Kyoto no Neko, avis, critique et test de jeu

Kyoto no Neko, ou traduit librement en français Le chat de Kyoto, est un superbe jeu familial qui vous permettra d’incarner un chaton qui vit de nombreuses expériences et qui développe des compétences. Serez-vous un bagarreur? Un chasseur aguerri? Un as de l’agilité? ou bien serez-vous hyper amical?

Kyoto no Neko
Auteur: Cédric Millet;
Illustrateur: Jérémie Fleury;
Éditeur: Matagot;
Distributeur: ÎLO;
Nombre de joueurs: 2 à 4 joueurs;
Durée: 35 minutes;
À partir de: 8+;
Thématiques: Japon, chatons;
Mécaniques: Jeu de dés, de déplacement, d’exploration et de scénarios avec une mise en place variable.

Kyoto No Neko

C’est quoi le but?

Vous incarnez un chaton qui va découvrir son environnement, grandir et développer ses compétences en apprenant de ses échecs. Les chatons vont gagner des médailles en réalisant des objectifs. Le but est d’être le premier à remporter 5 médailles.

Le jeton premier joueur
Photo Meeple Qc

Comment on joue à Kyoto no Neko?

Le déroulement d’un tour de jeu est divisé en trois étapes.
1- Déplacement (facultatif) : Le chaton se déplace case par case. Lors du déplacement, si le chaton se déplace sur une case :

  • qui comporte une patoune face cachée, il la retourne.
  • qui comporte une patoune avec un fond rouge et un chiffre objectif orange, il doit réagir
    immédiatement en faisant un jet de compétence (exemple : échapper à un chien de garde grâce à un jet d’agilité). Il s’agit alors d’une réaction (et pas d’une action). En cas d’échec, le tour de jeu s’arrête. En cas de succès, le tour de jeu continue.
Kyoto no Neko
Des patounes
Photo Meeple Qc

2-Action (facultative) : Les actions possibles sont déterminées par les patounes présentes sur la case où se trouve le chaton à la fin de son déplacement. Les (ou la) réactions doivent être résolues avant de réaliser l’action. Si plusieurs actions sont possibles, le joueur en choisit une librement. Une seule action peut être effectuée par tour. La phase d’action prend fin quel que soit le résultat de l’action.

3- Missions (le cas échéant): À la fin du tour, le joueur valide s’il a réussi à compléter une mission. Si c’est le cas, il prend la médaille qui y est associée et l’ajoute à son tableau.

On va alterner les tours de jeu jusqu’à ce que l’un atteigne 5 médailles.

OK, et le jeu se termine quand?

Une partie de Kyoto no Neko se termine quand un des joueurs atteint cinq médailles. On termine le tour de jeu, puis le chaton qui a accumulé le plus de médailles remporte la partie.

Kyoto no Neko
Une fin de partie, Nooba a remporté 5 médailles
Photo Meeple Qc

C’est tout?

Kyoto no Neko est un jeu qui a été traduit en 8 langues dont le français, le hollandais, le thaï, l’allemand et j’en passe.

Il existe un autre jeu qui partage le même univers graphique que Kyoto no Neko: le jeu Gangs of Kyoto. Il est tout aussi mignon, mais cette fois-ci, il s’agit d’un jeu inspiré du Black Jack.

Ce que je pense du jeu Kyoto no Neko?

Quand j’ai vu une copie de Kyoto No Neko pour la première fois, c’était à l’AQIJ l’an dernier. Je suis immédiatement tombée en amour avec l’esthétique magnifique de ce jeu. Alors quand j’ai eu le bonheur d’en avoir une copie entre les mains, j’étais vraiment très heureuse. Comment ne pas être intriguée par le chat qui surplombe les toits de Kyoto? Les couleurs sont douces, l’atmosphère est feutrée et on a totalement envie d’aller voir ce qu’il y a à l’intérieur.

