Aetherya, avis, critique et test de jeu

Explorer des terres sauvages et bâtir un Royaume constitué de Terrains variés, peuplé de créatures et de Tribus diverses, voilà le défi que propose Aetherya! N’attendez plus et partez à l’aventure dans ce monde fantastique où se côtoient des humains, des nains, des elfes et… des gobelins.

Aetherya
Auteur: François Bachelart;
Illustratrices: Emma Rakatomalala & Lucie Mercier;
Éditeur: Nostromo Éditions;
Distributeur: Atalia;
Nombre de joueurs: 1 à 4 joueurs;
Durée: 20 minutes;
À partir de: 10+;
Thématiques: Personnages fantastiques, dragons;
Mécaniques: Jeu de cartes, de tuiles, de stratégie et de gestion de tableau.

Photo de l’éditeur

C’est quoi le but?

Lors d’une partie, le but des joueurs est d’être celui qui deviendra le Héros légendaire d’Aetherya en accumulant le plus de points.

Photo de l’éditeur

Comment on joue à Aetherya?

Dans Aetherya, chaque joueur construit son royaume en plaçant des cartes Terrain (plaines, montagnes, forêts, rivières) dans une grille de 4×4. Des créatures (elfes, nains, humains, gobelins) interagissent avec ces terrains selon leurs affinités. À chaque tour, un joueur pioche une carte et peut l’échanger avec une de son royaume pour optimiser les synergies et marquer des points. Des objectifs et quêtes ajoutent du défi.

Aetherya
Photo de l’éditeur

OK, et le jeu se termine quand?

Dès qu’un joueur révèle sa dernière Contrée Inexplorée, la partie prend fin. Toutes les cartes non révélées dans les autres Royaumes sont alors retournées. Il faut calculer le score de chaque
joueur avec l’aide de la fiche de score pour déterminer le gagnant.

Aetherya
Photo de Meeple Qc

C’est tout?

Aetherya a reçu La Plume d’Or du jeu de société en 2022. Il s’agit d’un prix créé par l’émission de radio “Du Goudron et des Plumes” diffusée sur la chaîne RMB depuis une dizaine d’années. Il récompense des jeux ayant été publiés au cours de l’année précédente.

Aussi, de nombreuses variantes sont prévues pour Aetherya dont certaines ne sont pas encore disponibles au Québec. Un joueur de la France, de la Belgique ou du Luxembourg pourra les télécharger sur le site de l’éditeur.

De plus, Aetherya a été publié en plusieurs langues dont le russe, l’espagnol et l’allemand en plus de l’anglais et du français.

Ce que je pense du jeu Aetherya?

La première fois que j’ai vu la boite d’Aetherya, j’ai été vraiment emballée. J’ai eu une envie quasi irrépressible de mettre ma main sur une copie. Toutefois, j’ai dû croiser les doigts suffisamment fort, car j’ai eu la chance de pouvoir le tester pour vous faire une belle chronique. Je dois vous avouer avoir été vraiment contente d’avoir cette opportunité. Le design de la boite est vraiment bien conçu, car on y retrouve les principaux acteurs du jeu. J’aime particulièrement l’air revêche du nain qui s’attaque au vilain gobelin. L’univers présenté m’a tout de suite happée et j’ai voulu connaitre les secrets que le jeu révèle.

Quand j’ai ouvert la boite, j’ai un peu déchanté. On y retrouve une tentative d’insert qui, malgré une élégance indéniable, n’est que très peu utile. J’ai rapidement pris la décision de tout ensacher question d’éviter un embrouillamini de cartes et de tuiles. Sincèrement, je préfère grandement quand un insert efficace est présent, mais à défaut, j’aurais apprécié que les sachets adéquats soient fournis.

Photo Meeple Qc
Magnifique insert, mais peu utile

Le matériel

De façon générale, le matériel qui est présent dans Aetherya est de bonne qualité. Les cartes sont produites dans un matériau agréable à manipuler. De plus, les tuiles sont faites en carton épais et on sent qu’elles vont durer longtemps. On y retrouve aussi une iconographie très claire sur les cartes et un peu moins claire sur les tuiles. On comprend instantanément avec quel groupe chaque race est en conflit.

