Bienvenue dans Arborea, un monde paisible qui a été frappé par un cataclysme qui a pratiquement tout détruit. En tant qu’Esprit Protecteur, vous allez guider les villageois dans la reconstruction de ce monde. Vous oeuvrerez aussi dans la création de nouveaux écosystèmes afin d’y attirer de nouvelles créatures. Saurez-vous être celui qui sera au coeur de la plus grande regénération?
Arborea
Auteur: Dani Garcia;
Illustrateur: Nico Gendron et Javier Inkgolem
Éditeur: Pixies Games (VF) et Alley Cat Games (VA);
Distributeur: Pierre Belvédère;
Nombre de joueurs: 2 à 5 joueurs;
Durée: 90 à 120 minutes;
À partir de: 14+;
Thématiques: Créatures mythiques, Écosystèmes;
Mécaniques: Jeu de placement d’ouvrier, de placement de “tuiles”, de gestion de ressources et de salade de points.

C’est quoi le but?
Dans Arborea, le but est de gagner un maximum de points de régénération (PR). L’Esprit Protecteur (le joueur) ayant accumulé le plus de PR deviendra le gardien d’Arborea.

Comment on joue à Arborea?
Une partie d’Arborea se joue en une succession de tours et chaque tour est divisé en plusieurs étapes. Vous devrez donc:
1- Placer un villageois sur une piste Pèlerinage OU avancer une piste Pèlerinage;
2- Activer des Villageois;
3- Compléter une carte Écosystème;
4- Renouveler la réserve de Biomes ET avancer les piste Pèlerinage.
À la fin de votre tour, vous pouvez aussi compléter votre Écosystème en y ajoutant la carte complétée lors du tour ainsi qu’y placer les créatures invitées le cas échéant.

Photo Meeple Qc
OK, et le jeu se termine quand?
Lorsque le marqueur Soleil atteint le dernière case de la piste Soleil, la fin de partie est déclenchée. Les joueurs auront à jouer deux tours complets avant de procéder au décompte final.

Photo Meeple Qc
C’est tout?
Arborea est un jeu qui a d‘abord vu le jour sur Kickstarter. La version exclusive contient une extension ainsi qu’un module complémentaire.
Le jeu de base est désormais disponible en plusieurs langues dont l’italien, l’allemand et le russe.

Ce que je pense du jeu Arborea?
Quand j’ai eu la boite d’Arborea entre les mains, j‘ai été attirée par les couleurs et l’esthétique. Les petites créatures qui ornent la couverture sont vraiment mignonnes. J’avais hâte de découvrir ce qui se cachait à l’intérieur. J’avais vaguement entendu parler du jeu, mais je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Cette anticipation est une des choses que j’adore dans la découverte des jeux. Puis, j’ai commencé mes recherches. BGG présente Arborea comme un gros jeu, avec un “indice de complexité” de 3.67/5. Pour vous donner une idée de grandeur, Scythe a un indice de complexité à 3.45/5 alors je m’attendais à du costaud.
Quand j’ai ouvert la boite, j’ai été un peu déçue de ne pas trouver un bel insert. Il y a du matériel à foison. À part utiliser une série de petits sachets pour tenter de tout bien ranger, on a affaire à un petit chaos. Au moins, le séparateur fourni permet de ranger efficacement les plateaux personnels.

Le matériel et les illustrations
Mon premier réflexe est toujours de faire le décompte du matériel et ici, ce fut vraiment nécessaire, car il y en a beaucoup! Des plateaux, des cartes, des Meeples, des marqueurs, allouette! Et la qualité générale de tout ça est vraiment super. Le plateau principal est même légèrement embossé de manière à permettre le glissement des tronçons de piste.
Mais au-delà de la qualité générale du matériel, je me dois de mentionner sa magnificence! Mon dieu que tout est beau dans ce jeu! Les couleurs sont vives, les créatures sont originales, tout a été conçu avec une esthétique raffinée en tête. On sent qu’il va y avoir une certaine effervescence sur le plateau avec toutes ces pièces et couleurs.

Photo Meeple Qc
Après votre première partie, je vous conseille de prendre un moment pour admirer toutes les illustrations qui se trouvent sur le plateau principal. Les sages sont particulièrement intéressants puisque ce sont les images les plus décoratives ( et les moins “fonctionnelles”) du plateau. Elles sont vraiment là pour ajouter à l’esthétisme général.

