ICHOR, avis, critique et test de jeu

Les fameux monstres de la mythologie grecque se rassemblent pour un dernier assaut du Mont Olympus où les dieux devront défendre leur maison. Est-ce que ce sera le sang des monstres ou l’ICHORdes dieux qui va tapisser le sol du Mont Olympus? ICHOR est un jeu de stratégie 1 contre 1 ou les joueurs vont jouer deux manches. Une manche dans le camp des dieux et une dans le camp des monstres.

ICHOR
Auteur: Reiner Knizia;
Illustrateur: Tyler Mile Lockett;
Éditeur: Bitewing Games;
Distributeur: Allplay;
Nombre de joueurs: 2 joueurs;
Durée: 40 minutes;
À partir de: 10+;
Thématiques: Guerre, mythologie grecque;
Mécaniques: Jeu de stratégie asymétrique, de déplacement sur grille (Grid Movement), de movement par motif (Pattern Movement), de grille carrée (Square Grid), de pouvoirs variables, de fin en mort subite (Sudden Death Ending) et de mise en place différente.

ICHOR
Photo de l’éditeur

C’est quoi le but?

Le but du jeu est de placer toutes les tuiles à votre disposition avant votre adversaire.

ICHOR
Photo de l’éditeur

Comment on joue à ICHOR?

On commence par piger nos dieux et monstres aléatoirement pour remplir les cases de la deuxième rangée devant nous. Une fois le champ de guerre prêt, l’assaut des monstres débute.

Chaque tour consiste à faire bouger un monstre ou un héros selon l’équipe que vous contrôlez. Chaque déplacement laisse des jetons sur les cases parcourues. S’il y avait des jetons adversaires sur les cases, on les remplace et elles retournent dans la réserve du joueur. On ne place pas de jetons sur la case où termine le personnage et s’il y en avait une, on la retire.

Les personnages peuvent bouger horizontalement ou verticalement, mais seulement dans une direction par tour, pour autant de cases que désiré par le joueur. Les personnages et les bordures ne peuvent être traversés.

ICHOR
Photo de Meeple QC

OK, et le jeu se termine quand?

 Chaque monstre et chaque dieu a un pouvoir ultime qu’il pourra utiliser à son avantage une fois par manche. Les joueurs jouent à tour de rôle jusqu’au dépôt du dernier jeton d’une des réserves. Cela met fin à la manche.

Rendu là, il ne reste qu’à compter les jetons adverses et cela donne le score de la manche et les points vont au vainqueur. Si à la première manche vous étiez défendeur du Mont Olympus, c’est maintenant à votre tour de tenter de le conquérir. Celui qui termine avec le plus de points après la deuxième manche est grand vainqueur du Mont Olympus. En cas d’égalité, des points c’est le gagnant de la deuxième manche qui remporte la victoire.

ICHOR
Photo de Meeple QC

C’est tout?

ICHOR est une version amélioré du jeu Tikku (1993) et ensuite Battle for Olympus (2009) du même auteur. Reiner Knizia à voulu modernisé et amélioré sont jeu au goût du jour.

Le jeu a un tableau à deux côtés soit un quadrillage 6×6 ou 7×7. Il est suggéré de commencer avec le 6×6 et ensuite d’essayer le 7×7 avec un peu plus de connaissances. Le plus gros tableau permet d’avoir plus de place et aussi 1 héros et 1 monstre de plus de chaque côté augmentant ainsi la quantité de variables à considérer à chaque tour.

Il y a aussi l’extension Reinforcements & Gates qui ajoute 3 nouveaux monstres et héros avec leurs propres pouvoirs ainsi qu’un monstre et un héros qui ajoutent une condition de victoire de plus. Il faut donc s’en méfier pendant la partie, bien qu’il soit très difficile de les accomplir. L’extension ajoute aussi 8 tuiles dont deux peuvent être sélectionnées et placées sur le tableau pour ajouter des effets quand on les traverse. Attention, cela agit aussi comme obstacle à nos mouvements, car on ne peut terminer un mouvement sur les tuiles Gates et elles ne peuvent être traversées que de manière horizontale.

