Nidavellir est un jeu compétitif d’enchères ayant pour but de recruter une armée de Nains. Aujourd’hui on vous présente Nidavellir Thingvellir et Idavoll. Son auteur est décédée à l’âge de 63 ans le 23 janvier 2023. Cette auteur ne fait pas seulement partie de ma ludothèque pour le jeu de Nidavellir, mais bien aussi pour les jeux Cargo Noir, Mystery Express, Mystère à l’Abbye et Les Chevaliers de la Table Ronde. Sans plus tarder, je vous présente ce jeu très populaire depuis sa sortie en 2020.
Nidavellir, Thingvellir et Idavoll
Auteur: Serge Laget;
Illustrateur: Jean-Marie Minguez;
Éditeur: Grrre Games;
Distributeur: Randolph;
Nombre de joueurs: 2 à 5 joueurs;
Durée: 45 minutes;
À partir de: 10+;
Thématiques : Elvalands/Nains et vikings;
Mécaniques: Jeu de cartes, de collection, d’enchères et d’actions en simultané.

C’est quoi le but?
Dans Nidavellir, on va réaliser des enchères afin de bâtir une armée de nains (Elvalands). En misant de l’or tour après tour, vous allez ajouter une sélection de cartes qui vont constituer votre armée pouvant contenir plusieurs factions de Elvalands/Nains. Évidemment, le joueur qui misera la plus haute valeur aura le privilège de choisir le premier sa carte.

Comment on joue à Nidavellir Thingvellir et Idavoll?
Le jeu se joue en 2 Âges et en plusieurs tours. Chaque tour de jeu va se jouer en 5 étapes: Entrée des nains et des naines, les mises, la révélation des mises, le tour de l’Elvaland actif et l’échange de gemmes.
Tous les joueurs vont débuter la partie avec le même matériel dont 5 pièces de base ayant une valeur de 0-2-3-4 et 5. Chaque joueur va recevoir une gemme au hasard en fonction du nombre de joueurs. Trois enseignes de taverne seront placée au centre de la table, ainsi que les cartes Héros/Héroïnes qui seront placées sur les trois porte-cartes. On fera la même chose pour les cartes Distinction et on placera le Trésor Royal contenant toutes les pièces placées en ordre sur la table.

1- Entrée des nains et des naines:
Il faut placer un nombre de cartes Âge en cours faces visibles dans chaque Taverne.
2- Les mises:
Les joueurs vont choisir 3 pièces pour constituer leur mise et placer celles-ci secrètement dans les 3 emplacements de la Taverne. Les deux pièces non utilisées seront placées face cachée dans la bourse de votre plateau individuel. Il y a 3 Tavernes et elles seront résolue une après l’autre (Gobelin Rieur, Dragon Dansant et Cheval Fringuant).
3- Révélation des mises:
En simultané, tous les joueurs vont révéler leur mise. Le joueur qui aura misé la valeur la plus élevée sera le joueur actif. En cas d’égalité, ce sera le joueur possédant la gemme de valeur la plus haute qui remportera ce titre.

4- Tour de l’Elvaland:
Le joueur actif va choisir une carte dans la taverne en cours de résolution. Ensuite, il va recruter une carte Héros/Héroïnes.
Si vous avez joué votre pièce de valeur 0, il faudra échanger une de vos pièces restantes contre une pièce de plus grande valeur se trouvant dans le Trésor Royal.
Chaque joueur va devoir réaliser cette phase en fonction de l’ordre décroissant des pièces ou des gemmes en cas d’égalité.
5- Échange de gemmes:
Les joueurs vont s’échanger les gemmes entre eux.
À la fin du tour, les joueurs vont reprendre en main leurs pièces et le tour suivant pourra débuter.

Il faut savoir que les Nains/Naines sont divisés en 5 factions. Toutes les factions vont vous permettre de marquer des points d’une manière différente. Si vous parvenez à posséder une carte Nain de chaque faction, vous allez pouvoir choisir une carte Héros supplémentaire. Celle-ci vous permettra d’avoir un pouvoir particulier!

À la fin de l’Âge 1 (lorsque la pile de cartes est épuisée), on va effectuer l’évaluation des troupes. Le joueur ayant la majorité dans le nombre de grades de chaque classe remporte la distinction correspondante.
Puis on continue la partie en jouant l’Âge 2.

Et puis Thingvellir?
Thingvellir vient ajouter du bonbon pour les joueurs qui en voulaient beaucoup plus!
On y ajoute le Campement, un nouvel emplacement qui s’ajoute aux tavernes. On peut maintenant négocier! En effet, au lieu de recruter un Nain, le joueur peut choisir un artefact ou un mercenaire.

On ajoute de nouvelles cartes Artéfacts et Mercenaires divisées en deux paquets pour chaque âge. Les Mercenaires sont polyvalents et très fort, mais on doit choisir sa classe au moment de le recruter en plaçant un petit jeton et on l’attribue ensuite à la bonne colonne. C’est parfait pour avoir plus de choix! Les Artefacts seront utilisés instantanément et vous permettront d’obtenir des effets permanents.