Le seul défaut de toutes ces couleurs et illustrations, c’est que ça peut être un peu…surchargé. C’est vraiment intense lors de la première partie surtout de tout “voir”. Tout est sur le plateau, mais avant d’être en mesure de tout trier et considérer dans le flots ininterrompu de couleurs, ça prend un certain temps…ou un temps certain.
Qu’en est-il de l’espace de table avec Arborea?
Bon, il faut savoir qu’avec toutes les informations qu’il contient, le plateau d’Arborea est vraiment grand. Il est non seulement long, mais aussi relativement large. J’ai une grande table à la maison et j’ai été forcée de constater que sa largeur n’est pas tout à fait suffisante pour bien accomoder les Écosystèmes. Lors d’une de mes parties, le plateau était moyennement bien centré et j’ai eu à placer des cartes en équilibre dans le vide. Donc, note à moi-même et aux futurs joueurs, il vaut mieux jouer dans l’espace en diagonale que d’essayer de placer tant bien que mal notre Écosystème sur le rebord de la table disponible. Le manque d’espace risque d’influencer nos placements. De plus, si on étire sur l’horizontal une combinaison qui aurait gagné à être verticale, on se nuit. Donc vive l’espace bien utilisé et bouh! à l’autosabotage!

Photo Meeple Qc
Et les Meeples?
Je veux aussi prendre un moment pour souligner le magnifique travail qui a été fait sur la personnalisation des Meeples. Chaque couleur a ses Meeples uniques et ils sont vraiment magnifiques. J’aime le concept des Villageois adultes, jeunes et anciens qui ont chacun leur avantage. On sent que tout a été réfléchi avec soin dans Arborea.

Les règles et la mise en place
Quand j’ai abordé le livret de règles pour la première fois, je dois admettre que j’ai été un peu submergée. Alors j’ai commencé par effectuer la mise en place… et ce fut un peu le chaos. Pas parce que c’est mal expliqué, mais parce que c’est beaucoup. Vive les jeux pour experts!
Il faut croire que l’espoir est parfois plus fort que la raison. J’ai réussi à me convaincre qu’un jeu de 90-120 minutes n’allait durer que…90 minutes… parce qu’on jouait à deux uniquement… Erreur! Après avoir passé une bonne heure à démêler qu’est-ce qui est quoi?, on a réussi à aborder sérieusement le jeu…
Cela dit, il faut se rassurer, dès la deuxième partie, on vit une expérience totalement différente. La mise en place de tout ce magnifique matériel nous a pris une quinzaine de minutes. Après cela, nous étions prêts à attaquer la partie.
Quand tout est là en même temps!
Je crois que l’effet “livret de règles” a vraiment eu un effet intense sur nous la première fois. Vous savez, l’impression qu’on a de ne rien comprendre au jeu lorsqu’on nous lit les consignes qui soudainement semblent vraiment avoir été complexifiées pour rien quand on commence à jouer? C’est de ça que je parle. Ce n’est pas la faute du livret de règles, ni du jeu. C’est un phénomène que j’ai souvent observé avec d’excellents jeux bien expliqués. C’est vraiment l’afflut d’informations qui crée un brouillard.
Donc, je dois dire que le livret est bien fait et que l’abondance des illustrations qui le composent est vraiment utile. Arborea est un jeu dont l’iconographie est au coeur du système. Si tout devient clair après un certain temps, il n’en demeure pas moins qu’il peut être ardu pour certains de bien se démêler avec la grande quantité d’icones et de symboles qui façonnent le jeu.

Photo Meeple Qc
Une petite incohérence…
En jouant, j’ai remarqué une petite différence entre l’aide-mémoire et les règles en français. Lors du décompte final, les icones nous mentionnent que pour le calcul des points rapportés par le Caudachat, il faut aussi considérer chaque Ver à Ramure aligné orthogonalement. Toutefois, dans les règles, il est mentionné que les points attribués le sont en fonction des Fourmaraignes. En recherchant les règles en anglais, j’ai pu constater que ce sont les Vers à Ramune qui doivent être calculés. Sur le coup, avant les vérifications, nous avions choisi de nous fier à l’iconographie. Je crois que c’était la bonne chose à faire.