En ce qui concerne le livret de score, j’avoue avoir été heureuse de constater qu’il a été imprimé en couleur, et surtout recto-verso. Je n’aime jamais avoir l’impression que je vais passer au travers de mes feuilles trop rapidement alors ce petit détail me touche toujours. Le seul élément qui m’a moins plu est l’absence d’une carte aide-mémoire pour l’effet de chacune des tuiles. Ces dernières sont nombreuses et les illustrations, bien que superbes (j’y reviendrai), sont moyennement instinctives et ce malgré une icône dans le coin supérieur droit.

Photo Meeple Qc

Les illustrations

En ce qui concerne les illustrations, je ne peux qu’être très enthousiasmée. Le travail de mesdames Rakatomalala et Mercier est vraiment remarquable. On retrouve un savant dosage entre les chichés raciaux typiques des univers fantastiques et une personnalisation de leur monde. Les personnages ne sont pas caricaturaux et ils ont vraiment un côté attachant. Même les cartes Terrain sont belles. C’est un gros plus pour le jeu.

Pour les tuiles, comme je l’ai mentionné précédemment, je trouve que les illustrations sont esthétiquement très intéressantes, mais que leur fonction pourrait être plus claire. Si le voleur est plutôt instinctif, l’accord diplomatique l’est beaucoup moins.

Aetherya
Les magnifiques illustrations
Photo de l’éditeur

Règles et mise en place

Il est vraiment facile de s’installer pour une partie d’Aetherya. La mise en place est très rapide, surtout lorsqu’on exploite le jeu sans mode alternatif. On sélectionne les cartes qui seront en jeu en fonction du nombre de joueurs, on en dispose quatre différentes au centre de notre royaume et on dispose nos Contrées Inexplorées tout autour. Il ne reste qu’à placer les cartes Légendes au centre de la table et voilà! On peut se lancer. De leur côté, les règles sont simples et profondément logiques. Quiconque comprend ce qu’orthogonalement adjacent signifie sera outillé pour jouer à Aetherya.

Aetherya
Photo de l’éditeur

Expérience de jeu

Je vous le dit d’emblée, je pourrais réécrire cette partie de la chronique plusieurs fois tant le vécu qu’offre Aetherya est varié. Pour un petit jeu qui se boucle en 20 minutes, c’est à la fois agréable et surprenant. Le jeu “de base” le plus classique est déjà fort sympathique. Pour initier quelqu’un ou pour jouer avec des adversaires plus jeunes ou moins expérimentés, ce sera sans hésiter mon choix.

On explore les mécaniques mises en place et on est en mesure de se les approprier avec facilité. Cela dit, ce n’est pas parce que c’est simple qu’il est facile de réussir une partie de feu! En toute franchise, j’ai eu de la difficulté à gérer mes dragons lors de ma partie d’initiation et j’ai tout juste réussi à accumuler une quantité presque gênante de points d’Harmonie.

Aetherya
Photo de l’éditeur

Un premier mode?

Une fois que j’ai eu goûté à cette version simple, j’ai tout de suite voulu voir ce que le mode Objets et Personnages apporte. Bon, j’avoue que ça m’avait un peu titillé de voir les belles tuiles rester au fond de la boite lors de ma première partie. Vous me connaissez, j’adore le beau matériel et j’en veux toujours plus. Donc, cela m’a amené à le mettre sur la table dès la première partie bouclée (allô la rejouabilité!)

Ce mode ajoute les tuiles Objets et Personnages. Cela a pour impact direct d’ajouter une couche de complexité ET de faire naitre des interactions entre les joueurs. Hé oui! Il est maintenant possible de voler un Objet à un adversaire, d’acheter un de ses Objets, de dresser magiquement un dragon et d’effectuer plusieurs autres actions très intéressantes qui pimentent le jeu. Et le tout, sans réellement allonger la partie.

J’ai vraiment beaucoup apprécié ce mode de jeu et, à moins d’être en charge d’une initiation, je compte bien l’intégrer de façon quasi automatique. Pour l’avoir testé d’emblée avec des amis qui sont de bons joueurs, je confirme que ça fonctionne à merveilles.

Aetherya
Photo de l’éditeur

Et le mode coopératif?

Les amateurs de jeu coopératifs seront servis avec le mode du même nom. Si les changements sont mineurs lors de la mise en place (nombre de cartes Légendes en jeu et quantité de défausses pour les cartes Royaume), le but, lui, est totalement différent. Lorsque la partie prend fin, l’ensemble des joueurs remporte la partie s’ils totalisent un nombre de points d’Harmonie strictement supérieur à la somme des points d’Harmonie des cartes Légendes présentes dans la défausse. Car ici, on ne va pas remporter les cartes Légendes, mais bien les défausser. Le score de ces dernières devient l’objectif à atteindre.