En ouvrant la boite, j’ai eu une drôle de surprise. J’ai à la fois trouvé ça extraordinaire… et très ordinaire. Vive l’ambivalence! J’ai trouvé dans la boite des enveloppes bien fermées, des boites trop mignonnes, du matériel ensaché et des plateaux qui surplombaient le tout. J’ai presque eu une émotion! Toutefois, en faisant le tour du matériel, j’ai rapidement constaté que ce beau rangement n’était pas vraiment optimisé. J’ai eu à reclasser le tout, à ajouter des sachets pour séparer les différentes missions et ça m’a un peu titillé.

Kyoto no Neko
Photo Meeple Qc

Le matériel

Le matériel de Kyoto no Neko est vraiment très bien. On a affaire à des jetons d’une belle épaisseur et des cartes agréables à manipuler. J’avoue toutefois avoir un petit bémol quant aux petits supports en carton qui ont la tâche ingrate de faire tenir les vélos et certains personnages debout. C’est vraiment la galère de les garder stables et c’est encore pire lorsqu’il faut les déplacer.

Photo Meeple Qc

Cela dit, une chance que le reste du matériel soit remarquable! J’ai un gros coup de cœur personnel pour les figurines qui représentent les chatons. Non seulement on n’a pas affaire à un personnage qui tient avec un support, mais en plus, on a un personnage en 3D! C’est de la “cut’itude” à son meilleur! On a envie de jouer avec eux, de les manipuler, de les mettre en action tellement ils sont parfaits. C’est une magnifique manière de rendre les joueurs accros à leur personnage. Leur texture souple est agréable.

Les petites patounes sont aussi vraiment mignonnes et les boîtes de rangement sont à la fois pratiques et solides. En continuant sur le matériel, je mentionnerais qu’il est agréable d’avoir des plateaux de joueur modulables en fonction de l’expérience désirée. J’admets aussi ne pas être certaine si j’aime ou pas le fait qu’il doive y avoir 4 plateaux jouxtés au plateau central qui sont mobiles, considérant qu’ils sont essentiels peu importe le nombre de joueurs impliqués. Je comprends toutefois que ce choix éditorial permet un rangement plus aisé et qu’il évite les plis sur le plateau.

Kyoto no Neko
Photo de l’éditeur

Les illustrations

Ai-je besoin de vous mentionner que le jeu est absolument superbe? C’est par son apparence qu’il a su me convaincre de le mettre sur ma table et je reste convaincue qu’il y a eu un travail soigné derrière son apparence remarquable. Je sais qu’il va réussir à convaincre bien des gens de l’essayer juste pour le plaisir indéniable de le regarder. Une belle attention a été portée aux détails. J’ai trouvé la présence des cerisiers en 3D vraiment intéressante. Aussi, je dois dire que le plateau central est très coloré. J’ai beaucoup aimé qu’il présente un côté symétrique et un côté asymétrique. J’y reviendrai, mais il y a beaucoup d’informations qui s’y trouvent.

Photo de l’éditeur

Les règles

Bon, une fois qu’on est conquis par la magnificence du jeu, il faut se donner la peine de se lancer dans la lecture du livret de règles. Et là, ça se corse. Dans un premier temps, le livret est un peu impressionnant. Il a beaucoup de pages pour un jeu qui se veut court et il vient avec deux autres documents. On a donc l’impression que ce sera compliqué. En prenant le temps de le lire, on constate plusieurs choses.

Premièrement, tout est expliqué plus d’une fois. Pour une raison mystérieuse, ou pour plus de potentielle clarté, les informations sont dites, puis explicitées et résumées. C’est un peu beaucoup. Deuxièmement, ces nombreuses informations ne sont pas super claires. Je dois admettre que je ne sais pas encore clairement quoi faire avec les cerisiers quand on retourne une patoune. On grimpe directement dedans? On les fait apparaître ? Il reste des zones grises et certaines sont grises foncées. Troisièmement, il y a des fautes dans le texte. Je sais que c’est un détail, mais je m’attendais à mieux. Certaines phrases sont asyntaxiques, des verbes sont mal accordés et il manque des accents. Ça m’énerve beaucoup.