Photo Meeple Qc
C’est un jeu pour qui?
Arborea est un jeu que je recommanderais à tous les joueurs qui ont envie de vivre une expérience intense qui occupe bien une soirée ou un après-midi. Une partie à 2 peut tout à fait durer 2h et même un peu plus si on ajoute la dizaine de minutes nécessaire au décompte final. C’est une aventure en soi, mais elle mérite vraiment qu’on s’y attaque!
Le jeu peut se jouer jusqu’à 5 joueurs (mais je ne recommanderais pas cette configuration) et il prévoit aussi une version en solo contre un automa appelé Feronia. Feronia a son propre paquet de cartes qui guide ses “décisions”. Ses tours se jouent d’une manière assez semblable à celles de la structure originale et c’est le coefficient de difficulté qu’on lui a attribué en début de partie (entre 2 et 7) qui sera à l’origine de la majorité de ses points puisqu’il sera utilisé pour multiplier le nombre de cases parcouru par son Villageois Ancien.

Photo Meeple Qc
Expérience de jeu
J’ai vraiment trouvé qu‘Arborea est un jeu qui vaut la peine qu’on s’y attarde. Est-ce qu’il est un peut long? Absolument! Est-ce que c’est un problème? Pas si on le sait à l’avance! Quand on est conscient que notre après-midi ou notre soirée sera occupé par un jeu, on s’organise en conséquence. Et surtout, on en profite à plein!
Ma première erreur avec Arborea a été de ne pas avoir écouté une de mes amies. Elle avait le jeu et elle m’a proposé de me l’expliquer pour me faciliter les choses. Comme le “timing” n’était pas optimal, j’ai abordé la bête par moi-même. Rapidement, j’ai compris pourquoi elle m’avait proposé cette option. Je ne veux pas dire que le jeu est difficile ou même compliqué, car ce serait faux. Disons simplement qu’on a affaire à un jeu qui offre une multitude d’options et qu’il peut être un peu intense de s’y retrouver au début.
Mais une fois qu’on a compris la structure simple et efficace des grandes lignes de chaque tour, tout se passe bien. Le rappel des étapes à franchir sont d’ailleurs sur le plateau. Jai trouvé plus facile quand je jouais assise devant les symboles de suivre la progression de chacun. Car il faut se le dire, il faut être alerte, concentré et méthodique pour jouer efficacement à Arborea. Si on relâche l’attention, on risque de devenir confus, car chaque étape du tour de jeu peut s’ouvrir comme un éventail de possibilités.
Et il est où le plaisir dans Arborea?
Sincèrement, il est partout! Arborea est un super jeu. Il est exigeant, mais oh! combien amusant! J’ai adoré le côté placement d’ouvrier, la possibilité de faire “descendre” mon pélerin lors des tours des autres et de pouvoir profiter des ressources acquises par les autres joueurs pour compléter des cartes Écosystèmes. J’ai aimé la manière de faire des points via les Biomes et la gestion des créatures. Mais plus que tout, je crois que c’est la salade de points finale qui me plait le plus. On dirait que la surprise finale me tient davantage en haleine! Je trouve ça plus stimulant que de savoir dès la moitié de la partie que mes chances de gagner sont nulles… Quitte à perdre, je veux l’apprendre à la dernière minute!
D’ailleurs, je peux vous dire qu’il y a une belle courbe d’apprentissage avec ce jeu. Si notre première partie nous a permis d’atteindre 185 et 148 comme score, dès la deuxième on a senti une grosse différence. C’est pratiquement 100 poins de plus chacun qu’on a réussi à atteindre, car on avait mieux compris comment diviser nos forces pendant la partie. Notre prochain objectif est de dépasser les 300 points! En faisant des recherches sur le jeu, j’ai même entendu parler d’une partie qui avait dépassé les 700 points! Mais je crois que cette dernière représentait davantage l’exception exceptionnelle…
Mécanique et Thématique
Malgré l’incroyable quantité de décisions qui peuvent être prises lors d’une partie d’Arborea, le système sur lequel repose le tout est plutôt simple. C’est vraiment l’effet “éventail” qui peut donner une impression de complexité. Chaque tour peut être réduit à quelques étapes très fonctionnelles qui s’apprennent rapidement. Je crois que le plus grand défi que nous ayons vécu avec la mécanique, c’est de garder en tête qu’on peut toujours “débarquer” un pélerin après un déplacement, peu importe qui est à l’origine de ce dernier. Pour le reste, tout se suit comme une liste d’épicerie.
J’ai beaucoup aimé le concept qui demande d’user de patience (particulièrement à deux joueurs) pour obtenir le plus de récompenses lorsque nos pélerins se promènent dans les différents sentiers. C’est un bon moyen pour équilibrer les boni et l’efficacité des placements. Cela dit, quand on joue avec davantage de joueurs, les tronçons de piste se déplacent davantage et c’est vraiment moins un enjeu de planifier sa progression.
J’ai un peu moins aimé la gestion de la piste Esprit. Je trouve qu’en fin de partie, nous sommes souvent au maximum de nos possibilités et qu’il est moins pertinent de perdre des points de victoire que d’utiliser nos points d’Esprit. J’aurais aimé qu’une compensation en points de victoire existe pour les points qu’on n’est pas en mesure de “prendre”.
En ce qui concerne la thématique, elle est raisonnablement immersive. Je m’explique: avec les couleurs, les personnages et les créatures, on n’a pas le choix de se sentir dans l’univers qui a été savamment créé. Maintenant, lors des tours, je m’attardais plus aux mécaniques qu’au fait que j’incarnais un Esprit protecteur en train de tenter de sauver un monde. Mais j’ai aimé la thématique. Vraiment beaucoup! Les divers personnages, les sages, tout était magnifique!
Ambiance et Interactions
Une partie d’Arborea va impliquer une bonne dose de réflexion de même qu’une bonne capacité à prendre des décisions. On a donc une ambiance calme et réflexive. Cela dit, comme on risque d’avoir à décider de ce que font nos Villageois après les déplacements des autres joueurs, il faut demeurer attentifs. Il n’est pas possible de rester indifférent pendant les tours des autres. De plus, comme il a été prévu qu’on organise notre Écosystème après notre tour, cela assure un roulement des tours efficace.
Rejouabilité d’Arborea
Arborea offre tellement de possibilités que sa rejouabilité est une de ses grandes forces. Car qu’on se le tienne pour dit, ON NE PEUT PAS TOUT FAIRE! Il y a tellement d’options quand on joue à ce jeu qu’il faut constamment faire des choix qui auront un impact sur le reste de la partie. En plus, on change les bonus de la piste Saison et des terres frontalières à chaque partie. Soyez assurés qu’il y a beaucoup plus d’options que de cases à sélectionner. Aussi, comme on mélange les cartes Écosystèmes à chaque partie, on ne sait jamais dans quel ordre elles vont sortir ce qui a un impact sur les décisions qu’on va prendre. Les parties se ressemblent donc un un peu, mais il y a assez de différences pour que chaque expérience soit unique et que le plaisir soit au rendez-vous.

