ont souvent des objectifs et c’est aux joueurs de trouver comment les accomplir. Cela se fera en fonction des indices qu’ils ont et des capacités de leurs personnages.
Parmi les jeux de rôles les plus populaires, on retrouve entre autres Donjons & Dragons, Pathfinder et Vampire : The Masquerade. Il en existe plusieurs aussi sur des franchises bien connues : Star Wars, Warhammer, Cyberpunk, etc. En fait, il en existe des centaines sur presque autant de thématiques.
C’est quoi le but d’Horreur à Arkham JDR?
Dans ce coffret d’initiation d’Horreur à Arkham JDR, une petite aventure est proposée pour se familiariser avec le système de jeu. Les joueurs, avec l’aide du MJ, devront mener l’enquête concernant les disparitions des habitants d’Arkham. Ils devront obtenir des indices et progresser dans les actes du scénario jusqu’à la conclusion.

Photo de l’éditeur.
Comment on joue à Horreur à Arkham JDR?
Normalement, pour un jeu de rôle, un livre est publié pour en présenter toutes les règles. Ces dernières sont généralement très nombreuses et les livres de jeux de rôle ont souvent plusieurs centaines de pages. Pour notre cas, il existe bien un livre, mais il n’est pas nécessaire de l’avoir. Le coffret d’initiation présente les règles de bases pour l’aventure et nous n’avons pas besoin d’en savoir plus. Ici, je vais vous présenter brièvement le système du jeu sans entrer trop dans les détails.
Effectuer une action
Ce qui est commun à presque tous les jeux de rôle, c’est de lancer un ou plusieurs dés pour déterminer le résultat d’une action tentée par un personnage. Pour des actions très simples (ex : ouvrir une porte déverrouillée), il n’est pas nécessaire de lancer de dés. Si un joueur souhaite faire une action plus difficile (ex : défoncer une porte), on doit effectuer un test. Dans Horreur à Arkham JDR, chaque personnage possède une réserve dés sur sa fiche. Pour réussir son action, au moins un dé tiré doit avoir un résultat supérieur ou égal à la valeur de la compétence requise. Avec l’exemple de la porte, si un joueur incarne le détective Joe Diamond, ce dernier à 5+ en Athlétisme. Le joueur choisit le nombre de dés à tirer pour espérer obtenir 5 ou 6 sur l’un d’eux.
Différentes choses peuvent venir influencer le jet de dés. Le joueur peut se retrouver en situation d’avantage (porte faite en bois pourri) ou en désavantage (il a une blessure à la jambe). Dans ces cas-là, des dés seront relancés pour obtenir un meilleur ou pire résultat. Un autre joueur peut venir aider pour octroyer un dé supplémentaire.
Si un joueur prend des dégâts physiques, sa réserve de dés diminue et moins d’actions pourront être effectuées. Si le joueur prend des dégâts d’horreur, il remplace ses dés par des dés d’horreur. Il devient alors plus à risque d’avoir des traumatismes.
Les scènes
Dans Horreur à Arkham JDR, il y a deux types de scènes : narrative et structurée. Une scène narrative est lorsque les investigateurs ne sont pas en situation de conflit. Ce sont des moments où ils fouillent un lieu pour des indices, interagissent socialement avec des PNJ ou bien lorsqu’ils font des achats. Les joueurs peuvent effectuer des actions complexes jusqu’à épuisement de leurs dés, puis une nouvelle scène narrative débute.
Lors d’une scène structurée, cela fonctionne différemment puisqu’il y a du combat. À moins d’être surpris par l’ennemi, les joueurs commencent. Ils font toutes les actions qu’ils souhaitent en fonction de leurs réserves de dés. Ensuite, c’est au tour des ennemis (qui sont gérés par le MJ). Au prochain tour, les joueurs récupèrent leurs dés et on continue ainsi jusqu’à la fin du combat. La fin de celui-ci peut solder de plusieurs façons : mort, fuite, capture etc.
L’aventure
Le scénario L’insatiable Abysse se divise en 3 actes, eux-mêmes divisés en scènes. Le MJ a en sa possession tout le matériel nécessaire pour raconter l’histoire et incarner les différents PNJ que les investigateurs peuvent rencontrer. À certains moments, une carte des lieux est disponible avec des jetons, des fiches de PNJ et des éléments physiques des indices nécessaires à la progression de l’histoire. Dans les premières scènes des règles sont ajoutées au fur et à mesure pour ne pas à avoir à tout prendre en même temps.

OK, et le jeu se termine quand?
L’histoire de l’Insatiable Abysse prend fin lorsque les joueurs atteignent la conclusion de l’histoire. En fonction des décisions prises tout au long de l’aventure, différentes fins sont prévues. C’est à l’ensemble des joueurs de déterminer s’ils sont satisfaits ou non de l’histoire qu’ils ont vécue et du dénouement de celle-ci.

