Survival of the Fattest, avis, critique et test de jeu

Si un jeu offre du deckbuidling, mon oeil est automatiquement attiré. Si vous ajoutez à cela des animaux trooooooop cuteeeeee, un visuel coloré et plusieurs autres caractéristiques intéressantes comme la mémoire et l’asymétrie, ouh! vous me rejoignez!. À ce moment, je suis réellement intéressée à en découvrir davantage. Survival of the Fattest est un jeu qui inclut une belle dose d’ingrédients à succès, un bel équilibre et une ambiance très dynamique autour de la table. Découvrez en plus par ici!

Survival of the Fattest
Auteur: Lee Smith;
Illustrateur: Lee Smith;
Éditeur: Dirty Rascal Games;
Distributeur: N/A;
Nombre de joueurs: 1 à 4 joueurs;
Durée: 60 minutes;
À partir de: 10+;
Thématiques: Animaux, fantaisies;
Mécaniques: Jeu de deckbuilding, de gestion de main, de placement d’ouvriers, d’ensemble de collection, de mémoire et d’asymétrie.

Photo montage Meeple Qc

C’est quoi le but?

Vous devez vous mettre dans la peau d’un des 6 (7 dans la version Kickstarter) animaux de la forêt pour réussir à amasser assez de nourriture pour survivre à l’hiver prochain. Toutefois, ces animaux sont pointilleux, ils préfèrent faire des recettes plutôt que de manger une simple carotte! Ainsi, vous devez bâtir graduellement votre réserve et assurer votre survie tout en préparant un pouding à la baie ou du thé au miel! Par contre, les autres animaux sont ratoureux. Ils veulent en effet nuire à votre stratégie, voire même voler quelque précieuse nourriture aux autres! Vous aurez trois saisons pour vous préparer et gérer au mieux la présence de vos voisins. Ajoutez des ingrédients et complétez des recettes pour ainsi obtenir le plus de points. Évitez les pièges qui donnent des points négatifs. Le joueur avec le plus de point remporte cette guerre hibernatoire!

Survival of the Fattest.
Photo de Meeple Qc.
Il n’est pas commode Ol’Grizz!

Comment on joue à Survival of the Fattest?

Chacune des trois saisons inclut quatre manches.

Lors d’une saison, les manches incluent quatre phases : déterminer l’ordre du tour, faire trois actions, rechercher de la nourriture et défausser ses cartes pour piger de nouvelles cartes.

L’ordre du tour se détermine selon la carte de Recherche de nourriture (foraging) de plus haute valeur dans la main de chaque joueur.

Ensuite, le premier joueur identifié peut faire trois actions dans l’ordre : recycler des cartes pour en piger d’autres dans son paquet, jouer des cartes d’astuce (trick) et visiter un lieu sur le plateau central.

Cartes Astuces et les lieux

Les cartes d’astuces permettent d’interagir avec les autres joueurs ou sur le plateau. Celles-ci sont uniques à chaque animal. La visite d’un des six lieux disponibles permet de faire différentes actions selon ces lieux : réserver une carte de recettes, remplir une recette visible sur le marché, mettre un ou des cartes dans son repère (stash), échanger une nourriture avec une autre, changer l’ordre des trois premières cartes d’un paquet, etc.

Trois de ces lieux, Pebblebrook, Greenvale et Pinecrest Ridge permettent en plus de faire une recherche de nourriture sur ce lieu lors de la 3e phase. À ce moment, chaque joueur présent sur un de ces lieux pour jouer un nombre variable de cartes de Recherche de nourriture selon sa main de cartes. Des cartes Nourriture sont alors révélées selon le nombre total de cartes de Nourriture jouées par les joueurs. À tour de rôle, selon la priorité du joueur ayant joué le plus de cartes, chaque joueur choisit une carte nourriture qu’il ajoute à sa défausse. Si une carte piège est révélée, le dernier joueur dans l’ordre de priorité doit absolument la prendre.

Ensuite, le pion indiquant la manche en cours avance et une nouvelle manche débute. C’est à ce moment que chaque joueur peut aussi utiliser de la nourriture accumulée dans son repère pour remplir certaines recettes de sa réserve.

Fin de saison

Si la dernière manche d’une saison est arrivée, à la fin de celle-ci, les joueurs vont en plus faire une étape de Reset en mélangeant tous les paquets de carte du plateau. Chaque joueur mélange aussi son paquet de cartes avec les cartes de sa défausse et une nouvelle saison débute.

À noter qu’en cas d’égalité entre certains joueurs lors de la phase de Recherche de nourriture ou pour définir l’ordre du tour, l’animal le plus lourd tranche!

Survival of the Fattest.
Photo de l’éditeur.

OK, et Survival of the Fattest se termine quand?

