Il fait beau dans l’métro
Notre métro c’est le plus joyeux et comme il chante c’est tant mieux
Vive le métro
Oui
Il fait beau dans l’métro
Comme les habitants de Montréal, faites une escapade en métro avec le jeu Terminus. Dans ce jeu de construction et de développement de réseau ferroviaire, vous devrez jouer du coude pour construire le réseau de trains souterrains le plus prestigieux de la ville!
Terminus
Auteurs : Earl Aspiras, Tom Volpe;
Illustrateur: Edu Valls;
Éditeur: Inside Up Games;
Nombre de joueurs: 1 à 5 joueurs;
Durée: 25 minutes par joueur ;
À partir de: 14+;
Thématique : Métro;
Mécaniques : Jeu de rondelle d’action, de placement d’ouvriers, de placement de tuiles, de construction de routes, de gestion de ressources.

C’est quoi le but?
Faire le réseau de métro le plus prestigieux de la ville en construisant des rails et des stations de métro, en améliorant vos actions, en accomplissant des objectifs individuels et communs et en développant des améliorations technologiques.

Comment on joue à Terminus?
Nota bene: Veuillez noter que ma copie du jeu est en anglais et qu’il se peut que les termes que j’utilise ne soient pas exactement les mêmes que pour la version française officielle.
Concepts du jeu Terminus
Le plateau de jeu de Terminus est composé d’un plan de la ville sur lequel sont imprimés des espaces pour mettre des rails et des stations de métro. Vous trouverez trois couleurs de quartiers, le bleu pour le commercial, le rouge pour l’industriel et le vert pour le résidentiel. Au-dessus de ce plan, se trouve une série de douze actions sous forme de cercle.
Le cercle d’action est divisé en plusieurs sections ; chacune d’entre elles a une thématique. Quelques actions partagent deux thématiques.
Voici les différentes zones :
– Le développement : zone où vous pouvez construire un “développement” à votre réseau en ajoutant une tuile dans le quartier adjacent à une station. Ces tuiles ont un pouvoir spécial unique.
C’est aussi à cet endroit que vous pourrez répondre aux demandes de métro des citoyens en récupérant un jeton “demande” sur une des tuiles “développement”. Cette action est partagée avec la zone “construction”.
Votre troisième option est de déplacer l’un de vos meeples de lobbyiste d’un lieu à un autre. Cette option est partagée avec la zone du lobbyisme.
– Le lobbyisme : zone où vous pouvez prendre une place sur un des objectifs collectifs à l’aide de vos meeples de lobbyistes.
La deuxième option est de prendre un nouvel objectif personnel.
– La zone d’amélioration : zone où vous pouvez acheter une amélioration permanente. Vous pouvez effectuer cette action un maximum de deux fois pendant votre partie.
Vous pourrez aussi acheter des plans de stations de métro qui vous permettront de les construire.
– Le marché : zone où vous pouvez acheter de l’énergie pour accroître votre capacité de stations de métro dans votre réseau.
Vous pourrez aussi acheter des dossiers qui servent à la construction des rails et développements.
– Le ravitaillement : zone où vous pouvez faire l’action d’accroître votre capacité de station.
Vous pouvez aussi récupérer les cônes nécessaires à la construction de rails.
La troisième action est l’achat de rails, action qui est partagée avec la zone de construction.
– La construction: zone où vous pouvez construire des rails et des stations de métro.
Un marché évolutif!
Pour toutes les zones où des ressources peuvent être achetées, le marché est évolutif. Cela signifie que moins il reste de ressources disponibles, plus le prix sera élevé.
Chaque joueur reçoit un plateau personnel sur lequel il pourra mettre ses ressources (cônes, plans, énergie et dossiers pour un maximum de huit en tout). On retrouve également un emplacement pour les jetons “demande”. Il y a aussi la section pour vos améliorations personnelles et une autre pour votre bonus annuel. Finalement, il y a votre indicateur de capacité de station de métro.
Comment on joue à Terminus (pour vrai cette fois)
Terminus se joue sur trois années. Au début de chacune, les joueurs reçoivent un bonus de leur choix parmi les cinq disponibles.
Chacune des trois années est divisée en trois parcours complets autour du cercle d’action. Vous ferez donc neuf tours complets durant votre partie.
Durant vos tours dans le sens des aiguilles d’une montre, vous aurez l’option d’arrêter aux différentes zones selon votre désir. Cela veut dire que vous pouvez vous arrêter à une, plusieurs, ou toutes les zones d’action. La présence de vos adversaires sur ces zones n’a aucune incidence.
Les joueurs ramasseront donc des ressources pour construire leur réseau de métro. Ils auront la possibilité d’acheter des améliorations ou des tuiles de pouvoir spéciales. Ils devront aussi faire face à la concurrence avec les autres compagnies pour la course aux espaces de rail et de station. Le tout, en tentant également de remplir les objectifs communs et leur objectif personnel.