C’est tout?
Comme indiqué précédemment, les jeux de rôles vont avoir au moins un livre de règles. Horreur à Arkham JDR a le sien (Core Rulebook) avec 256 pages. Ce livre contient les règles complètes du jeu et de comment créer ses propres personnages, des informations sur l’univers, une sélection d’ennemis pouvant être utilisés et une aventure. Un deuxième livre, Arkham Mysteries, de 96 pages, propose 3 aventures supplémentaires. Également sur le site web d’Edge Studio, un scénario de “print and play” est disponible. Puis, une campagne, Terra Antarctica, a été annoncée et il y en aurait pour une cinquantaine d’heures de contenu.

Ce que je pense du jeu Horreur à Arkham JDR?
Avant tout, j’aimerais préciser que je suis un néophyte dans le jeu de rôle. Je n’ai joué qu’une seule fois à Donjons & Dragons et avec ma gang d’amis, je joue à Marvel Multiverse RPG depuis un an. Je n’aurai donc certainement pas le même point de vue d’un joueur aguerri en jeux de rôle.

Photo de Meeple QC
La thématique
Si nous commençons par discuter de la thématique, je peux vous dire que j’ai bien apprécié. Depuis quelque mois, je me suis lancé dans le jeu de cartes Horreur à Arkham (Arkham Horror LCG) et tout ce qui concerne l’univers de H.P. Lovecraft m’interpelle de plus en plus. L’époque des années 1920, des investigateurs qui cherchent à arrêter des cultes d’invoquer d’étranges divinités (Cthulhu par exemple) et de ne pas sombrer dans la folie en même temps, il y a quelque chose d’intriguant dans tout cela. Il est sûr que cette thématique n’est pas idéale pour tout le monde. On fait parfois mention de créatures sordides, du sang et autres atrocités. Dans le coffret d’initiation, il y a un peu de matériel pour illustrer certains aspects, mais il faut se rappeler que c’est dans notre imagination qu’on “produit” le visuel.
L’insatiable abysse
Sans divulgâcher tous les éléments de l’aventure, je peux vous dire que c’est une bonne entrée dans la matière pour l’univers d’Arkham. En gros, les investigateurs se rencontrent une première fois, avec chacun des indices qu’ils doivent mettre en commun et discuter de la marche à suivre. Ils visiteront ensuite différents lieux pour obtenir d’autres indices afin d’empêcher un rituel. Le MJ s’assure que les investigateurs ne deviennent pas trop et peut improviser un peu pour ne pas trop restreindre la liberté des joueurs.

Photo de Meeple QC
Le look et la qualité du matériel
J’aime bien la couverture de la boîte, car elle me fait penser à un poster de film. On y voit quelques-uns des personnages jouables ainsi que le type d’ennemis auxquels on devra faire face. Il y a plusieurs cartes de fournies pour différents lieux à visiter par les personnages et elles contiennent beaucoup de détails. On a aussi de belles fiches de personnages. Dans l’ensemble, l’aspect visuel du matériel est très bien réussi.
Pour ce qui est de la qualité de tout le contenu de la boîte, je n’ai pas grand chose de négatif à dire, le livre, les fiches, les cartes, les jetons, tout est de bonne qualité. Les cartes sont en papier, mais avec une bonne qualité d’impression. Également, lorsque les investigateurs vont trouver des indices, ces derniers existent physiquement dans la boîte et les joueurs peuvent les manipuler, ce qui rendra l’expérience de jeu plus agréable. Le MJ a aussi un écran avec plein de rappels inscrits dessus pour éviter de toujours retourner aux pages de règles du livre.

Photo de Meeple QC.
Le système de dés d’Horreur à Arkham JDR
Il est difficile pour moi de pouvoir comparer ce système à d’autres vu mon peu d’expérience, mais de ce que je connais de Donjons & Dragons, Horreur à Arkham JDR est un plus simple. Lorsqu’un joueur veut tenter une action, il doit faire un test. Il peut choisir autant de dés qu’il souhaite. Plus il tire de dés, plus il a de chances de réussir, mais cela épuise aussi plus rapidement sa réserve. Il faut aussi penser, quand on est en combat, qu’on veut garder des dés pour se protéger des attaques ennemies. Sur cet aspect, je trouve que cela fonctionne assez bien. De plus, certains “pouvoirs” et objets nous poussent à utiliser plusieurs dés. Avec plusieurs réussites, des effets supplémentaires se produisent.
Par contre, le problème que je trouve que la réserve dés peut occasionner, c’est le nombre de dés que l’on doit avoir. Dans notre partie, les 5 investigateurs étaient en jeu et ils étaient accompagnés d’un PNJ et se sont retrouvés face à 8 ennemis. Il m’aurait fallu plus d’une soixantaine de dés! Pour le MJ, je trouve que cela fait beaucoup de dés à gérer. Le coffret d’initiation contient 12 dés normaux et 12 dés d’horreur. Dans mon cas, une autre douzaine de dés m’a été offerte. Mais j’ai du tout même aller chercher des dés dans d’autres jeux (car je n’ai pas de réserve dés).