À la fin de la saison d’automne, les joueurs réalisent leurs dernières recettes en vidant leur repère et le calcul des points est fait. Le joueur avec le plus de points est déclaré vainqueur.

Photo de l’éditeur.

C’est tout?

Le jeu offre aussi un mode solo sur trois niveaux de difficulté.

Le jeu a été lancé sur Kickstarter. Cette version offre trois mini expansions :
Extra Tricky qui ajoute une carte d’astuce pour chaque joueur;
Something Eventful qui ajoute des cartes d’événement;
Fast Food qui permet différents effets positifs si ces cartes sont prises.

Le jeu présente aussi un animal jouable exclusif à cette version.

Il est seulement en anglais pour le moment, mais les règles sont disponibles en français sur le site de l’éditeur.

Survival of the Fattest.
Photo de Meeple Qc.

Ce que je pense du jeu Survival of the Fattest?

Wow… Quel beau et bon jeu. Accessible, dynamique, asymétrique, divertissant et agréable à jouer, que demander de plus! Je me permet de le comparer à Everdell pour son côté mignon fantaisiste d’ailleurs. Avec une production remarquable et une belle profondeur, c’est franchement un jeu à découvrir.

Photo de Meeple Qc.

Matériel et visuel

Avant tout, c’est important de mentionner que la copie utilisée pour ce test est une version Kickstarter deluxe. Celle-ci inclut donc des figurines pour chaque animal. De plus, cette version comprend un beau système de rangement qui fonctionne très bien. Malgré tout, il n’y a pas une tonne de matériel donc la version en magasin est tout aussi qualitative. Elle contient des figurines en carton sur socle. Les plateaux sont bien épais et les cartes de très bonne qualité. Elles sont même tressées!

Côté visuel, c’est très beau à mon goût. L’ensemble est très coloré et vif. Les illustrations sur les cartes sont vraiment belles et très détaillées. Vraiment, un beau travail du côté de l’illustrateur ici.

Survival of the Fattest.
Photo de Meeple Qc.
Chaque animal a quatre cartes spécifiques pour ses pouvoirs.

Versions du jeu

Je regrette toujours une chose suite à un lancement de Kickstarter. Quand les éditeurs décident de garder du contenu jouable exclusif à la campagne de sociofinancement, je trouve ça dommage. Ici, l’animal du Renard ainsi que les trois mini-expansions ne sont pas inclus dans la version magasin du jeu. Je comprends l’idée d’inciter les joueurs à participer à la campagne, mais je trouve ça dommage d’enlever des éléments jouables. Malgré tout, la version magasin offre tout ce qui faut pour avoir une bonne expérience de jeu avec ses six animaux asymétriques.

Asymétrie et rejouabilité

Chacun des six (ou sept) animaux sont d’ailleurs très différents dans leur approche. Le grizzly va beaucoup interagir avec les autres joueurs pour leur voler de la nourriture et cacher plus facilement celle-ci dans son repère. Le cerf Bucky va interagir avec son repère et peut être seul sur un lieu qui permet la recherche de nourriture. Les lapins sont deux à se déplacer, oui oui! Je vous laisse découvrir les autres, mais l’ensemble est vraiment intéressant et l’asymétrie est bien présente. Jusqu’à maintenant, j’ai pu jouer 5 des 7 animaux et je n’ai pas noté de déséquilibre majeur. Bref, à ce niveau, tout est bien réussi.

L’asymétrie aide aussi à avoir une bonne rejouabilité. Chaque partie sera ainsi différente en fonction des animaux qui se bataillent pour la nourriture et il y a une bonne variété dans les recettes à réaliser. Les pouvoirs ajoutent de la profondeur en plus du mélange de mécaniques très bien réalisé. Cela permet donc d’enchaîner plusieurs parties sans sentir que ça commence à être redondant.

Photo de Meeple Qc.

Un beau mélange de mécaniques

Parlons en des mécaniques justement! Le jeu utilise le deckbuilding à merveille avec les cartes Pièges qui peuvent pourrir votre paquet. J’adore le fait de ne pas pouvoir regarder sa pile de nourritures dans son repère donc il faut se souvenir de ce qu’on y met pour optimiser la résolution de nos recettes plus tard. Chaque lieu pour placer son animal est différent et offre des actions bien distinctes. La phase de Recherche de nourritures sur trois de ces lieux ajoute une belle touche de complexité. Les cartes de Recherche de nourriture sont cruciales pour le succès de cette fouille de nourriture. À vous de bien gérer l’ensemble. Bref, il y a plusieurs choses à penser et à faire, plusieurs stratégies possibles. Et un ensemble qui fonctionne très bien.

Bien sûr, vous serez tributaire toutefois d’un peu de chance dans la pige des cartes de votre paquet et des cartes visibles sur le plateau. Il y a toutefois pas mal d’options pour contrecarrer cela et des moyens pour faire rouler son paquet de cartes.

