Plongez dans l’univers mystérieux d’Alice au pays des merveilles avec Paint the Roses ! En tant que jardiniers royaux, les joueurs devront satisfaire les caprices de l’impitoyable Reine de Cœur… ou sinon ils risqueront de perdre la tête.. Serez-vous en mesure d’exaucer les vœux de la Reine ?
Paint The Roses
Auteur : Ben Goldman;
Illustrateur : Jacqui Davis, Naomi Stanton-Gullak;
Éditeur : North Star Games;
Distributeur : N/A;
Nombre de joueurs : 2 à 5 joueurs;
Durée : 50 à 70 minutes;
À partir de : 11 ans et +;
Thématiques : Alice au pays des merveilles, jardins, fleurs;
Mécaniques : Jeu de placement de tuiles, de coopération, de déduction et de communication limitée.

C’est quoi le but?
Dans Paint the Roses, les joueurs coopèrent pour aménager un jardin de fleurs en y plaçant stratégiquement des tuiles Arbuste. Chacun doit interpréter les indices posés par les autres afin de deviner leur jardin. Le but est de progresser le plus vite sur la piste de score.

Comment on joue à Paint the Roses?
Une partie de Paint the Roses se joue en plusieurs tour de jeu successifs décomposés en 5 phases.
1. Placement d’une tuile : Le joueur actif prend une tuile Arbuste parmi les 4 de la Serre et la place dans le jardin.
2. Chaque joueur place un jeton Indice sur la tuile Arbuste nouvellement posée: Il le fait pour chaque symbole correspondant à une tuile adjacente. Cette correspondance dépend de la carte de Caprice qu’il possède.
Chaque carte Caprice montre un duo de symboles : soit deux couleurs (parmi 4), soit deux formes (parmi 4), ou deux symboles quelconques. La difficulté des cartes peut être Facile (deux couleurs), Moyenne (deux formes) ou Difficile (deux symboles quelconques).
3. Deviner une carte de Caprice : Les joueurs doivent tenter de deviner au moins une carte de Caprice d’un joueur. Une bonne supposition les fait avancer sur la piste de score et peuvent tenter une autre prédiction tandis qu’une mauvaise termine la phase immédiatement.
4. Déplacement de la Reine : La Reine avance d’une case par niveau de vitesse sur la piste de score. Sa vitesse varie de 1 à 5 et augmente chaque fois que l’équipe dépasse un Lapin Blanc sur la piste de score.
5. Réapprovisionnement : Chaque joueur dont la carte Caprice a été devinée avec succès pioche une nouvelle carte. Ensuite, une tuile Arbuste aléatoire de la Serre remplace celle qui vient d’être jouée, et cette dernière passe au joueur suivant, qui devient le joueur actif.

OK, et le jeu se termine quand?
La partie est perdue immédiatement si la Reine atteint ou dépasse les joueurs sur la piste de score. Elle est gagnée si le jardin royal est entièrement rempli de tuiles Arbuste avant que la Reine ne les ait rattrapés après avoir complétés toutes les phases du tour de jeu.

C’est tout?
Le jeu de base propose une variante « à deux joueurs » où chacun peut sauter la phase « deviner une carte Caprice » jusqu’à trois fois par partie. Il offre également une variante « expert » où la mise en place du plateau de jeu désavantage les joueurs en y plaçant moins de tuiles Arbustes.
La version Deluxe offre un insert de rangement, un plateau double couche et des tuiles en acrylique. Elle procure également une extension qui propose 6 modules distincts. Chacun introduisant un objectif unique et un personnage emblématique du pays des merveilles pour aider les joueurs dans leur quête.
À noter qu’un 7ᵉ module, The Caterpillar Module, n’a été disponible que pour les contributeurs de la campagne de financement participatif. De même, un personnage promotionnel nommé The Cheshire Kitten a été distribué uniquement à cette occasion.

Ce que je pense du jeu Paint The Roses?
Coloré, éblouissant et vivant, Paint the Roses est un véritable charme visuel. Les éléments fétiches d’Alice au pays des merveilles apparaissent sur la boîte et attirent immédiatement le regard. On y retrouve les cœurs, le Chat du Cheshire, le Lapin blanc et la Reine rouge. Ces symboles rayonnent et nous plongent dans la nostalgie de cet univers classique.
Aucune déception à l’ouverture de la boite, car fidèles à cette dernière, les plateaux de jeu et les cartes s’imprègnent de riches couleurs saturées. Le tout en restant légers et lisibles. Les jetons, le plateau principal et le plateau de la Serre offrent une bonne solidité et une belle résistance. Les cartes Caprice, quant à elles, présentent une qualité correcte : moins épaisses, mais tout à fait adéquates. L’iconographie reste claire et efficace, remplissant parfaitement son rôle.