Il faut donc une bonne communication entre les joueurs pour éviter de trop ” bien” réussir à atteindre les objectifs des cartes Légendes. Je conçois que c’est un peu contre intuitif, mais je vous le dis, ça fonctionne.

Et les autres modes?

Pour obtenir les règles des autres modes, c’est un peu plus compliqué. Pour le moment, elles ne sont disponibles qu’en Europe. Toutefois, j’ai fait des démarches auprès de l’éditeur et ils ont eu la grande gentillesse de me les faire parvenir par courriel. Je suppose que si vous faites de même, vous pourrez les obtenir ainsi puisqu’il s’agit de fichiers gratuits sur leur site transactionel.

Le mode Confrontation

Ce mode de jeu a été développé pour des joueurs plus agguéris et offre une expérience de jeu plus stratégique avec des interactions directes entre les joueurs. Contrairement au jeu de base, dans ce mode les joueurs vont tous jouer sur un grand royaume en prenant en main le destin d’un seul peuple. En gros, cela signifie que chaque joueur ne pourra gagner des points qu’avec le peuple choisi.

Les phases de jeu seront légèrement différentes et il faut garder en tête que contrairement au jeu de base, TOUTES les tribus sont en guerre en cas de contact direct. On introduit aussi les notions de Ravitaillement, de Protection et de Menace. Et les tuiles Objets et Personnages sont désormais utilisées comme des Forteresses, mettant ainsi en valeur leur verso. En plus, chaque race a maintenant des spécificités qui leur sont propres, sauf les pauvres humains… Les elfes sont immortels, les nains construisent des forteresses et les gobelins peuvent tuer des dragons.

Le mode Empires

Pour les joueurs ayant envie de tenter l’expérience en groupe, l’auteur a prévu un mode en équipe. À partir de 6 joueurs, il sera nécessaire d’avoir en main deux copies du jeu. Ce mode de jeu se joue soit en “compagnon” où le plus petit score des co-équipiers sera retenu, soit en “consolidation”, où l’on compilera la somme des scores des co-équipiers. Une variante est même prévue pour corser encore l’aventure.

Le mode Frontières

Proposé par Stephan Chabert, le mode Frontières d’Aetherya permet un intéressant chassé croisé entre les royaumes de chacun des joueurs. La création des Nolands, un espace commun à tous apporte une perstective différente. Après tout, il devient original de pouvoir étendre notre espace d’impact via les portails et de pouvoir écrire des Légendes grâce à cet espace supplémentaire.

Aetherya
Photo de l’éditeur

Et le mode solo d’Aetherya?

Le mode solo prévu dans le jeu de base nous amène vraiment ailleurs, sans toutefois causer trop de dépaysement. Contrairement aux autres modes, ce dernier se jouera sur trois âges. Ce seront en quelques sortes trois parties qui seront jouées l’une après l’autre tout en étant interreliées. Dans les règles, on en parle même comme étant une mini campagne. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’il est possible d’échouer à chaque âge alors bonne chance pour survivre jusqu’à la toute fin!

J’ai trouvé l’exercice plaisant, mais pas facile à réaliser. Je n’ai pas encore réussi à vaincre le jeu et à écrire toutes les Légendes. Ça viendra, je reste positive. J’ai aimé avoir l’impression que j’avais un peu de pouvoir entre le premier et le 2e âge en choisissant quel quatuor de cartes composerait mon nouveau Royaume de départ. J’ai aussi rapidement compris pourquoi le livret de règles conseille au joueur d’éviter de piger systématiquement deux cartes dans la pioche. Si on fait cela, la pioche passe trop vite et on manque de temps pour optimiser notre Royaume.

Sachez aussi qu’il existe aussi 4 autres modes solo que vous pourrez découvrir dans le NostroMag, un magazine publié par l’éditeur. Ces modes s’intitulent La destinée des DEZANNAUX, La destinée de DÉGODASS, la destinée de SHAGRATT et la destinée de PUDHUGROIN.