Survival of the Fattest.
Photo de Meeple Qc.

Accessible?

Son visuel enfantin pourrait laisser présager un jeu pour des joueurs débutants, voir initiés. Pourtant, il se cache une réelle complexité dans les nombreuses stratégies possibles, les différents lieux à bien utiliser, les actions à faire, l’optimisation de son paquet de cartes, l’asymétrie des animaux, etc. Aussi, le livre de règles est correct, mais il a quelques lacunes. Certaines informations sont dans le mauvais ordre ce qui rend la compréhension plutôt compliquée au départ. Et il manque des précisions sur ce que fait l’automa lors de certains événements.

On a des cartes qui nous aident à suivre les nombreuses phases du tour toutefois ce qui est très bien. Le tout se tasse après une ou deux parties, mais vraiment, la bête doit se laisser apprivoiser. Ainsi, je dirais que le jeu est accessible aux joueurs initiés avec une certaine habitude pour les jeux d’une complexité certaine. Les joueurs aguerris, voir experts, pourraient croire que ce jeu n’est pas pour eux alors qu’au contraire, l’ensemble offre un bon niveau de difficulté et de contenus pour s’offrir un public de joueurs vétérans.

Survival of the Fattest.
Photo de Meeple Qc.
Cette image montre bien l’ambiance autour de la table quand le grizzly est dans la place!

Pas trop long!

Bien que le jeu présente plusieurs phases dans une manche et que l’ensemble se déroule sur douze tours de jeu, avec des étapes supplémentaires entre chaque saison, le déroulement de la partie est dynamique et rapide. Mes parties à deux joueurs ont duré 45 minutes une fois les règles bien maîtrisées. Pour des parties à quatre, on vise le 60 à 75 minutes, selon le temps de réflexion. Certaines phases sont faites en simultanées alors que d’autres nécessitent des tours de jeu. Cela rend la durée de partie tributaire du délai pour chaque joueur à jouer. Malgré tout, je n’ai pas senti de lenteur et tout se déroule très bien.

Interaction vous dites?

Une des forces de ce jeu est la présence d’une forte interaction entre les joueurs. Vous voudrez ne pas laisser seul un adversaire qui visite un lieu permettant de faire de la recherche de nourriture. Vous pourrez voler une carte nourriture de la main d’un joueur. Il est aussi possible de l’obliger à mettre une carte Piège dans son repère pour ainsi lui assurer des pénalités en fin de partie. Bref, c’est un jeu bien dynamique à ce niveau avec des pouvoirs tous différents pour chaque joueur.

Cela amène une belle variabilité dans les parties en plus d’offrir une ambiance très dynamique autour de la table. Si vous n’aimez pas l’interaction avec d’autres joueurs, ce jeu n’est peut-être pas pour vous. Malgré tout, le fait que la thématique est bien présente et que les animaux sont mignons, il semble que les mauvais coups passent mieux! J’adore l’ambiance que cela génère pour ma part!

Bref, si vous aimez les jeux de deckbuilding avec une belle dose d’asymétrie, alors Survival of the Fattest est pour vous!

On aime Survival of the Fattest pour:

– Le look de la boîte et les illustrations qui sont magnifiques et très colorées;
– Les aides de jeu sont bien faites;
– Le matériel est qualitatif, que ce soit la version Kickstarter ou magasin;
– L’ambiance est très dynamique autour de la table;

– Beaucoup de rejouabilité avec l’asymétrie des personnages et les trois mini expansions;
– Les joueurs aguerris pourraient y trouver leur compte;
– L’interaction bien présente et très fun entre les joueurs;
– La thématique est bien implantée;
– Les mécaniques qui fonctionnent très bien;

– La mécanique de la mémoire sur le paquet de cartes de son repère ajoute une belle dimension au jeu;
– Malgré le nombre d’actions et de phases dans un tour, les parties ne s’étirent pas en longueur;
Le fait qu’il s’agit d’un jeu fluide, qu’il se joue bien.

On aime moins Survival of the Fattest pour:

– L’animal Renard et les trois mini expansions sont seulement offerts dans la version Kickstarter ce qui est dommage pour ceux qui achètent la version en magasin;
– Les règles manquent de clarté à certains endroits
.

On aimerait:

Une version magasin complète avec tous les éléments jouables du jeu.

Il est à noter que:

– Si vous êtes une personne allergique au hasard, alors vous pourriez ne pas aimer ce jeu;
– Si vous n’aimez pas être embêté par les autres joueurs, alors il vaut mieux éviter ce jeu.

Merci à notre partenaire Dirty Rascal Games de nous avoir offert
une copie du jeu Survival of the Fattest pour cette chronique.

Nous vous invitons à découvrir d’autres jeux de deckbuilding
en lisant notre chronique sur le jeu Goldblivion.

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