OK, et le jeu se termine quand?
Terminus se termine lorsque tous les joueurs ont complété leur troisième année de jeu.
On compte alors les points de prestige ainsi :
– Les points relatifs aux objectifs personnels;
– Les points relatifs aux objectifs communs;
– Les points pour les stations adjacentes à des tuiles “développement”;
– Les points relatifs à votre quantité de jeton “demande”;
– Un point pour chaque groupe de 4 $ en monnaie que vous détenez à la fin de la partie.
Le joueur avec le plus de points de prestige remporte la partie.

C’est tout?
Lorsque vous jouez à Terminus en solo ou à deux joueurs, un automa doit être utilisé afin de simuler partiellement un joueur additionnel.
Autrement, il n’y a pas de variante, de matériel supplémentaire sur le site de l’éditeur, d’extension ou d’application.

Ce que je pense du jeu Terminus?
Lorsque l’on prend la boîte de Terminus dans nos mains, on se rend compte que l’on n’a pas un petit jeu devant nous. Tout d’abord, littéralement, car la boîte est assez grosse et solide. Elle n’est pas portative du tout! Deuxièmement, au niveau de sa complexité, c’est au-dessus de la moyenne, avec tout le matériel inclus dans la boîte. C’est loin d’être un jeu pour débutant!
Afin de gérer cette complexité, l’éditeur a inclus un très bon insert thermoformé dans la boîte. Cela améliore grandement la mise en place qui peut être relativement longue : entre dix et quinze minutes. En effet, c’est en partie dû au grand plateau principal où l’on doit mettre toutes les ressources que contient la boîte. Il faut aussi disposer une certaine quantité de tuiles dont la quantité varie selon le nombre de joueurs. Finalement, chaque joueur devra préparer son plateau personnel avec ses stations à poser dessus. Prévoyez donc de jouer sur une grande table, vous aurez besoin de place!
En plus de la mise en place, vous aurez besoin d’un bon vingt minutes pour présenter le jeu à votre groupe. Vous avez notamment à expliquer le concept du jeu, mais surtout, les douze actions principales. Et je ne parle même pas des cartes d’amélioration!
Heureusement, le manuel d’instruction est détaillé et cohérent ; il vous aidera beaucoup. Il contient une multitude d’exemples pour bien comprendre les situations de jeu. L’auteur a aussi bien fait d’ajouter une annexe qui reprend l’ensemble des descriptions des tuiles “amélioration” et des pouvoirs uniques.

Matériel et illustrations
Terminus bénéficie d’une très bonne production. Tous les cartons sont épais. Les plateaux personnels sont à double couche, idéaux pour que vos ressources ne se déplacent pas. Celles-ci sont toutes en bois, à l’exception de l’argent, et ont la forme de ce qu’elles représentent. Vous trouverez donc des cônes, des plans, des dossiers et bien d’autres éléments qui sont très facilement reconnaissables. Les cartes sont de bonne qualité, prêtes pour des dizaines, voire des centaines de parties.
Du côté des illustrations, on ne peut pas vraiment dire que Terminus en a. Pourquoi ? Parce que c’est un jeu très axé sur les mécaniques, donc c’est principalement de l’iconographie. Oui, vous avez une belle couverture de boîte, mais pour le reste, c’est davantage des symboles. Ces icônes sont néanmoins assez jolies et précises, dans la plupart des cas, vous n’avez pas besoin de vous référer aux règles du jeu pour les comprendre. Bref, pas le travail le plus charmant esthétiquement parlant, mais un travail efficace !

Les mécaniques issues des grands succès
Une des choses qui font que Terminus est un bon jeu est l’utilisation d’une multitude de mécaniques que l’on retrouve aussi dans des jeux de société reconnus par l’industrie et la communauté.
Tout d’abord, les mécaniques de Brass Birmingham: marché aux prix évolutifs et l’interdépendance des réseaux. Comme dans Brass, Terminus voit son marché des ressources évoluer constamment pendant la partie. Moins il y a de ressources, plus les prix sont élevés.
Ensuite, comme dans Brass, vous avez avantage à vous connecter au réseau des autres joueurs. Oui, vous placerez moins de stations pour vos objectifs mais vous pourrez allonger votre réseau en plus de gagner des ressources d’électricité. Et qui sait, peut-être que vos adversaires se connecteront à vos stations pour vous faire gagner un dollar à chaque fois.
Il y a ensuite les mécaniques des Aventuriers du rail: la création de routes pour l’atteinte d’objectifs et les doubles routes. Ces mécaniques sont utilisées dans les objectifs personnels et communs de Terminus. Ceux-ci ont, pour la plupart, pour but d’atteindre certaines régions de la carte. Vous devrez donc vous forger un chemin à travers les réseaux des autres. Heureusement, certaines routes seront plus faciles grâce à plusieurs rails qui sont côte à côte. Mais détrompez-vous, il est certain que vous aurez à faire des détours… ou à en faire faire aux autres.
Finalement, la mécanique de Teotihuacan: la rondelle d’action. Celle-ci vous permet de développer tellement de stratégies! Par exemple: prendre votre temps pour faire toutes les actions ou en passer plusieurs pour se dépêcher pour obtenir les bonus du premier joueur. Vous pouvez aussi observer ce que recherchent vos adversaires et vous dépêcher de le récupérer avant eux.
L’interaction
J’ajouterai que je considère que l’interaction est une mécanique dans Terminus. Il y a tellement de façons d’interagir! Vous pouvez attendre que les autres joueurs dépensent leurs ressources pour les acheter à plus faible prix, mettre une station en bordure d’une tuile de pouvoir pour acquérir vous-même le pouvoir sans avoir à payer. Vous pouvez aussi axer votre début de partie sur l’acquisition des améliorations afin de couper l’herbe sous les pieds de vos adversaires. Ou encore, placer une tuile pour nuire à un réseau en construction. Et que diriez-vous de placer vos lobbyistes afin de récupérer un objectif commun, juste pour nuire à un adversaire? Vous comprendrez donc pourquoi Terminus a une ambiance de course aux ressources, aux améliorations et aux objectifs communs, car vous n’aurez pas dix occasions de prendre l’avantage.

