Arctic est un jeu familial qui vous invite à parcourir les étendues bleutées de l’Arctique pour en observer la faune. Arctic fait appel à votre sens de l’observation et de l’organisation pour collectionner des animaux. Vous devrez aussi prêter attention à votre animal totem qui se déplace constamment sur la banquise. Combinez des séries de cartes et profitez des pouvoirs des animaux, et la victoire sera à vous. Allez, enfilez votre parka, parcourez l’horizon, l’aventure vous attend!
Arctic
Auteur: Cédric Lefebvre;
Illustrateur: Christine Alcouffe;
Éditeur: Ludonaute;
Distributeur: Pierre Belvédère;
Nombre de joueurs: 2 à 4 joueurs;
Durée: 10 minutes par joueur;
À partir de: 10+;
Thématiques: Animaux et Arctique;
Mécaniques: Jeu de cartes, de série et de collection.

C’est quoi le but de Arctic?
Dans Artic, vous devez accumuler une série de cartes Animal consécutives. Plus les séries seront longues, plus vous gagnerez des points. Et plus les animaux selon diversifiés, plus vous serez récompensé. Enfin, dans Arctic, vous obtiendrez des points supplémentaires dépendamment de la position de votre animal totem sur la banquise.

Comment on joue à Arctic?
L’installation de Arctic se fait de la manière suivante:
– mélanger deux, trois ou quatre paquets de cartes Animal selon le nombre de joueurs;
– constituer une réserve de cartes à partir de la pioche de départ;
– former une rivière de 6 cartes à partir de la pioche;
– disposer les cartes Paysage numérotées en ordre ascendant;
– distribuer 3 cartes à chaque joueur;
– placer tous les jetons Animal au milieu de la rivière;
– remettre secrètement un jeton Animal totem à chacun des joueurs;
– disposer les six cartes Pouvoir animal pour qu’elles soient accessibles.
Mise en place
L’espace de jeu comprend donc une rivière de 6 cartes dans laquelle les joueurs vont piocher à la fin de leur tour. De même, il y a les cartes Paysage sur lesquelles on a posé les jetons Animal. On verra plus loin leur importance.

De haut en bas: les cartes Paysage, les cartes Pouvoir et la rivière de cartes à piocher.
Arctic se déroule en 3 étapes. Un tour de jeu consiste en:
- Poser une carte Animal sur une pile et prendre la carte Pouvoir correspondante:
Au premier tour, le joueur pose seulement une carte. Mais pour les tours suivants, il posera le nombre qui est indiqué sur la carte. Selon la carte Animal qu’il a posée, il prendra ensuite la carte Pouvoir correspondante et pourra appliquer (s’il le désire) les avantages de cette carte. - Déplacer les jetons Animal:
Sur la carte qu’il vient de poser, il y a l’animal visible de la carte et un animal associé. Il doit alors déplacer sur les cartes Paysage dans une direction opposée les deux animaux qui sont représentés. Mais si l’un ou les deux jetons Animal se retrouvent à l’une des deux extrémités, ils reviennent au centre de la rivière.
En fin de partie, on vérifie la place du jeton Animal sur les cartes Paysage. Alors, les joueurs révéleront leur animal totem et obtiendront les points de la carte.
- Piocher des cartes:
Enfin, le joueur pioche dans la rivière le nombre indiqué sur la dernière carte qu’il a posée. Toutefois, il doit faire attention de ne pas dépasser une main de 7 cartes. Si ça arrive, il retire du deck le nombre de cartes correspondant. Il forme alors sa pile de pénalités.
OK, et Arctic se termine quand?
Une fois que la pioche est épuisée et que la rivière n’est plus complète, on passe à la dernière phase. On joue un dernier tour avec seulement les 2 premières étapes du jeu.
À l’aide du carnet de décompte, chaque joueur calcule ses points selon ses séries les plus longues pour chaque animal. Il examine aussi la diversité de ses séries. De plus, il reçoit des points selon la place que son animal totem occupe sur les cartes Paysage. Enfin, il déduit de son pointage le nombre de cartes de pénalité qu’il a accumulées au cours de la partie. La personne avec le score le plus plus élevé remporte la partie.

C’est tout?
Deux livrets permettent de lire les règles en français et en anglais. Le jeu a été traduit en plusieurs langues.

Ce que je pense de Arctic?
Le jeu arrive dans une petite boite de 18 x 15 cm (6 par 7 pouces, environ). Divisée en deux compartiments, elle permet d’accueillir amplement l’ensemble des cartes et des jetons. On trouve également un petit carnet très pratique pour faire le décompte des points.
La boite et son matériel
La qualité générale du matériel est correcte et la boite suffisamment solide pour se trimballer facilement. Les illustrations sont jolies, sans être extraordinaires. Cinq animaux représentés (ours blanc, macareux moine, morse, orque, renard blanc) font partie de la faune de l’Arctique. Cependant, l’orignal (appelé l’élan) ne fréquente pas l’Arctique. Le choix du caribou aurait mieux convenu.
C’est une bonne occasion de familiariser les joueurs plus jeunes avec des bêtes moins connues. Comme le macareux moine ou l’orque. Toutefois, on oublie rapidement la thématique de départ parce qu’on se concentre rapidement sur la pose et la pioche de cartes pour faire des séries.

