Sierra, avis, critique et test de jeu

La Cordillère des Andes est l’une des plus grandes chaînes de montagnes de la planète. Elle recèle de magnifiques points de vue qui ne demandent qu’à être découverts. Vous partez, accompagné, à l’aventure pour remplir votre carnet de voyage. Suivez-moi et découvrons ensemble les superbes paysages de Sierra.

Sierra
Auteur: Pierre Buty;
Illustratrice: Audrey Marcaggi;
Éditeur: BLAM!;
Distributeur: ÎLO;
Nombre de joueurs: 1 à 8 joueurs;
Durée: 30 minutes;
À partir de: 10 ans et +;
Thématiques: Voyage et montagnes;
Mécaniques: Jeu de placement, d’optimisation, de superposition et semi-coopératif.

Sierra
Photo de l’éditeur.

C’est quoi le but?

Les joueurs accumulent des cartes Carnet de voyage pour leur indiquer comment faire des points. Avec les cartes Paysage, ils devront les placer pour former un paysage pour marquer un maximum de points. Le placement des cartes Paysage est très important.

Sierra
Cartes Destination.
Photo de l’éditeur.

Comment on joue à Sierra?

Les joueurs doivent former des équipes de 2 (et une de 3 si nombre impair). Chaque équipe aura une carte Destination. Cette carte permettra à chaque joueur de l’équipe de marquer des points. Une partie va durer 8 tours pour les équipes de 2 joueurs et 9 tours pour l’éventuelle équipe de 3. Les tours se jouent de façon simultanée pour chaque équipe.

Lors du premier tour, un joueur par équipe va piger 2 cartes Carnet de voyage, en choisir une et défausser l’autre. Son compagnon de voyage va, quant à lui, piger 2 cartes Paysage. Il va en avoir 4 (les autres proviennent de la mise en place initiale ou d’une autre équipe). 2 de ces cartes doivent être ajoutées au paysage de l’équipe. Les cartes restantes iront à l’équipe voisine dans le sens horaire.

Les cartes Paysage doivent être placées selon certaines contraintes :
-Une seule couleur par ligne;
-Pas deux lignes de même couleur adjacentes;
-Pas de trou dans une ligne;
-Pas de nouvelle ligne entre 2 lignes déjà placées.

En respectant ces contraintes, les cartes peuvent être placées de façon optimale. En plus de la couleur, les cartes Paysage sont marquées d’un symbole. Certains symboles rapportent des points automatique alors que d’autres vont dépendre des cartes Destination et Carnet de voyage. Pour les tours suivants, les joueurs d’une équipe s’échangent les rôles à chaque tour.

Sierra
Score de fin de partie. Photo de Meeple QC.

OK, et le jeu se termine quand?

À la fin du huitième tour, chaque joueur aura 4 cartes Carnet de voyage et chaque équipe aura un paysage composé de 16 cartes. La carte Destination et les cartes Paysage avec des symboles de rivière ou de vent marquent des points pour chaque joueur de l’équipe. Ensuite, chaque joueur marque ses propres cartes Carnet de voyage individuellement. Le joueur ayant le plus de points remporte une victoire individuelle. Puis, 5 points sont octroyés au compagnon du vainqueur individuel. Si les deux joueurs ont plus de points que tous les adversaires, c’est une victoire par équipe.

C’est tout?

Sierra offre une petite “campagne”. C’est une sélection de scénarios sous forme d’étapes de voyage. Chaque étape indique quelle carte Destination prendre et quelle règle additionnelle qui s’ajoute à la partie. Ce mode est conçu pour être joué seul ou à 2-3 joueurs de façon totalement coopérative. Il y a aussi un mode entièrement compétitif pour 2 à 4 joueurs. En gros, chaque joueur remplit les 2 rôles d’une équipe à lui seul.

Sierra
Photo de l’éditeur.

Ce que je pense du jeu Sierra?

Sierra me paraissait comme un jeu “ordinaire”. Mais après avoir joué quelques parties, je suis agréablement surpris de ce petit jeu. C’est un jeu qui demande un peu de réflexion, mais pas trop et où on communique avec un “coéquipier” pour des bénéfices mutuels.

Aspect visuel et le matériel de Sierra

Ce jeu a un joli côté, lorsqu’on termine la partie, nous avons un beau paysage composé de nos 16 cartes. On va avoir un beau mélange de jaune, vert, rouge et violet/rose. Les cartes Carnet de voyage sont également joliment illustrées et nous garde dans le thème. Pour ce qui est de la boîte du jeu, je suis un peu déçu. Même s’il y a les même couleurs que les cartes, il y a trop de noir et ce n’est pas “tape à l’oeil” et cela donne un air de “jeu ennuyant”.

Pour ce qui est de la qualité des cartes, j’ai déjà vu mieux et j’ai déjà vu pire. Je dirais donc que la qualité est standard. Mais ce qui est unique, c’est que les cartes Paysage sont découpées et ont la forme de montagne, ce qui ajoute du réalisme à notre paysage final et permet aux cartes de bien se superposer sans tout cacher derrière.

Sierra
Paysage. Photo de l’éditeur.