Thématique
Vous l’aurez deviné, avec tout ce que j’ai dit jusqu’ici, on peut confirmer que Terminus est un jeu très thématique de réseau de métro. Je soulignerai donc seulement l’aspect le plus thématique: construire des rails afin de parcourir la ville en essayant de répondre aux besoins des citoyens via les objectifs communs et les jetons “demande”.

Expérience de jeu
Terminus est vraiment un Eurogame avec une grande profondeur stratégique. On doit l’aborder comme tel! On devra explorer de multiples possibilités et optimiser nos interactions.
Après les quelques parties que j’ai jouées, j’ai découvert que le jeu se joue beaucoup mieux à trois ou quatre joueurs. Terminus étant un jeu d’interaction, lorsque vous jouez seul ou à deux, vous devez simuler un autre joueur avec l’automa. Or, l’interaction peut être très diminuée par certains des seize automas. Dans l’une de mes parties, l’autre joueur et moi-même avons interagi une seule fois avec l’automa. Cela a grandement affecté notre performance dans la partie.
À l’opposé, jouer à cinq joueurs est très difficile, car il y a trop d’interactions. Chaque objectif personnel ou commun devient ardu à réaliser pour deux raisons. La première est le peu de disponibilité sur la carte de la ville. En effet, vous avez plus de joueurs sur une carte qui n’est pas plus grande qu’à moins de participants. C’est alors difficile de se frayer un chemin à travers le réseau des autres. La deuxième raison est au niveau des objectifs communs. Dans ceux-ci, il y a seulement deux opportunités de prendre une place par objectif commun. Alors, si deux autres personnes visent la même chose que vous, vous allez devoir jouer du coude pour y arriver. Peut-être devriez-vous viser les objectifs les moins populaires?
J’ajouterais un dernier facteur: la durée de la partie. La boîte indique une durée de 25 minutes par joueur. Détrompez-vous! C’est loin d’être la réalité dans vos deux ou trois premières parties. Au bas mot, lors de ma première partie, cela a duré 65 minutes par joueur! Imaginez si nous avions été cinq! Donc, pour toutes ces raisons, interagissez avec vos adversaires, mais pas trop et jouez à trois ou quatre joueurs.

En conclusion:
Je conclurai cette critique en vous disant de jouer à Terminus à tête reposée. Il présente tellement de possibilités que sa rejouabilité est presque infinie. Il faut simplement connaître ceux à qui on le présente et savoir qu’il peut déclencher la paralysie d’analyse chez certains joueurs. Par contre, si vous appréciez les jeux riches qui en offrent beaucoup, vous êtes à la bonne place. Venez savourer Terminus!
Bref, si vous aimez les jeux de rondelle d’action, la construction de routes et la gestion de ressources, alors Terminus est pour vous!

On aime Terminus pour:
– Le look de la boîte et l’iconographie efficace;
– Les règles du jeu claires même si elles sont nombreuses;
– Le matériel de qualité pour des dizaines, voire des centaines de parties;
– La re jouabilité presque infinie;
– L’ambiance de course aux ressources, améliorations et objectifs;
– Un jeu accessible à tous les joueurs expérimentés;
– L’interaction qui est elle-même une mécanique de jeu;
– La thématique du métro qui est très présente;
– Les nombreuses mécaniques qui s’agencent bien;
– Jeu fluide, qui se joue bien mais seulement après quelques parties.

On aime moins Terminus pour:
– Le fait que le jeu peut déclencher de la paralysie d’analyse chez certains joueurs;
– La durée des premières parties qui est souvent plus du double de ce qui est annoncé sur la boîte;
– La difficulté plus élevée de créer son réseau lors d’une partie à cinq joueurs.
On aurait aimé:
– Un plateau personnel plus grand pour mieux y déposer nos ressources (rails, argent, meeples);
Il est à noter que:
– Vous n’aimez pas être embêté par les autres joueurs, alors il vaut mieux éviter ce jeu;
– Vous n’aimez pas les jeux offrant des dizaines de possibilités (paralysie d’analyse), alors il vaut mieux éviter ce jeu.

Merci à notre partenaire Inside Up Games de nous avoir offert
une copie du jeu Terminus pour cette chronique.

Nous vous invitons à découvrir d’autres jeux de ce distributeur
en lisant notre chronique sur le jeu Perch.