ICHOR
Photo de l’éditeur

Ce que je pense du jeu ICHOR?

Dès que l’on met la main sur la boîte d’ICHOR, on peut déjà observer la touche artistique créée par Tyler Miles Lockett . Une dépictation des dieux et monstres mythologique très unique des autres que j’ai connu attire facilement l’attention. On constate aisément sa touche personnelle pour ces êtres mythologiques aussi sur les cartes et les pièces du jeu. L’artiste a utilisé un choix de couleur rose et jaune pour les dieux contre le contraste du bleu et rouge plus foncé des monstres. Cela ajoute à l’ambiance du conflit entre les deux parties.

J’adore la thématique de la mythologie grecque pour ce jeu de duel représentant le conflit éternel des monstres contre les dieux de l’Olympus. Même certains pouvoirs des personnages sont réfléchis pour avoir une référence aux mythes et légendes. Par exemple, Hermès, le messager des Dieux, peut se déplacer n’importe où sur le tableau.

La version de base d’ICHOR offre une bonne qualité globale. On y trouve des représentations de personnage en carton et des jetons en bois. Le jeu vient avec un tapis en tissu à deux faces faisant office de plateau de jeux. Le fini est intéressant, mais le pliage peut causer de légères bosses, ce qui peut rendre les personnages de carton instables. Le jeu semble pouvoir résister à beaucoup de parties avant de commencer à s’user. Une fois bien installé, on peut vraiment apprécier l’effort mis sur le visuel global de ce jeu. Le seul hic que je perçois concernant le matériel, c’est que les jetons Personnage manquent un peu de stabilité.

Il est également possible de se procurer la version Deluxe de ce jeu. Dans cette dernière version, les jetons sont en résine texturée et les figurines sont en acrylique.

Langue, règles du jeu et mise en place

Les règles du jeu sont assez simples. Le livret de règles est rempli d’images et d’exemples pour aider à bien comprendre. Un bon 15-20 minutes est suffisant selon moi pour bien assimiler les règles et commencer une partie.  

Une fois qu’on a bien saisi le sens des rôles de chacun, il est possible de se référer aux symboles sur le personnage et sur ses cartes. Cela vous permet de se souvenir rapidement leur pouvoir sans relire chaque fois.

En ce moment, le jeu est disponible uniquement en version anglophone. Je dirais qu’une base en anglais est suffisante pour être en mesure de jouer efficacement, car hormis les règles, il n’y a pas tant de texte sur le matériel.

La mise en place se fait très rapidement et ne nécessite pas plus grand qu’une table pour deux. C’est un bel avantage!

ICHOR
Photo de l’éditeur

Mécanique et rejouabilité

Les mécaniques du jeu quoique relativement simples de surface peuvent nous envoyer dans de grandes réflexions stratégiques. Dans ce jeu de déplacement de personnages, il faut couvrir le plus d’espace possible pour vider notre réserve de jetons avant l’adversaire. Il faut réfléchir à comment utiliser les pouvoirs uniques des personnages à notre avantage pour bénéficier d’un maximum de leur usage unique par partie.

Pour ce faire, il faut réfléchir au positionnement de nos personnages et à l’endroit où on aimerait qu’ils soient pour activer leur effet. Mais il ne faut pas oublier de contrer ce que l’adversaire fait, car celui-ci aussi a son plan d’action. Il faut bien balancer la défense et l’attaque pour sortir victorieux. Il faut aussi faire attention de pas trop s’entasser dans un coin ou nos mouvements peuvent devenir de plus en plus restreints.  Le jeu offre une grande possibilité de stratégie à analyser tel un jeu d’échecs.

Cependant, l’asymétrie et le positionnement aléatoire permettent d’explorer de nouvelles stratégies à chaque partie. On ne peut se préparer d’avance, car les possibilités des différentes positions de départ dépassent les millions. Si une partie peut donner l’impression qu’un des deux côtés est avantagé par le choix et le positionnement des personnages, ICHOR vient balancer tout cela en incluant le changement de côté et les parties à deux manches pour la grande victoire. Même si les dieux ont vaincu lors des deux manches, quel joueur a su créer le plus grand écart de victoire pour remporter la partie?

