Vous aimez jouer au détective? Vous aimeriez tester un jeu inventé par Watson, le bras droit de Sherlock Holmes? Dans Focus, chacun des deux joueurs coopère pour éviter de prendre la carte secrète parmi les 16 cartes étalées sur la table. Dans ce jeu de déduction, chacun devra être en mesure de deviner la carte de son coéquipier. Mais seulement en associant les cartes entre elles., car vous n’aurez pas le droit de communiquer vos réflexions verbalement. À vos loupes!
Focus
Auteurs: Antonin Boccara, Romaric Galonnier: ;
Illustrateur: Simon Caruso;
Éditeur: Oldchap games;
Distributeur: Asmodée;
Nombre de joueurs: 2 joueurs;
Durée: 15 minutes;
À partir de: 10+;
Thématique: Enquête.
Mécaniques: Jeu de déduction, de communication limitée, coopératif et d’essais et erreurs.

C’est quoi le but?
Dans le jeu coopératif Focus, Il faut retirer une à une toutes les cartes du jeu, sauf la vôtre et celle de votre partenaire.

Comment on joue à Focus?
On dispose une grille de 16 cartes, appelées Pièces à conviction, pour former un carré. À coté, on aligne une rangée de 4 cartes. Puis, chaque joueur pige une Carte Repère. Ce type de carte reproduit la grille de 16 cartes et indique quelle carte sera la carte secrète pour chaque joueur.
Déroulement d’une partie de Focus
Une fois identifiée la carte secrète, qu’il ne faudra jamais révéler, les joueurs jouent à tour de rôle. Il s’agit de prendre une carte à conviction qui peut être associée à la carte secrète, ce qui peut fournir un indice au partenaire. À mesure que les joueurs retirent une carte, ils les placent à la suite, face visible devant eux. C’est ce qui compose la file d’indices.
Au premier tour seulement, le premier joueur pige obligatoirement l’une des 4 cartes placées en marge du carré. Aucune de ces 4 cartes ne peut donc être la carte secrète. Il est à noter qu’il n’y a pas de désignation de premier joueur. Dès qu’un joueur le souhaite, il commence.

Grille d’une carte Repère qui indique quelle est la carte secrète du joueur.
OK, et Focus se termine quand?
Du moment qu’un joueur pige la carte secrète de l’autre joueur, le jeu s’arrête, et vous avez perdu. Mais s’il ne reste plus que les deux cartes secrètes, alors vous avez gagné!

C’est tout?
En plus du jeu de base, Focus offre deux autre variantes: le mode Sherlock et le mode Mycroft. Le premier est une course contre la montre. Quand un joueur pense avoir deviné la carte secrète de son coéquipier, il lève la main. Son partenaire accepte alors la proposition s’il croit que lui aussi a découvert la carte secrète. Ou alors, il la refuse. On compte les points en fonction des pièces restantes.
Quant au mode Mycroft, il augmente la difficulté en exigeant que les joueurs devinent chacun deux cartes secrètes. Enfin, Focus ajoute le Bonus Madame Hudson, la logeuse. Le carré de cartes est prédéterminé avec, au choix, 4 combinaisons de carrés différents.

Ce que je pense du jeu Focus?
Ce jeu coopératif à deux joueurs a tout pour plaire. La mise en place est rapide et c’est amusant de voir de quelles façons les joueurs vont essayer de faire comprendre à l’autre sa carte secrète. Cependant, à mesure qu’on pige des cartes, ça devient de plus en plus difficile de rester focusser (c’est le cas de le dire) sur des associations crédibles.

Coopérer par association d’images
Je me trompe peut-être, mais je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de petits jeux de ce genre qui se jouent seulement à deux. Et surtout, de manière coopérative. Sa mécanique convient parfaitement à ce format. En effet, puisqu’il faut limiter les communications verbales ou gestuelles, dans Focus, la formation en tandem s’avère plus efficace.

