La Habana est la réédition moderne du jeu La Havane, initialement publié en 2009. Ce jeu vous invite à reconstruire la capitale cubaine en récoltant des ressources et en érigeant des bâtiments. Grâce à un ingénieux système de cartes action, chaque décision influence l’ordre du tour et les possibilités offertes. Sans plus attendre, voici la présentation de ce jeu que j’aime encore aujourd’hui d’amour!
La Habana
Auteur: Reinhard Staupe;
Illustrateurs: Michael Menzel et Ian Parovel;
Éditeur: Igiari;
Distributeur: Pierre Belvédère;
Nombre de joueurs: 2 à 4 joueurs;
Durée: 30 à 45 minutes;
À partir de: 10+;
Thématiques: La Havane, construire la Capitale de Cuba;
Mécaniques: Jeu de gestion de main, de ressources, de collection, d’actions en simultané, de bluff, de cartes et de mémoire.

C’est quoi le but?
Le but du jeu est d’être le premier joueur à atteindre un certain nombre de points de prestige. Le tout en construisant des bâtiments dans la ville de La Havane. Il faut évidemment utiliser nos cartes action pour récolter des ressources (briques, pesos, ouvriers, gravats). Afin de construire des bâtiments disponibles aux extrémités des rangées de cartes.

Comment on joue à La Habana?
Dans La Habana, chaque joueur incarne un bâtisseur œuvrant à la reconstruction de la ville. En début de partie, chacun reçoit des cartes action, 1 pesos et 1 gravats. Puis une grille de bâtiments disponibles est installée au centre.
Chaque tour commence par le choix de deux cartes action qui seront posées face cachée. Une fois révélées, leur combinaison détermine l’initiative. C’est-à-dire l’ordre du tour en fonction des valeurs révélées. Ensuite, chaque joueur joue ses deux actions dans l’ordre déterminé. Il peut aussi construire des bâtiments en payant leur coût avec les ressources récoltées. Attention, seules les cartes situés aux extrémités des rangées pourront être construites.
Après les actions vient l’approvisionnement. C’est à ce moment que l’on ajoute des pesos et des briques au centre. Ensuite, chaque joueur doit conserver une carte action. Cette dernière sera rejouée, mais il faut en choisir une autre dans sa main pour le prochain tour.
Un tour de jeu dans La Habana se déroule en quatre phases :
- Initiative : Chaque joueur révèle deux cartes action choisies secrètement. Ces cartes déterminent l’ordre de jeu (du plus petit au plus grand). Par exemple: les cartes 1 et 9 donnent 19.
- Actions et constructions : En suivant l’ordre d’initiative, chaque joueur effectue les deux actions indiquées sur ses cartes. Ensuite, il peut construire un ou plusieurs bâtiments visibles aux extrémités des rangées, en payant leur coût avec ses ressources.
- Approvisionnement : On ajoute automatiquement 3 pesos et 3 briques (prises au hasard dans le sac) au centre de la table.
- Renouvellement : Chaque joueur garde une des deux cartes jouées (qu’il rejouera au prochain tour) et choisit une nouvelle carte action pour remplacer l’autre, en défaussant la seconde.
Le tour suivant peut alors commencer avec une nouvelle phase d’initiative.

OK, et le jeu se termine quand?
La partie de La Habana se termine immédiatement lorsqu’un joueur atteint le nombre requis de points de prestige : 25 points dans une partie à 2 joueurs, 20 dans une partie à 3 joueurs et 15 points à 4 joueurs.
Il n’est pas nécessaire de terminer le tour en cours. Dès qu’un joueur atteint ce seuil, il gagne!
Cependant, la partie peut se terminer si tous les bâtiments ont été construits ou si toutes les briques du sac ont été utilisées. Dans ce cas, c’est le joueur avec le plus grand nombre de points qui l’emporte.

C’est tout?
Il n’y a pas de variante pour ce jeu. Toutefois, la mécanique du jeu permet une certaine flexibilité stratégique selon le nombre de joueurs, notamment grâce à l’ajustement du seuil de points de prestige à atteindre. Cela offre déjà une expérience différente selon la configuration.
Oui, La Habana (édité par IGIARI en 2024) est en réalité une réédition du jeu La Havane, initialement publié en 2009 par Filosofia/Eggertspiele, conçu par Reinhard Staupe.
Les deux jeux partagent :
- Le même auteur;
- La même mécanique de cartes action en duo pour déterminer l’initiative et les actions,
- Le même objectif de construction de bâtiments pour gagner des points de prestige,
- Puis aussi des éléments similaires comme les ressources, les gravats, les ouvriers, etc.
La version La Habana apporte surtout un relookage graphique (illustrations modernes), une boîte au format plus actuel, une règle révisée et mieux structurée, mais les mécaniques de jeu sont identiques. Donc oui, La Habana est le même jeu que La Havane, dans une version remise au goût du jour!

