Duel d’Escrocs, avis, critique et test de jeu

Vous avez toujours rêvé de vous glisser dans la peau d’un cambrioleur de génie, prêt à dévaliser les coffres les plus secrets d’un vieux manoir? Duel d’Escrocs vous lance ce défi en vous plongeant dans un face-à-face serré où seule la ruse compte. Dans l’ombre des chambres fortes, vous devrez prévoir les coups de votre rival, bluffer sans trembler et jouer vos cartes au bon moment pour rafler tout le magot. Entre les coups bas et les stratégies de dernière minute, aurez-vous le cran nécessaire pour déjouer votre adversaire et devenir le plus grand escroc de la place ?

Duel d’Escrocs
Auteur: Kaku;
Illustrateur: OBOtto;
Éditeur: Korea Boardgames;
Distributeur: Gigamic;
Nombre de joueurs: 2 joueurs;
Durée: 15-30 minutes;
À partir de: 9+;
Thématiques: Voleurs, animaux;
Mécaniques: Jeu de cartes, de pouvoirs variables, de draft, de gestion de main et de Je Coupe, tu Choisis.

Duel d'Escrocs
Photo de l’éditeur

C’est quoi le but?

Dans Duel d’Escrocs, le but est d’être le premier joueur à accumuler 20 pièces en vendant les trésors de son butin.

Photo de l’éditeur

Comment on joue à Duel d’Escrocs?

Avant de commencer la partie, chaque joueur reçoit une tuile Bandit au hasard. Cette tuile indique aux joueurs lequel des personnages ils joueront pour cette partie. Chacun d’eux possède une capacité spéciale qui lui est unique et qui s’activera en cours de partie. Chaque joueur reçoit aussi deux pièces et deux cartes Renfort au hasard. Le paquet de cartes de butin est placé au centre de la surface de jeu. On lance ensuite la flèche en l’air et le joueur qu’elle pointe en tombant devient le joueur “qui répartit”. L’autre joueur devient le joueur “qui choisit”.

Valeurs des cartes de butin

Les cartes de butin sont numérotées de un a sept et viennent en 4 couleurs différentes. Le but est de créer des combinaisons (suites et cartes pareilles) afin de les vendre pour le plus de pièces possible.

Le joueur “qui réparti”

C’est le joueur que la flèche pointe. On pioche 5 cartes de la pile de butin et on les inspecte, sans les montrer à notre adversaire.

Ensuite, on va diviser ces 5 cartes de butin en deux parts. Par exemple une part pourrait avoir 2 cartes et l’autre 3. Ou bien une part en a quatre et l’autre qu’une seule. Ce qui est important ici, c’est qu’une seule des 5 cartes doit être placée face cachée. Les quatre autres sont face visible.

C’est ici que le bluff et le duel psychologique opèrent: on essaie d’apâter son adversaire à choisir une des parties en espérant qu’il choisit la moins intéressante! La flèche est ensuite tournée vers l’autre joueur.

Le joueur “qui choisit”

Le joueur va choisir une des deux parts et espérer avoir choisi la plus intéressante des deux. Ce joueur ne connait pas l’identité de la carte face cachée. Il s’agit peut-être d’une carte puissante comme le grand trésor ou bien d’une carte moins intéressante comme un tableau maudit.

L’autre joueur, celui qui avait réparti les cartes butin, prend la part qui n’a pas été choisie. Il va peut-être se mordre les doigts en se retrouvant avec la part qu’il ne souhaitait pas garder! Ou bien il sera heureux de voir que sa distribution “équitable” a joué en sa faveur.

Coffre aux trésors

Une fois que les joueurs ont tous leur part du butin, ils placent leurs cartes dans leur “coffre”. Le coffre est simplement l’espace devant eux. Ce coffre peut contenir plusieurs cartes à ce moment, mais à la fin du round, il y a une limite de 5. Pour l’instant, on peut en avoir plus que notre limite.

Revente

Les joueurs vont ensuite simultanément vendre, défausser et demander du renfort. Pour vendre, on va constituer une combinaison de butin qu’on va défausser pour recevoir son prix en pièces d’or. Les combinaisons sont décrites sur la tuile bandit de chaque joueur. Ça va de deux cartes ayant la même valeur à une suite de cartes de la même couleur. Plus la combinaison est “difficile” à accomplir, plus elle est payante. On peut vendre plus d’une combinaison si c’est possible.

On peut aussi choisir une des cartes de notre trésor pour la défausser sans effet. Sinon, on peut demander du renfort. Il s’agit en fait d’activer une de ses deux cartes renfort pour bénéficier du bonus de celle-ci. Chaque carte renfort ne peut être activée qu’une seule fois!

Fin du tour

Une fois que les joueurs ont terminé leur revente, on regarde si l’un d’eux a atteint 20 pièces ou plus. si c’est le cas, la partie prend fin et le joueur qui possède le plus de pièces remporte la partie. Si ce n’est pas le cas, on passe au prochain tour, mais avant, on doit appliquer la limite de coffre. Les coffres des joueurs ne peuvent pas dépasser cinq cartes à ce moment. On va donc défausser des cartes si c’est le cas. On ne peut pas défausser les tableaux maudits!

Tableaux maudits

Pour se débarrasser d’un tableau maudit, on doit soit défausser deux pièces soit vendre une combinaison de butin qui comporte le même chiffre que le tableau en notre possession. Ces cartes servent à créer de la tension et sont généralement des butins qu’on veut éviter d’avoir dans son coffre!

Duel d’Escrocs
Photo de l’éditeur

OK, et le jeu se termine quand?