La thématique qui nous transporte dans les montagnes

Je peux vous dire que j’aime bien la thématique de Sierra. Nous sommes dans l’esprit de voyageurs qui veulent voir certains paysages (Carnet de voyage). La pose de carte Paysage indique ce que nous avons vu. Les points à la fin de la partie peuvent être considérés comme une mesure de notre satisfaction vis-à-vis nos attentes. Le côté semi-coopératif amène la facette de voyager avec quelqu’un d’autre. Chacun veut voir certaines choses et il faut alors faire des compromis.

Règles et accessibilité

Le livre de règles est assez court et explique bien le fonctionnement du jeu. Plusieurs images avec des flèches pour nous montrer des exemples et des précisions s’ajoutent au texte. Il y a aussi un code QR si l’on veut voir les explications en vidéo pour les personnes plus visuelles. Sierra est accessible pour tout le monde. Après avoir joué une première partie, on prend bien en main le jeu.

Sierra
Cartes Paysage avec leurs symboles. Photo de l’éditeur.

Construire son paysage

À la fin de la partie de Sierra, on a un paysage composé de 16 cartes. Avec notre compagnon, on va avoir essayé d’avoir placé les meilleures cartes aux meilleurs endroits. Les différentes cartes Carnet de voyage que nous obtenons durant la partie vont nous indiquer comment faire des points. Nous allons donc choisir les cartes Paysage qui correspondent le mieux à ces objectifs. Ces choix se feront par la couleur et/ou le symbole des cartes.

Ce genre de jeux peut sembler difficile, car il y a souvent beaucoup de réflexions associées aux placements optimales des cartes. Mais dans Sierra, ça ne sera pas tant le cas. Quand c’est notre tour de placer des cartes Paysage, il faut en placer 2 des 4 en main. Et il est bien possible que celles que nous avons ne soient pas tant aidantes que cela pour nos objectifs, on peut alors aider notre compagnon, qui lui, peut nous dire où placer les cartes. Les objectifs sont assez simples et il n’y a pas énormément de stratégies complexes à développer. Le tout se fait assez facilement. Mais certaines cartes Carnet de voyage n’ont pas le même potentiel de points. Il faut bien les choisir.

Sierra
Cartes Carnet de voyage. Photo de l’éditeur.

Ambiance

Sierra est un jeu sans prétention. Par son design, il dégage une ambiance de “contemplation”. Bien que le jeu n’est pas d’images de réels paysages, c’est l’impression qu’on en retire principalement. Avec le principe d’un jeu semi-coopératif et deux types de victoires, on ne sent pas tant de compétitivité. On ne se concentre pas beaucoup sur le jeu des adversaires. Lorsqu’on place des cartes paysages, on cherche bien sûr à faire le mieux possible pour ses propres points, mais on veut aussi aider notre compagnon pour obtenir la victoire par équipe. Cette atmosphère autour de la table est intéressante.

La rejouabilité de Sierra

Chaque partie sera différente dans Sierra. Il y a 64 cartes Carnet de voyage, donc une immense possibilité d’objectifs à essayer de remplir. Puis, on a aussi 4 cartes Destination, différentes recto-verso. Puis, on peut aussi jouer à un différent mode de jeu et y aller complètement compétitif pour jouer son jeu entièrement seul. Il y a aussi la petite “campagne”. Il n’y a pas de progression en soi, mais plutôt plusieurs défis à accomplir avec différents scores à obtenir. Cela présente des difficultés supplémentaires pour ceux qui veulent un peu plus de “challenge”. Je trouve que c’est un bon petit plus.

Photo de l’éditeur.

En conclusion

Sierra un beau petit jeu. Il s’explique bien et après une première partie, on saisit bien les principes de base. La thématique de voyage à 2 est bien représentée par la mécanique semi-coopérative. Puisqu’il y a deux types de victoires (personnelle et par équipe), on va vouloir aider notre compagnon quand cela est possible. Avec les tours en simultané, les parties ne sont pas très longues et Sierra peut très bien finir une soirée.

Bref, si vous aimez les jeux de placement de cartes et semi-coopératif sur le thème des montagnes, alors Sierra est pour vous!

On aime Sierra pour:

– La beauté de l’ensemble des cartes Paysage placées ensemble;
– Les règles du jeu courtes et faciles à comprendre avec des exemples;
– Le matériel de qualité standard et avec les cartes Paysage découpées en forme de montagnes;
– La rejouabilité avec les différents modes de jeu et les nombreuses cartes Carnet de voyage et Destination;
– L’ambiance calme autour de la table;
– Le fait qu’il s’agit d’un jeu accessible à tous (intergénérationnels);
– L’interaction entre les joueurs d’une même équipe pour le choix de cartes et des placements;
– La thématique de voyage en montagne et qui prend en compte les désirs d’un compagnon de voyage;
– La mécanique simple, efficace et qui intègre bien la thématique;
Le fait qu’il s’agit d’un jeu fluide, qu’il se joue bien.

On aime moins Sierra pour:

– Le léger débalancement des cartes Carnet de voyage.

On aurait aimé:

– Faire de plus gros paysages! (parce que c’est très joli).

Merci à notre partenaire ÎLO de nous avoir offert
une copie du jeu Sierra pour cette chronique.

Nous vous invitons à découvrir d’autres jeux de ce distributeur
en lisant notre chronique sur le jeu MOW.

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