Ce que je pense du jeu La Habana?
Ah La Havane… ou plutôt La Habana, puisque le jeu a été réédité sous un nouveau nom et remis au goût du jour. Je connais très bien l’ancienne version que je possède encore d’ailleurs! C’est un jeu qui m’a suivi pendant des années et que je transportais dans un sac ziploc, prêt à être dégainé dans n’importe quelle micro-brasserie québécoise. Alors forcément, quand j’ai appris qu’une nouvelle édition allait sortir, je n’ai pas pu résister à la tentation de la découvrir. Mon cœur de nostalgique s’est emballé. La Habana est-il parvenu à raviver la flamme sans dénaturer ce que j’aimais tant dans l’original ? C’est ce que je vous partage ici.

Matériel et look revue!
Commençons par ce qui saute aux yeux : le nouveau look du jeu. On ne va pas se mentir, l’illustration de la boîte version IGIARI est franchement réussie. Le style est superbe, les couleurs chaudes sont vibrantes et l’identité cubaine est bien présente. On sent que l’éditeur a voulu moderniser l’ensemble, tout en conservant une ambiance fidèle au thème d’origine. Ça donne envie d’ouvrir la boîte, ce qui est toujours bon signe!
À l’intérieur on trouve 89 cartes dont 36 cartes solides (au lieu 36 tuiles), 1 carte rappel d’approvisionnement, 4 set de 13 cartes action, des pièces d’un pesos en cartons (au lieu des 1 et des 3 pesos), des briques en bois colorées (au lieu des cubes de bois qui étaient de couleur différents), des pions ouvriers dont le design a changé et qui sont maintenant jaunes au lieu de noirs et puis un sac en toile qui ajoute une touche cubaine (au lieu d’un sac en tissu noir plus grand). Je le glisse ici tout de suite, j’aurais franchement apprécié un sac plus grand, histoire de ne pas me battre pour y plonger la main. J’avoue également avoir changé le miens pour un plus grand.

Matériel revue!
Côté matériel, il y a aussi un changement majeur par rapport à la version originale. En effet, les tuiles bâtiment ont été remplacées par des cartes. Et là, je l’avoue, ça m’a fait grincer des dents. Je comprends bien la volonté de rendre le jeu plus compact, plus économique en espace, mais les tuiles avaient ce petit quelque chose de plus tactile sur la table. Les cartes bâtiment, bien qu’esthétiquement réussies, sont un brin moins pratiques à manipuler.
Pour les anciens de La Havane, ce détail pourrait faire tiquer. Mais si on met ce point de côté, le contenu reste tout à fait cohérent et bien pensé. Je dois le dire, je suis en amour avec le fait que les bâtiments deviennent coloré une fois construits et la carte retournée. Et pas qu’un peu!!! C’est élégant et ça représente très bien les bâtiments que l’on peut voire à la Havane.

Un autre changement, avant il y avait 2 cartes aide de joueur, maintenant elles n’y sont plus. C’est normal, puisque les sets de cartes sont maintenant sans textes. Le jeu est donc plus facile à comprendre en un clin d’oeil avec ses icônes claires. J’aime bien les nouvelles cartes bien que j’aimais mieux les illustrations de l’ancienne version. De plus, il y a aussi une carte rappel d’approvisionnement qu’il n’y avait pas dans l’ancienne version.
Bien que pratique, j’aurais aimé qu’elle indique le rappel de conversion de 5 pour 1 puisqu’il faut se référer au livre de règles lors des premières parties. Pour moi c’est évident, mais pour des nouveaux joueurs, ça ne l’est pas. Autre point, il faut remettre 3 pesos lors de la phase d’approvisionnement, mais la carte indique 1 au lieu de 3. Cela porte à confusion… Enfin, pour ceux qui n’ont jamais joué au jeu, vous n’allez pas vous en rendre compte et vous allez tombé en amour avec ce jeu!

La mécanique elle?
La mécanique est restée intacte et c’est tant mieux ! Le système d’initiative fondé sur le duo de cartes action est toujours aussi brillant. C’est simple, malin, et ça donne lieu à une foule de dilemmes stratégiques à chaque tour. Est-ce que je joue cette carte pour son effet ou pour son chiffre ? Vais-je tenter de passer avant les autres ou plutôt maximiser mes gains au risque de jouer plus tard ? Les choix sont tendus, l’interaction directe est constante (notamment grâce aux actions de vol ou de retrait de bâtiment). Vous allez entendre des joueurs râler assurément, mais personnellement j’adore ça! Enfin le tout se déroule de manière fluide et rapide. La Habana conserve cette tension agréable et dynamique qui faisait déjà le charme de l’édition Filosofia.