Photo Meeple Qc
Plusieurs stratégies peuvent être tentées et comme il faut bien planifier et gérer sa progression, elles risquent de se voir adaptées lors de chaque parties. Après tout, il est primordial d’offrir des cadeaux aux Sages, mais il faut aussi récolter des Biomes, attirer des animaux, permettre des pèlerinages efficaces, tout en utilisant adéquatement la piste Esprit et en optimisant notre Écosystème! Que de beaux défis nous attendent!
Bref, si vous aimez les jeux intenses qui offrent beaucoup de possibilités et qui sont très colorés, alors Arborea est fait pour vous!

On aime Arborea pour:
– Le look de la boîte très attirant et les illustrations colorées et magnifiques;
– Les règles du jeu plus simples qu’elles n’y paraissent;
– Le matériel d’une excellente qualité;
– La rejouabilité qui est excellente;
– L’ambiance calme et réflexive;
– Le fait qu’il s’agit d’un jeu expert relativement accessible;
– L’interaction minimale, mais présente;
– La thématique inspirante;
– La mécanique bien rodée;
– Le fait qu’il s’agit d’un jeu fluide, qu’il se joue bien.

On aime moins Arborea pour:
– La surcharge visuelle constante sur le plateau;
– La charge des parties à 5 joueurs.
On aurait aimé:
– Une compensation en points de victoire pour les points d’Esprit qu’on ne peut pas accumuler;
– Un embossage plus marqué pour les pistes de pélerinage;
– Un embossage pour les pistes Biomes.
Il est à noter que:
– Si vous êtes une personne à la recherche d’un jeu léger, Arborea pourrait ne pas vous convenir.

Merci à notre partenaire Pierre Belvédère de nous avoir offert
une copie du jeu Arborea pour cette chronique.

Nous vous invitons à découvrir d’autres jeux de ce distributeur
en lisant notre chronique sur le jeu Voyageurs du Tigre du Sud.