Les cartes mission de base
Photo Meeple Qc

La mise en place

Dans un second temps, je pense qu’il faut parler de la mise en place. Si tout a été préparé à l’avance, ça se passe relativement rondement. Mais la première mise en place peut être un casse-tête un peu intense avec les patounes qui ne servent pas (mais dont on comprend l’utilité uniquement pour les scénarios), les pièces qui sont réservées aux scénarios mais qui sont dans les enveloppes avec les pièces régulières, etc. En toute franchise, je n’ai pas aimé du tout ma première mise en place. J’avais une heure devant moi, ce qui devait être suffisant pour placer, lire et jouer normalement et la partie a dû attendre sur la table.

Kyoto no Neko, c’est un jeu pour qui?

Il s’avère que Kyoto no Neko est un jeu profondément familial. Il est simple à prendre en main, facile à jouer et il est rapide de passer au travers d’une partie. Je le recommande sans faute pour jouer avec des enfants de 8 ans et plus. D’ailleurs, lors de sa conception, il avait été question d’en faire un jeu 10 ans et plus et je suis plus que convaincue que cette décision a été la bonne. En prime, il sera facile de capter l’attention des mousses avec le matériel qui est si attrayant.

Kyoto no Neko
Photo de l’éditeur

Expérience de jeu

Lors de ma première partie, j’ai été un peu surprise par la simplicité du jeu. Je crois que je m’attendais à un peu plus de profondeur, car l’esthétique m’inspirait un jeu plus avancé. Mais quand on comprend bien qu’il s’agit d’un jeu familial, les attentes sont adaptées et on passe un bon moment.

À combien de joueurs l’expérience est-elle optimale? Je crois que c’est dans les parties à 4 joueurs. J’ai trouvé que les combats entre chats sont un peu moins excitants dans les parties à deux joueurs et les croisements sont bien moins fréquents. Aussi, je trouve qu’il est plus intéressant de voir les chatons progresser sur le terrain quand ils sont plus nombreux.

Aussi, je dois vous dire que j’ai apprécié naviguer sur le plateau principal en utilisant la lentille de traduction de Google. J’y ai découvert les mots “poisson” et “de l’eau” et j’ai trouvé ça vraiment très rigolo. Ça renforce la thématique grâce à ces petites attentions.

Parlant de petites attentions, j’ai trouvé original de fournir un tableau de type “Hall of fame” au verso du livret de règles afin de permettre aux joueurs enthousiastes de noter leurs succès.

Ce que j’ai préféré de Kyoto no Neko?

J’ai vraiment apprécié le côté exploration qu’offre le jeu. J’aime que mon chaton doive se promener sur le plateau en esquivant les obstacles et en contournant les haies et les toits jusqu’à ce qu’il ait développé les compétences nécessaires pour grimper, chasser, se faire des amis, etc.

Le plateau asymétrique
Photo de Meeple Qc

Et ce que j’ai moins apprécié?

Je crois que ce que j’ai le moins aimé du jeu, c’est que les chatons de tous les joueurs vont gagner des compétences lors des échecs et non dès lorsqu’ils réussissent une épreuve ou ont une réaction adéquate. Je suis bien consciente que les dés sont contre nous en début de partie et que ce serait difficile de faire autrement, mais je trouve que les chatons passent un peu trop vite de débutant à compétent. Mais bon, c’est un jeu court alors ma vision idéale se déroulerait probablement mieux lors d’une partie d’une heure que de 35 minutes.

Quoi d’autre?

Dans l’esprit d’un jeu court, j’ai trouvé intéressant que tous les chats “grandissent” au même rythme et que ce soit le leader qui génère les métamorphoses en plus grand chat. Si chaque chaton devait attendre d’avoir amassé deux médailles pour passer au format suivant, cela risquerait de causer davantage d’inégalités entre les joueurs. Cela pourrait être frustrant pour un enfant qui traîne de la patte alors c’est bien pensé.

Et qu’en est-il des scénarios?