Accessible?
L’un des grands atouts c’est aussi son accessibilité. Les règles sont bien rédigées et elles s’apprennent vite. Les parties vont prendre en moyenne de 30 à 45 minutes à trois ou à quatre joueurs. En ce qui me concerne, à deux joueurs, le jeu se joue en 20-25 minutes. Il n’est pas rare que je joue deux parties d’affilées. C’est donc un jeu qu’on peut sortir avec presque tout le monde, y compris des joueurs moins aguerris. Le mélange entre tactique, gestion de ressources, anticipation et interaction directe fonctionne toujours aussi bien. La rejouabilité est bonne grâce à la variété des bâtiments et aux combinaisons infinies de cartes action. Et que dire de l’ambiance autour de la table ? C’est tendu, c’est vivant, on rigole et on chiale entre nous gentiment. L’expérience est la même qu’avec l’ancienne version, mais cette fois elle possède un look modernisé.

Bâtiment à construire

Bâtiment une fois construit (carte retournée)
Pour qui? C’est réussi?
Alors, La Habana, pour moi c’est un grand oui! Mais, avec quelques réserves. J’adore ce format de boîte plus compact, plus logique, qui rend le jeu plus facile à transporter. J’aime aussi le rafraîchissement graphique, le soin apporté à la présentation et surtout le fait de respecter les mécaniques d’origine. Mais en tant qu’ancienne amoureuse de La Havane, j’aurais aimé que certains choix soient différents : un sac plus large, le maintien des tuiles bâtiment pour préserver l’expérience tactile. On va se le dire, ce sont de petits détails, mais ils comptent quand on connaît et aime profondément le jeu depuis longtemps.
Cependant, je le recommande sans aucune hésitation à tout ceux et celles qui ne possèdent pas déjà le jeu chez eux. Je recommande à ceux qui l’avait de jouer avec la nouvelle version avant de prendre une décision de l’ajouter à sa ludothèque. Bref, je suis très heureuse de pouvoir dire que ce jeu est à nouveau disponible dans les boutiques et je ne me ferez pas prier pour l’offrir en cadeau! C’est un jeu que vous pouvez y jouer en toutes circonstances et j’aime énormément son accessibilité!

En conclusion…
La Habana réussit à faire renaître un grand classique dans une version plus moderne et attrayante, tout en gardant ses mécaniques intactes. C’est un jeu fluide, interactif et tactiquement satisfaisant. Il plaira autant aux nostalgiques qu’aux nouveaux joueurs curieux de le découvrir. Malgré mes quelques pincements au cœur de joueuse fidèle à l’original, je suis heureuse de voir cette pépite revenir sur les tables. Et croyez-moi, cette version trouvera aussi sa place dans mon sac, mais pas dans un ziploc cette fois ! Je dois avouer ne pas être certaine à ce jour si je vais vendre mon ancienne version pour ne garder que la nouvelle ou bien garder les deux par pur nostalgie.
En terminant, si vous aimez les jeux où chaque décision compte et dans lequel l’ordre du tour peut faire toute la différence. Si vous aimez de l’interaction entre joueurs directe, mais jamais méchante et si vous aimez ressentir de la tension, alors La Habana est pour vous ! Que vous soyez un ancien fan de La Havane ou un nouveau joueur, ce classique revisité saura trouver une place de choix dans votre ludothèque.
Bref, si vous aimez les jeux tactiques, interactifs, rapides et rejouable, alors La Habana est parfait pour vous !

On aime La Habana pour:
– Le look de la boîte et les illustrations soignées et immersives de La Havane;
– Les règles du jeu bien décrites et faciles à expliquer;
– Le matériel d’une bonne qualité;
– La rejouabilité intéressante en raison de la variété de bâtiments;
– L’ambiance dynamique et par moment tendu;
– Le fait qu’il s’agit d’un jeu accessible à tous et facile à prendre en main;
– L’interaction entre les joueurs qui permet de voler des ressources ou de bloquer un adversaire en retirant un bâtiment convoité;
– La thématique bien présentée avec le sentiment de construire la Capitale de Cuba;
– La mécanique simple et vraiment efficace;
– Le fait qu’il s’agit d’un jeu fluide, qu’il se joue bien et sans temps mort.

On aime moins La Habana pour:
– Une carte joué au mauvais moment peut nuire fortement à un joueur;
– Les briques qui ne sont pas faciles à piger puisque le sac est petit;
– L’absence de la conversion 5 pour 1 qui n’est pas indiqué nul pars, sauf dans les règles.
On aurait aimé:
– Un sac plus grand pour plonger la main aisément;
– Que le jeu garde les tuiles au lieu de changer pour des cartes, car elles sont plus difficiles à prendre en main.
Il est à noter que:
– Si vous n’aimez pas être embêté par les autres joueurs ou perdre des actions en raison de l’ordre d’initiative, alors il vaut mieux éviter ce jeu. De plus, ce n’est pas un jeu avec une grande profondeur. Si vous aimez les jeux plus complexes ou longs, il vaut mieux jouer à autre chose.

Merci à notre partenaire Pierre Belvédère de nous avoir offert
une copie du jeu La Habana pour cette chronique.

Nous vous invitons à découvrir d’autres jeux de ce distributeur
en lisant notre chronique sur le jeu Cités Royales