Les règles de Arctic
Les règles sont assez faciles à comprendre et elles sont bien expliquées. Toutefois, il faut bien faire attention à la fin de partie qui comporte deux phases. Par exemple, au moment où la partie semble se terminer, on a en plus accès au paquet de la réserve de cartes.
Les pouvoirs associés aux animaux ne sont pas intuitifs. C’est-à-dire que les actions qu’elles permettent n’ont rien à voir avec les caractéristiques de l’animal représenté. Par exemple, un des pouvoirs du macareux moine est d’échanger une carte de sa main contre une carte de la rivière. Ça exige de faire un petit effort de mémoire si on ne veut pas rester dépendant du livret.

Un jeu simple, mais avec de la profondeur
Au départ, j’étais sceptique devant un jeu qui me proposait de me concentrer sur des séries de cartes. Mais l’auteur a réussi à rendre plus stratégique la simplicité de cette mécanique. Les joueurs doivent tenir compte du nombre de cartes qu’ils posent en début de tour, parce qu’à la fin de leur tour, ils devront piocher un certain nombre de cartes. C’est la dernière carte posée qui va déterminer ce nombre.

Des animaux totems très ou trop mobiles
Voici une autre mécanique qui change l’allure du jeu. Les jetons placés sur les cartes Paysage sont déplacés en fonction des cartes Animal posées. Les joueurs chercheront donc à ce que le jeton qui correspond à leur animal totem se retrouve sur le chiffre le plus élevé. Mais, dans les faits, on a assez peu de contrôle sur leurs mouvements. Parce que chacune des cartes provoque un déplacement qui n’est peut-être pas voulu. Je dirais même que cette mécanique risque de paraitre chaotique parce qu’elle repose en grande partie sur le hasard.

Une partie qui se joue en un coup de vent
En revanche, les parties sont fluides et on ne perd pas de temps entre le tour des joueurs. La pioche du deck de cartes se vide à vive allure et on arrive rapidement à la fin d’une partie. Il n’y a pas beaucoup d’interaction entre les joueurs. Les seuls moments sont ceux où un joueur peut prendre une carte Pouvoir qui était en possession d’un adversaire.
En effet, les cartes Pouvoir sont toujours accessibles, qu’elles soient sur l’espace de jeu commun ou sur l’espace du joueur. Mais il n’y a rien pour fouetter un chat… ou un renard. Certaines cartes Pouvoir sont plus sournoises. Comme celle qui permet de refiler une carte de sa pénalité à l’adversaire de son choix. Les coups bas restent quand même assez rares et ne sont pas très méchants.

Beaucoup plus qu’un jeu de séries
En somme, c’est comme si on avait transformé un jeu de solitaire (faire des séries) pour le transformer en un jeu plus tactique. Je pense que l’accessibilité de ce jeu ajoute un niveau de difficulté qui peut donner peut-être le gout de s’initier à des jeux plus stratégiques. D’un autre côté, la rapidité du jeu donne l’occasion d’enfiler les parties et de réviser sa stratégie.
D’après l’expérience que j’ai vécue avec deux autres adversaires, ce n’est pas un jeu qui suscite de vives réactions, comme dans un jeu d’ambiance. Mais il a reçu un très bon accueil et on a exprimé le désir d’y rejouer. À ce propos, la rejouabilité est assurée. D’abord parce que chaque carte Animal propose 4 variations et qu’il y a 120 cartes. Ensuite, si on joue, à 3 joueurs, on choisit et on brasse 3 paquets de cartes sur les 4 disponibles. Enfin, les cartes Pouvoir sont à deux faces.
Pas de variante solitaire?
Cette absence m’a vraiment étonné. Comme le jeu est paru en 2024, je me serais attendu à ce qu’il emboite le pas à la tendance forte qui a prévalu depuis la pandémie. Après tout, il trouve son inspiration dans une mécanique très connue. À venir, peut-être, dans une petite extension?
Bref, si vous aimez les jeux de nature, à l’aide de cartes où vous devez monter des séries, alors Arctic est pour vous!

On aime Arctic pour:
– Le format compact de la boite;
– Des illustrations qui plaisent au public cibles;
– L’apprentissage aisé du jeu;
– La rapidité des parties qui donne le gout d’y rejouer;
– L’ambiance relaxe, mais qui exige de la concentration et de la planification;
– Le fait qu’il puisse plaire à plusieurs catégories de joueurs;
– L’interaction qui reste bon enfant;
– La thématique de l’Arctique qui est attrayante;
– La mécanique de la pioche qui donne une certaine profondeur au jeu de collection;
– Le fait de devoir anticiper les prochains tours et surtout bien gérer sa main;
– Le fait qu’il n’y a pas de temps mort.

On aime moins Arctic pour:
– L’erreur de situer l’original (l’élan) en Arctique;
– Devoir consulter le livre de règle pour bien comprendre les pouvoirs;
– Le caractère aléatoire du déplacement des jetons sur les cartes Paysage.
On aurait aimé:
– Qu’il y ait une variante solitaire.
Il est à noter que:
– Si vous n’aimez pas être embêté par les autres joueurs, même légèrement, alors il vaut mieux éviter ce jeu. De plus, les cartes pouvoirs vont se déplacer d’un joueur à un autre et il peut arriver de ne pas pouvoir en profiter. Cela pourrait donc causer quelques frustrations chez certains joueurs.

Merci à notre partenaire Pierre Belvédère de nous avoir offert
une copie du jeu Arctic pour cette chronique.

Nous vous invitons à découvrir d’autres jeux de ce distributeur
en lisant notre chronique sur le jeu À la recherche des espèces disparues.