Phote de Meeple QC

Expérience de jeu

Ma conjointe et moi avons apprécié explorer ce jeu ainsi que son extension. Nous avons particulièrement aimé le peu de temps que le jeu prend à mettre sur la table et à faire une partie. La simplicité de ce jeu est appréciable : c’est un bon petit jeu à avoir dans sa collection. Bien que la boîte indique 40 minutes pour une partie, nous avons trouvé que celles-ci étaient souvent beaucoup plus courtes.

Les tours peuvent être très rapides, mais une personne qui voudrait essayer de calculer tous les coups possibles pourrait trouver qu’une partie prend plus de temps pour finir. De pouvoir jouer les deux camps dans une même partie est vraiment plaisant et intéressant. Même si on peut trouver un camp plus fort que l’autre, on doit savoir tirer le meilleur parti de ce qui se trouve sur la table. Quelle stratégie a été utilisée pour gagner et qu’est-ce que l’a défense fait? Maintenant que j’ai gagné ou perdu la première manche, comment améliorer les choses pour gagner ou même juste perdre en laissant le moins de points à l’adversaire? Ces questions sont toujours dans l’esprit des joueurs!

L’extension ajoute beaucoup de stratégies et de possibilités, mais elle n’est aucunement nécessaire pour profiter de ce très bon jeu. Même avec le jeu de base, il y a tellement de possibilités de placement qu’il serait possible de jouer très longtemps sans jamais expérimenter deux parties identiques.

Photo de Meeple QC

Ambiance et interaction

ICHOR est rempli d’interactions entre les deux joueurs. À chaque tour, on planifie notre prochain mouvement jusqu’à ce que l’adversaire joue son tour et empêche le plan C de se concrétiser. Alors, on passe au plan D, mais toujours en analysant quels sont les plans de l’adversaire. Le jeu évolue et change à chaque tour de jeu et il faut s’avoir s’adapter à celui-ci.

Quand on joue à ICHOR, l’ambiance de duel est bien présente. Il n’y a que soi contre son adversaire. Lequel sera le plus grand tacticien du champ de bataille? Aussi, il faut avoir une certaine humilité et être capable de perdre et d’accepter de commettre des erreurs si on joue à ICHOR. Effectivement, une chose est garantie avec ce jeu, c’est qu’il y va y avoir beaucoup d’erreurs faites par les deux adversaires. Saurez-vous comment profiter au maximum de celles de votre opposant?

Bref, si vous aimez les jeux stratégiques 1 contre 1 pas trop long et facile à apprendre alors ICHOR est fait sur mesure pour vous!

ICHOR
Photo de l’éditeur

On aime ICHOR pour:

– Le look de la boîte et les illustrations qui sont vraiment magnifiques;
– Les règles du jeu qui sont très simples à comprendre;
– Le matériel de très bonne qualité;
– La rejouabilité qui est très grande;
– L’ambiance et la tension du duel;
– Le fait qu’il s’agit d’un jeu accessible à tous;
– L’interaction constante entre les deux joueurs;
– La thématique sur la mythologie grecque;
– La mécanique de déplacements stratégiques;
– Le fait que le jeu est fluide et qu’il se joue bien;
– La rapidité de préparation et la durée du jeu.

ICHOR

On aime moins ICHOR pour:

– Le manque de stabilité des pions Personnage.

Il est à noter que:

– Si vous aimez moins les jeux purement stratégiques, vous pourriez ne pas aimer ce jeu;
– Les joueurs qui veulent absolument tout calculer avant de jouer pourraient trouver le jeu très long;
Si vous aimez moins les jeux de confrontation et de duel, vous pourriez ne pas aimer ce jeu.

Photo de Meeple QC

Nous vous invitons à découvrir d’autres jeux de cet auteur
en lisant notre chronique sur le jeu Hit Extreme.

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