Bref, du choix, de nouvelles stratégies, des Artéfacts, des Mercenaires et de nouveaux héros neutres et un campement qui rajoute à votre expérience de jeu qui je le rappelle est déjà assez complète.
Pour pouvoir noter toute cette nouveauté, vous aurez aussi un nouveau bloc de score qui inclut les points pour les artéfacts. Pour ceux et celles qui ne voudraient pas noter les scores des joueurs, vous pouvez utiliser l’application qui se fera un plaisir de le faire pour vous.

OK, et le jeu se termine quand?
Le jeu prend fin lorsque la pile de carte de l’Âge 2 est épuisée. Les joueurs vont comptabiliser leurs points pour établir leur valeur de Bravoure:
– Votre Valeur de Bravoure pour chaque classe de votre armée;
– La Valeur de Bravoure de vos cartes Héros/Héroïne neutres présentes dans votre zone de Commandement;
– La valeur totale de vos pièces d’or.
L’Elvaland qui aura réuni l’armée ayant la Valeur finale de Bravoure la plus haute remportera la partie et aura l’insigne honneur d’aller terrasser le dragon!

C’est tout?
Une seconde extension est aussi disponible. Elle se nomme Idavoll! Elle introduit Odin, Thor, Freya et d’autres créatures mythologiques.
Contenu: 21 Cartes Mythologie (54 x 80mm) et leurs protège-cartes adaptées, 10 Jetons de Classe, 5 Jetons de Force, 1 Jeton de fourberie de Loki et 1 Carnet de score.

Durant les 3 premiers tours de l’Âge 1, la deuxième Taverne proposera des Animaux Mythologiques, des AEsir, des Valkyries et des Géants. Chaque type de créature a un fonctionnement différent :
– Le pouvoir de l’AEsir peut être déclenché une fois dans le jeu;
– Les Géants capturent les Nains pour déclencher leur pouvoir;
– Les Valkyries augmentent leur force avec des exigences spécifiques;
– Les animaux mythologiques renforcent vos colonnes de classe.
Cette extension ajoute également un tour supplémentaire!

Ce que j’en pense de Nidavellir, Thingvellir et Idavoll?
Dès la première partie de Nidavellir, j’ai su que j’étais devant un jeu aussi élégant qu’astucieux. Sous ses airs de petit jeu de cartes et d’enchères, il cache une profondeur tactique surprenante, accessible sans être simpliste. Ici, on incarne un Elvaland chargé de constituer la meilleure armée possible pour défendre le royaume. Oui, rien que ça. Et pourtant, tout est fluide, rapide et brillamment calibré!
Ce qui m’a d’abord séduite, c’est le mécanisme d’enchères cachées avec pièces de valeur. Plutôt que de simplement miser à l’aveugle, on peut combiner ses pièces pour en obtenir de nouvelles, plus puissantes. Je parle ici de la mécanique de “coin building” qui est hyper satisfaisante! À chaque tour, il faut non seulement bien choisir sa carte, mais aussi anticiper le rythme des autres joueurs, et optimiser ses pièces pour l’avenir. C’est une vraie gymnastique mentale, et j’adore ça.
Tendu?
Le recrutement des héros en cours de partie ajoute un bel élément de tension. Faut-il viser la majorité d’une couleur ou équilibrer son armée pour débloquer des personnages puissants ? Les choix sont multiples, et les chemins vers la victoire aussi. On sent que le jeu a été testé et retesté, tant chaque décision a un impact réel sur l’issue de la partie. Et comme les parties tournent autour de 45 minutes, on a vite envie d’en refaire une avec une autre approche.
Visuellement, Nidavellir a un petit côté sobre mais immersif, avec son iconographie claire, ses illustrations inspirées de la mythologie nordique et sa belle présentation sur la table. Le matériel est fonctionnel (mention spéciale au chevalet pour organiser ses cartes), même si une petite retouche visuelle sur les jetons de pièces aurait pu rendre le tout encore plus lisible.
Pour moi, Nidavellir réussit l’exploit d’être à la fois tactique, fluide, rapide à expliquer et doté d’une excellente rejouabilité. Il s’installe vite, offre une belle courbe d’apprentissage et fonctionne aussi bien à deux qu’à quatre. Une belle porte d’entrée dans les jeux d’enchères pour les curieux, et une pépite stratégique pour les plus aguerris. À la maison, c’est un jeu qui revient souvent sur la table… et qui n’a pas fini de forger des armées légendaires.