Aetherya
Photo de l’éditeur

Mécaniques et thématique

La mécanique mise en place dans Aetherya est vraiment bien réfléchie. C’est à la fois simple, efficace et sympathique. Et on peut malgré cela se casser la tête à volonté si on veut réfléchir à fond notre optimisation. Aussi, l’utilisation des tuiles Objets et Personnages ajoute une profondeur que j’ai beaucoup appréciée.

En ce qui concerne la thématique, je dois dire que ça fait vraiment bien le travail. J’adore les univers fantastiques et celui d’Aetherya est vraiment chouette. On retrouve nos races classiques et bien aimées: les humains, les elfes, les nains et les gobelins qu’on adore détester. En ajoutant une touche de dragons et des portails magiques, on a misé dans le mille. Pour un jeu si court, j’ai trouvé que la thématique était suffisamment immersive.

Ambiance et rejouabilité d’Aetherya

Aetherya offre une ambiance assez calme et peu interactive dans sa forme la plus classique. C’est vraiment quand on décide d’ajouter des modes que l’interaction prend toute sa saveur. Il est vraiment possible de faire des crasses à ses adversaires. J’avoue avoir été pas mal fière de mon coup quand j’ai acheté un objet à un de mes adversaires, amenant de ce fait son total de gemmes à 10 (réduisant à néant sa collecte de points) et sécurisant par le fait même mon score personnel. Mouhaha! (Entendre ici un rire diabolique)

La rejouabilité de ce jeu est vraiment bonne. Comme les cartes Légendes changent d’ordre à chaque partie et qu’on ignore toujours de quelles cartes est composé notre Royaume, on a toujours des surprises. Mais d’un autre côté, notre prise de décision est telle qu’on a quand même du contrôle sur le développement de notre Royaume. C’est un peu le meilleur des deux mondes. Et franchement, ça donne envie de rejouer.

Aetherya
Photo de l’éditeur

On joue quand à Aetherya et avec qui?

Mon expérience m’amène à dire que ce jeu est vraiment bien balancé en fonction du nombre de joueurs présents. Comme on ajuste les cartes en fonction de cela, on ne sent jamais de déséquilibre. Ça, c’est super. Mais au-delà de ça, j’ai aimé y jouer seule, à deux et même à quatre. Toutes mes expériences ont été positives. Et j’ai tenté d’y jouer avec mon gars de 9 ans, et ce fut aussi un succès. Le 10 ans et + qui est recommandé me semble juste, mais un joueur un peu plus jeune qui serait bien accompagné pourra sans problème y jouer.

Et si on garde en tête qu’une partie d’Aetherya se boucle en une vingtaine de minutes, ça devient un petit “filler” qui offre un feeling de jeu sérieux. On a pas l’impression de passer le temps, on se sent investi quand on joue à ce jeu, contrairement à bien d’autres qui sont un brin trop légers. Donc on peut y jouer souvent, dès qu’un petit trou se fait dans l’horaire. Il trônera désormais dans ma ludothèque parmi les jeux rapides et complets qui valent la peine qu’on s’y attarde.

Bref, si vous aimez les jeux simples et débordants d’options et de variantes, alors Aetherya est fait sur mesure pour vous!

On aime Aetherya pour:

– Le look de la boîte invitant et les illustrations magnifiques;
– Les règles du jeu simples à intégrer;
– Le matériel de bonne qualité;

– La présence des nombreuses variantes;
– La rejouabilité qui est excellente, en partie grâce aux variantes;
– L’ambiance agréable et légère lors des parties;
– Le fait qu’il s’agit d’un jeu accessible à tous (intergénérationnels);
– L’interaction qui se modifie au fil des variantes;
– La thématique bien amenée et bien sentie;
– La mécanique efficace et bien réfléchie;
Le fait qu’il s’agit d’un jeu fluide, qu’il se joue bien.

On aime moins Aetherya pour:

– Les tuiles dont la signification est moyennement instinctive;
– Le fait que certaines variantes ne sont pas aisément disponibles au Québec.

On aurait aimé:

– Une carte aide-mémoire pour les tuiles;
– Que toutes les variantes soient incluses dans le livret de règles.

Il est à noter que:

– Si vous êtes une personne allergique au hasard, alors vous pourriez ne pas aimer ce jeu;

Aetherya

Merci à notre partenaire Nostromo Éditions de nous avoir offert
une copie du jeu Aetherya pour cette chronique.

Nous vous invitons à découvrir d’autres jeux de cet auteur
en lisant notre chronique sur le jeu Rivality.

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