Tu m’amènes où, là?
Cette phrase-là, on n’a pas droit de la dire, mais il sera difficile de cacher sa surprise quand notre partenaire alignera des indices sans qu’on puisse encore deviner le lien qui les réunit. C’est la plaisir de la chose : essayer de retracer le chemin mental qui a conduit à fournir tel ou tel carte Indice. Focus affiche un bel équilibre entre la révélation progressive d’indices et le risque de piocher la carte secrète de sa coéquipière, par exemple.
Les dessins reproduits sur les cartes ont un bon potentiel d’associations d’idées. Par exemple, celui du moulin à vent peut nous amener sur la piste de la nourriture ou du vent. Celui du train pourrait faire penser au cheval, à cause des chevaux-vapeur. Bref, l’imagination est reine, dans Focus. Mais elle dépend aussi des joueurs en présence parce qu’on possède chacun notre banque d’images et d’associations.
Là où ça se corse, justement, c’est quand la file d’indices s’allonge. C’est pas facile de maintenir un fil conducteur quand on a pioché 5 ou 6 cartes. Parfois, le fil se casse et il vous faudra penser à un autre lien. Mais alors, il y a le risque que votre partenaire perde le fil.

Une tension croissante
J’ai bien aimé la tension qui monte à mesure qu’on pige dans le carré des cartes. À chaque fois, on se demande si, par mégarde, on révélera la carte secrète de l’autre. Ou si notre vis-à-vis prendra la nôtre. Heureusement, il y a les 4 cartes alignées en marge des 16 dans lesquelles on pioche. Ce sont des cartes sûres, celles-là, pas de danger de mettre fin à la partie. Mais il n’y en a que 4 et, dès le premier tour, on en a déjà pigé une. La marge est mince. Et puis, peut-être qu’aucune de ces cartes de Focus ne vous dira rien.

Une autre partie, Sherlock?
Qu’en est-il de la rejouabilité dans Focus? D’abord, les cartes à conviction sont au nombre de 84, recto-verso, ce qui ce qui multiplie les combinaisons. En plus, il y a les 16 cartes Repère, qui désignent à chaque partie la place de notre carte secrète. Et comme une partie se joue en moyenne en 15 minutes, ça motive les joueurs à relever de nouveaux défis. Enfin, on a vu que le jeu offre quelques variantes, ce qui renforce sa rejouablité.
Petites réserves sur Focus
Par exemple, il est arrivé qu’on ne s’entende pas sur ce que représente le dessin d’une carte, ce qui est bien embêtant. Je suggère que les joueurs s’assurent que tous deux voient le même objet sur une carte, avant de commencer la partie. Ensuite, comme les cartes sont vraiment minces, elles ne sont pas faciles à prendre dans la main. Même avec de longs ongles, comme ma partenaire a pu le constater.
Enfin, le livret nous apprend que le personnage de Watson a inventé ce jeu et qu’on a reproduit ses dessins. Mais on n’a pas vraiment l’impression de jouer au détective. Parce qu’il n’y a pas de victime, ni d’arme du crime à découvrir. Mais ce sont vraiment des points mineurs qu’on ne voit …qu’à la loupe.
En conclusion
Focus est un jeu très amusant. La tension s’installe dès le début de la partie quand il s’agit d’orienter notre partenaire vers notre carte secrète. Le livret suggère qu’on se concentre davantage sur les associations que sur le désir de trouver tout de suite la carte secrète. Effectivement, le désir de deviner la carte secrète peut nous entrainer à faire de mauvais choix. Quand la partie se termine, un autre plaisir s’ajoute. Les joueurs peuvent échanger sur les liens qu’ils ont voulu établir entre les cartes indices. Ça donne lieu à des discussions intéressantes.
Bref, si vous aimez les jeux coopératifs, de déduction, qui se jouent rapidement, et en silence, alors Focus est pour vous!

On aime Focus pour:
– La boite compacte;
– La facilité d’apprentissage;
– Le matériel de bonne qualité;
– La rejouabilité, garantie par les nombreuses cartes recto-verso;
– L’ambiance créée par la tension qui monte;
– Le fait qu’il s’agit d’un jeu accessible à tous;
– L’interaction qui repose sur la coopération;
– La thématique du détective;
– La mécanique de pioche et de déduction;
– La communication, sans paroles;
– Le fait que le jeu est fluide et qu’il se joue bien.

On aime moins Focus pour:
– Certains dessins qui sont sujets à interprétation;
– La minceur des cartes, qui les rend difficiles à saisir;
– La thématique du détective, qui reste superficielle.
Il est à noter que:
– Si vous êtes une personne allergique aux jeux de déduction, alors vous pourriez ne pas aimer ce jeu;
– Si vous n’aimez pas les jeux coopératifs, alors il vaut mieux éviter ce jeu.

Merci à notre partenaire Asmodée de nous avoir offert
une copie du jeu Focus pour cette chronique.

Nous vous invitons à découvrir d’autres jeux de ce distributeur
en lisant notre chronique sur le jeu Biome.