L’extension Thingvellir?
Thingvellir: C’est exactement le genre d’extension que j’aime! Elle ajoute du contenu, de la variété et une nouvelle couche stratégique, sans bousculer l’élégance du jeu de base. L’ajout du camp des mercenaires vient enrichir chaque tour en offrant des alternatives intéressantes aux cartes classiques des tavernes. Et ça, c’est vraiment rafraîchissant ! Les mercenaires et artéfacts apportent de nouvelles façons de marquer des points et de construire sa stratégie. Certains permettent de casser le rythme de la collection classique, d’autres de créer des synergies inattendues.
On se retrouve donc avec plus de décisions à chaque tour… et plus de façons de surprendre ses adversaires. Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est que l’extension ne rallonge pas la durée des parties, mais intensifie les choix. Elle s’intègre naturellement, et une fois testée, difficile de revenir en arrière. L’iconographie est toujours aussi claire, le matériel bien pensé, et l’envie de rejouer encore plus présente.
Bref, Thingvellir ne transforme pas Nidavellir, mais elle le sublime. Pour les amateurs du jeu de base, c’est un ajout quasi indispensable qui conserve tout le plaisir de base… en lui ajoutant une belle touche d’audace.

L’extension Iavoll?
Idavoll: Nidavellir passe à un tout autre niveau avec cette extension. En effet, celle-ci vient enrichir l’univers du jeu en introduisant de nouvelles figures mythologiques comme les dieux, géants, valkyries et animaux légendaires. Chaque nouveau type de carte apporte ses propres mécaniques et conditions de scoring, ce qui transforme complètement les façons de jouer… et de gagner.
Ce que j’aime dans Idavoll, c’est la profondeur stratégique qu’elle ajoute. Il ne suffit plus seulement de viser les majorités classiques ou les héros : il faut désormais composer avec des pouvoirs asymétriques, des effets permanents ou instantanés, et même des opportunités de faire des combos dignes d’un plan divin. Cela complexifie un peu l’apprentissage, mais pour les habitués, c’est un vrai régal.
Cette extension s’adresse clairement aux joueurs qui connaissent déjà bien Nidavellir et qui veulent pousser l’expérience plus loin. À la maison, elle a ajouté un vent de fraîcheur à un jeu qu’on sortait déjà souvent. Chaque partie devient plus riche, plus tendue, plus épique. En bref, Idavoll ne s’adresse pas aux nouveaux venus, mais aux amateurs conquis qui veulent élever leur jeu au rang de saga nordique. Pour moi, c’est un ajout costaud, mais brillant.
Bref si vous rechercher un petit jeu d’enchères et de collection très accessible à la mode salade de points alors Nidavellir, Thingvellir et Idavoll sont pour vous!

On aime Nidavellir, Thingvellir et Idavoll pour:
– Le look de la boîte et les illustrations qui nous plongent dans la thématique;
– Les règles du jeu qui sont faciles à expliquer (même avec les règles avancées);
– Un jeu rapide à prendre en main et qui s’installe rapidement;
– Le matériel de bonne qualité (mention à l’originalité du présentoir de pièces/le Trésor Royal);
– La re jouabilité très bonne avec le jeu de base, on ajoute encore plus avec l’extension Thingvellir;
– L’ambiance immersive, peu importe le nombre de joueurs;
– Un jeu accessible à tous, tactique et addictif;
– L’interaction est très présente dans les enchères et dans la course pour obtenir les meilleures cartes;
– La thématique intéressante et bien présentée (mention aux textes de présentation des Héros et Héroïnes);
– Les mécaniques du jeu qui s’harmonisent bien (on aime l’originalité du coin-building);
– La course aux objectifs dans la première partie du jeu;
– Un jeu fluide, équilibré et qui se joue bien;
– L’application pour noter les scores automatiquement durant la partie.

On aime moins Nidavellir, Thingvellir et Idavoll pour:
– Jouer à 5 joueurs puisque le chaos s’installe dans la partie;
– Le jeu est très léger sans les règles avancées;
– Assembler le Trésor Royale (pas évident que toute demeure en place dans la boîte de jeu).
On aurait aimé:
– Que la thématique soit plus exploitée;
– Un meilleur rangement dans la boîte de jeu.

Merci à notre partenaire Randolph de nous avoir offert une copie des jeux pour cette chronique.

À noter que cette année, le jeu Nains fera son arrivée en boutique. Il s’agit d’un jeu de stratégie et d’enchères pour 2 à 5 joueurs, où la fabuleuse mécanique de Nidavellir rencontre l’univers mythique de la bande dessinée Nains. Le jeu proposera cinq nouvelles façons de marquer des points, ainsi que de toutes nouvelles stratégies à explorer. Attention, ce n’est pas une extension, mais bien un nouveau jeu à part entière, qui reprend et adapte les mécaniques de Nidavellir.
Ce projet tenait particulièrement à cœur à l’auteur Serge Laget, grand amateur de la BD Nains. Grâce à cette collaboration, il a pu concrétiser un rêve de longue date : obtenir la licence officielle pour créer un jeu dans cet univers qu’il affectionnait tant. J’ai donc très hâte de découvrir l’héritage de cet auteur de jeux fabuleux!

Nous vous invitons à découvrir d’autres jeux de ce distributeur en lisant notre chronique sur le jeu Cascadia