Une fois que les enfants ont bien compris le fonctionnement du jeu, il est vraiment intéressant d’ajouter les divers scénarios. Ces derniers sont suffisamment nombreux pour ajouter une belle rejouabilité et ils sont tous autonomes. Ils ajoutent essentiellement des missions, des patounes et des personnages. Chacun d’eux propose une saveur qui lui est propre et dynamise le jeu. En plus, les cartes mission sont identifiées clairement dans le coin supérieur droit afin de permettre de les séparer aisément. Il aurait simplement été agréable d’avoir des enveloppes spécifiques pour chacun d’entre eux, car le matériel est un peu en fouillis.

Kyoto no Neko
Photo de l’éditeur

Mécanique et thématique

La mécanique mise en place dans Kyoto no Neko est très aisée à prendre en main. En gros, on se déplace et on agit/réagit en fonction des patounes qu’on découvre. Il est vraiment important de bien garder en tête le nombre de cases autorisées, car à moins d’avoir l’agilité nécessaire, il faudra contourner les toitures et les haies. C’est d’ailleurs un élément qu’il est facile d’oublier, car le plateau est quand même chargé d’informations.

Les lancers de dés sont aussi vraiment au cœur des réussites… et des échecs. Les échecs critiques sont plus fréquents qu’on ne l’espérerait et comme le maximum qu’on puisse rouler est 3, les débuts de parties sont souvent éprouvants pour nos pauvres chatons. N’empêche que grâce aux échecs critiques, l’apprentissage va bon train! Nos chatons gagnent rapidement en technique en échouant lamentablement.

Les dés
Photo de l’éditeur

De son côté, la thématique est vraiment très bien intégrée. On se sent vraiment comme un chaton en exploration. Les rencontres fortuites, les figurines, les décors, tout est conçu pour nous permettre d’incarner notre personnage. J’ai d’ailleurs un petit coup de coeur pour le système de déplacement des vélos qui illustre bien les aléas auxquels sont confrontés les vrais chats, tout en conservant le côté un peu naif qui préserve les jeunes joueurs de la réalité des voitures causant des accidents.

Ambiance et interactions

Kyoto no Neko est un jeu vraiment sympathique qui se joue paisiblement. Le principal élément de confrontation touche les combats entre les chatons et ceux-ci ont lieu uniquement si les joueurs le désirent. Le fait que les combats soient facultatifs permet d’ajuster la manière de jouer en fonction des joueurs présents. Aussi, cela permet de s’ajuster au style proposé pour certains chats. Par exemple, le chat orange, Oka, est un bagarreur dans sa configuration de base.

Kyoto no Neko
Un plateau du côté avancé
Photo Meeple Qc

Rejouabilité

Grâce à sa simplicité, à la part du hasard dans les découvertes et à la présence des scénarios qui viennent enrichir le jeu, on aura probablement envie d’y jouer en famille à plusieurs reprises. C’est un bon jeu pour initier des joueurs débutants qui ont envie de savourer un jeu simple et tout en élégance.

Bref, si vous aimez les jeux magnifiques à la thématique féline bien sentie, alors Kyoto no Neko est fait pour vous!

Photo de l’éditeur

On aime Kyoto no Neko pour:

– Le look de la boîte attirant et les illustrations magnifiques;
– Le matériel de très belle facture;
– La rejouabilité qui est très présente grâce aux nombreuses patounes;
– L’ambiance zen qui règne lors des parties;
– Le fait qu’il s’agit d’un jeu accessible à tous (intergénérationnels);
– L’interaction possible entre les joueurs lors des combars;
– La thématique très présente et bien sentie;
– La mécanique simple à aborder et à mettre en place;
Le fait qu’il s’agit d’un jeu fluide, qu’il se joue bien.

On aime moins Kyoto no Neko pour:

– Les règles du jeu plus ou moins claires.

Il est à noter que:

– Si vous êtes une personne allergique au hasard, alors vous pourriez ne pas aimer ce jeu;
– Si vous cherchez un jeu familial simple et sympathique, vous allez être heureux.

Kyoto no Neko
Photo de l’éditeur

Merci à notre partenaire Ilo de nous avoir offert
une copie du jeu Kyoto no Neko pour cette chronique.

Nous vous invitons à découvrir d’autres jeux de ce distributeur
en lisant notre chronique sur le jeu Takenokolor.

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