Règles et accessibilité
Les règles de Paint the Roses, c’est du gâteau ! Le livret est léger, petit, super clair, avec des exemples concrets qui rendent tout évident. La mise en page n’est pas surchargée et la palette de couleurs est vraiment agréable pour les yeux. Si jamais tu veux voir le jeu en action, il y a même un petit scan du code-barre sur le livret te renvoie direct à une vidéo explicative. Comme si ce n’était pas assez, une FAQ est présente à la fin du livre.
Une fois en partie, pas de zones grises ni de règles sujettes à interprétation : tout est limpide. On ne se retrouve jamais coincé dans des situations ambiguës qui obligeraient à fouiller dans le livret de règle. Par conséquent, on joue sans jamais interrompre le rythme. La durée d’une partie est plutôt courte, mais ça dépend toujours de la vitesse de réflexion autour de la table. Ça peut filer assez vite… ou s’étirer un peu si tout le monde sort sa casquette de détective.
La mise en place est franchement simple. Chacun prend ses cubes, on pose le plateau au centre, on y place deux figurines et c’est parti ! La thématique colorée et l’univers comique du jeu peut donner l’illusion d’un jeu familial, mais en réalité, Paint the Roses plus exigeant. La déduction et la logique demandées en font un jeu bien plus adapté aux adultes qu’aux jeunes enfants.

Ambiance et interaction
La course entre la Reine et les joueurs crée une ambiance d’urgence et de “sauve qui peut “. Cette pression est bien amenée et bien exécutée, car on ressent réellement l’urgence de réfléchir clairement pour éviter l’erreur et perdre la partie. L’ambiance évoque parfois Dixit, non pas par sa mécanique, mais par cette dynamique collective où l’interprétation et la discussion deviennent essentielles.
Cependant, cette collaboration a ses limites. On ne peut échanger que sur l’information visible et publique, jamais sur ce qu’on cache en main. Cette contrainte rend parfois les débats délicats : difficile de ne pas laisser transparaître ses propres biais d’analyse. Pour certains, ce silence forcé peut être frustrant, mais pour d’autres, il ajoute un piquant intéressant. Cette tension entre ce qu’on aimerait dire et ce qu’on doit taire fait partie intégrante de l’expérience.

Mécanique et expérience de jeu
La mécanique de Paint the Roses est relativement fluide et intuitive. Chaque tour suit une logique assez simple. Un joueur place une tuile dans le jardin, ajoute ses indices visibles, puis la table discute et tente une déduction. Ce rythme régulier fait immédiatement ressortir le genre coopératif-déduction du jeu.
En plus de cela, l’expérience repose sur cette course constante entre la Reine et les joueurs. Le groupe veut prendre des risques pour progresser plus rapidement, mais dans un même temps, on sait que la moindre erreur peut précipiter la défaite. Cette pression rend chaque décision collective importante et vitale pour la réussite de la partie. Cependant, avancer rapidement sur la piste de score a un effet paradoxal : plus on progresse, plus la Reine accélère sa cadence. Ainsi, le sentiment de satisfaction d’avoir bien deviné les cartes Caprice est atténué, puisqu’il s’accompagne immédiatement d’une menace plus grande. Par contre, cette mécanique d’ajuster intrinsèquement la difficulté du jeu en fonction du nombre de joueurs.
L’aspect la plus captivante du jeu, c’est la réflexion solitaire et collective qui s’installe autour de la table. On se retrouve plongés dans un même casse-tête : analyser les placements des autres, débattre des hypothèses et comparer nos raisonnements. Ensuite, chacun doit réfléchir à la meilleure façon de donner ses propres indices liés à sa carte Caprice, tout en tenant compte des indices déjà posés.
Un point négatif mineur sur les cartes Caprice concerne l’obligation pour le groupe de joueur de conserver en permanence au maximum une carte de niveau Facile. Cette contrainte donne parfois l’impression d’être artificielle, comme si elle avait été introduite pour forcer le rythme de la course. Elle limite quelque peu la liberté stratégique. Cela reste un point mineur, puisque la plupart du temps le groupe garde une option sécuritaire en réserve.
Bref, si vous appréciez les jeux de déduction coopératifs avec une thématique colorée Paint the Roses est pour vous !

On aime Paint the Roses pour:
– Le look de la boîte et les illustrations colorées, vivantes et immersives;
– Les règles simples, claires et illustrées d’exemples concrets;
– Le matériel solide, lisible et agréable à manipuler;
– La rejouabilité portée par les discussions et l’analyse collective;
– L’ambiance de course contre la montre qui installe une vraie tension;
– L’interaction autour de la table est nourrie les échanges différentes d’analyse;
– La thématique attractive, entre découverte et nostalgie;
– La mécanique simple qui amène une réflexion complexe;
– Son système de jeu fluide et intuitif.

On aime moins Paint the Roses pour:
– La dualité paradoxale entre l’avancement des joueurs et celui de la Reine;
– L’obligation de conserver en permanence une carte de niveau Facile.
On aurait aimé:
– Composer soi-même avec les niveaux de difficulté des carte Caprice;
– Un système de récompense de déduction réussie plus satisfaisant.
Il est à noter que si:
– Vous cherchez un vrai jeu familial pour jeunes enfants, la logique et la déduction demandées risquent d’être trop exigeantes.

Nous vous invitons à découvrir d’autres jeux de ce distributeur
en lisant notre chronique sur le jeu Nature.