Photo de Meeple Qc.
Les dégâts et l’horreur
Lorsqu’un investigateur prend des points de dégâts, cela réduit sa réserve de dés du même nombre. Avant de débuter son tour, il peut “se dépasser” et se “guérir” des dégâts, mais il doit prendre une blessure. On détermine cette dernière par un lancé de dé auquel on additionne le nombre de blessures déjà existantes. Plus le résultat est élevé, plus la blessure est grave (la mort est avec un résultat de 11 ou plus). Pour la plupart des cas, il est possible de se guérir (par soi-même ou un autre joueur). J’aime bien le principe d’escalade des blessures. Cela reflète la difficulté à poursuivre ses actions et le combat.
Pour l’horreur, cela ne réduit pas la réserve de dés, mais modifie les dés normaux en dés d’horreur. Ces dés sont utilisés comme les autres, mais lorsqu’on obtient un “1”, on subit un traumatisme. On détermine ce dernier en lançant un dé et en additionnant le nombre de “1” obtenus. Avec un résultat de 11 ou plus, c’est la folie totale. Encore une fois, j’apprécie bien cette façon de gérer l’horreur. Elle n’est pas aussi graduelle que les blessures, car la santé mentale n’interagit pas de la même façon que la santé physique dans le jeu.

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L’ambiance et la durée de jeu
Personnellement, je trouve que les jeux de rôles favorisent mieux les interactions entre les joueurs que n’importe quel autre jeu de société. Toutes les décisions doivent être prises ensemble. Chacun, en incarnant son investigateur et sa personnalité, peut interagir avec les autres personnages à sa façon. On discute beaucoup et cela favorise la coopération. Le MJ va avoir un rôle important afin de s’assurer que chaque joueur puisse avoir son mot à dire et de ne pas laisser trop de place à un joueur cherchant trop à avoir le “spotlight” sur lui. Si un joueur ne se sent pas très utile, le MJ peut aussi improviser quelque chose pour le mettre en valeur.
L’aventure du coffret d’initiation sera en plusieurs sessions de jeu. Il convient de dire que la durée de chaque session dépend de ce que les joueurs souhaitent. On peut très bien y aller par session de 90 minutes à la fois. À la fin, on prend en note de la progression et on fait un petit récapitulatif à la prochaine session. La durée totale de l’aventure peut varier grandement. Elle dépend de l’investissement des joueurs : le “roleplay”, s’ils aiment divaguer, discuter ou explorer de fond en comble les lieux. Des joueurs plus directs pourraient terminer l’aventure en moins de sessions. Pour notre part, cela nous a pris 6 sessions d’environ 2 heures chacune.

Photo de Meeple QC
En conclusion
Horreur à Arkham JDR – L’insatiable Abysse est une bonne porte d’entrée pour les jeux de rôle. Parmi notre gang, une seule personne n’avait jamais joué aux jeux de rôle et elle a bien compris la base. Les règles de ce jeu ne sont pas trop dures à avaler. Il faut juste bien prendre le temps de s’y accoutumer. Et dans le pire des cas, si une règle n’est pas claire, le MJ peut prendre une décision en fonction de son interprétation. L’important dans un jeu de rôle est que tout le monde ait du plaisir. Rien n’empêche de changer un peu les règles pour avoir du fun. La thématique d’horreur n’appellera peut-être pas tout le monde, mais l’univers qu’on nous présente ici est riche. Il y a beaucoup de place à la créativité. De manière générale, nous avons bien apprécié notre expérience.
Bref, si vous aimez les jeux de rôle ou que vous voulez débuter, alors Horreur à Arkham JDR – L’insatiable Abysse est pour vous!

On aime Horreur à Arkham JDR – L’insatiable Abysse pour:
– Le look de la boîte et les illustrations qui reflètent bien l’univers;
– Les règles du jeu bien expliquée et seulement la base sans aller dans les détails trop complexes;
– Le matériel de très bonne qualité avec plusieurs éléments pour mettre de la vie dans le jeu;
– L’ambiance modulable à notre goût. On pourrait jouer à la chandelle si on veut une atmosphère mystérieuse;
– Le fait qu’il s’agit d’un jeu accessible à tous (intergénérationnels), les jeux de rôles sont joués par du monde de tout âge, tout le monde est le bienvenue;
– L’interaction très élevée entre les joueurs et le MJ;
– La thématique de l’univers d’H.P. Lovecraft. Dans cette aventure, les détails ne sont pas trop dégeulasses pour les coeurs sensibles;
– Les mécaniques qui fonctionnent bien;
– Son contenu qui n’est pas trop intimidant pour des nouveaux joueurs.

On aime moins Horreur à Arkham JDR – L’insatiable Abysse pour:
– Le nombre dés requis lorsqu’il y a beaucoup de personnages en jeu en même temps;
– Un type d’énigme qui survient 2 fois et qui est difficile à résoudre selon les règles (nous avons joué un peu différemment sur ce point).
Il est à noter que:
– Si vous êtes une personne allergique au hasard, alors vous pourriez ne pas aimer ce jeu;
– Si vous n’aimez pas incarner de personnages, alors il vaut mieux éviter ce jeu.

Merci à notre partenaire Asmodee de nous avoir offert
une copie du jeu Horreur à Arkham JDR – L’insatiable Abysse pour cette chronique.

Nous vous invitons à découvrir d’autres jeux de ce distributeur
en lisant notre chronique sur le jeu Catan : Énergies.