Duel d’Escrocs prend fin lorsqu’un joueur atteint 20 pièces ou plus. À la fin du tour, le joueur qui a le plus de pièces remporte la victoire. En cas d’égalité, on fait un autre tour afin de départager le joueur qui est le plus riche. Si c’est encore une égalité, on refait des tours jusqu’à ce qu’un joueur ait plus que l’autre.

Photo de Meeple Qc

C’est tout?

Duel d’Escrocs n’a pas d’extensions ni de mode solo. Il comporte cependant une variante pour trois ou 4 joueurs.

Duel d'Escrocs
Photo de Meeple Qc

Ce que je pense de Duel d’Escrocs?

J’adore les jeux de duels spécialement conçus pour deux joueurs et celui-ci m’a été difficile à catégoriser. Je crois réellement qu’il se défend bien, mais il a de la compétition féroce et il peut être ardu de se tailler une place. Le système de vente de cartes est sympathique et facile à comprendre et la mécanique de « Je coupe, tu choisis » est simple, quoique un peu restrictive. On aimerait parfois pouvoir placer plus d’une carte face cachée sur les cinq disponibles.

La boîte est très jolie et se transporte très bien. Comme il est rapide et prend très peu de place, ce jeu se sort bien à peu près n’importe où. On a fait plusieurs parties en attendant notre assiette au resto, et quand les assiettes sont arrivées, en une minute le tout était retourné dans la boîte.

Le point que j’apprécie le plus dans Duel d’Escrocs, c’est son thème et son art. Le thème de bandits qui se partagent leur butin de façon « équitable » est vraiment charmant. L’art par OBOtto est exquis : on dirait des dessins sortis d’une charmante bande dessinée pour enfants et les animaux anthropomorphiques sont vraiment le clou du spectacle.

Les règles du jeu sont simples à comprendre et à lire. Tout est très clair et le livret se lit en deux minutes.

Photo de Meeple Qc

Duel d’Escrocs, c’est pour qui?

C’est un jeu grand public, n’importe qui comprenant comment faire des suites de cartes y trouvera son compte. Qu’on soit ou non attiré par le thème de bandits importe peu, car ça reste au final un jeu de suites de cartes qui convient à tous, ou presque. J’ai présenté ce jeu à mes enfants, à des ados, à mes parents ainsi qu’à mes grands-parents et tous l’ont trouvé accessible et plaisant.

Pour ce qui est de l’interaction, c’est un jeu de duel, donc l’interaction est très présente. Ça a tout l’air d’un jeu psychologique où on va créer les parts de butin en essayant de lire son adversaire et de le manipuler pour qu’il choisisse une part plutôt qu’une autre ; il faut donc aimer ce genre de jeu. On n’est pas dans un solitaire multijoueur; c’est bel et bien un duel entre deux joueurs qui essaient de s’influencer l’un l’autre.

Duel d'Escrocs
Photo de Meeple Qc

Rapidité et asymétrie des bandits

Duel d’Escrocs est un jeu super rapide. La boîte indique 20 minutes, mais en réalité, il n’était pas rare pour moi de pouvoir faire trois parties en 30 minutes. Le jeu apporte beaucoup de bonnes idées, comme le fait d’avoir une capacité spéciale différente de celle de son adversaire. Cette capacité ne sera pas nécessairement utile à chaque partie, tout comme les cartes de renfort qui ne sont pas toutes utiles selon la situation.

En général, lors de mes parties, la capacité qui était la plus utile et qui semblait même un peu plus forte que les autres était celle du bandit Raoul. Ce bandit peut garder six cartes dans son trésor au lieu de cinq. Alors que les autres bandits vont gagner plus de pièces, celui-ci permet de préparer un coup qui sera plus payant en gardant plus de cartes.

Hasard et tension dans Duel d’Escrocs

Les cartes de Tableaux Maudits sont intéressantes et permettent de créer beaucoup de tension dans un petit jeu rapide. Cependant, comme la majorité du jeu relève de la pioche de cartes, le hasard peut venir jouer contre nous. Il est arrivé à plusieurs reprises qu’un joueur se retrouve avec plusieurs tableaux sans pouvoir s’en débarrasser, alors que son adversaire vend ses butins tour après tour. C’est plus ou moins grave, surtout puisque les parties sont si rapides, mais ça peut être frustrant par moments.

Les cartes de renfort nous ont semblé un peu déséquilibrées. Je ne crois pas que les jeux doivent être cent pour cent balancés à tout moment, mais parfois, dès le début de la partie, on pouvait deviner qui allait l’emporter juste avec les renforts qu’il avait reçus. Plus souvent qu’autrement, on avait raison!

Ce qui joue en sa faveur, c’est réellement sa rapidité. Il est rapide à placer sur la table, rapide à jouer et rapide à ranger. Il ne prend presque pas de place non plus, ce qui est un bon point bonus, car les jeux récents semblent prendre de plus en plus d’espace de façon générale.

En conclusion:

La rejouabilité de ce jeu va dépendre de chacun. Personnellement, je crois que ce jeu est limité par ses quatre bandits uniquement et ses neuf personnages de support. On en fait le tour rapidement. Ce n’est pas nécessairement un mauvais point, par contre, puisque comme le jeu se déroule surtout avec les échanges de suites de cartes, même après plus de vingt parties, je ne peux pas dire que je suis fatigué d’y jouer.

Nous avons cependant trouvé que jouer sans les renforts et sans les capacités spéciales était tout aussi intéressant. Surprenamment, il y a beaucoup de jeu dans cette petite boîte…

Bref, si vous aimez les jeux de duels spécialement conçus pour deux joueurs, alors Duel d’Escrocs est pour vous!

On aime Duel d’Escrocs pour:

– Le look de la boîte et les illustrations sympathiques de style BD;
– Les règles du jeu simples et rapides;
– Le matériel de bonne qualité;
– La rejouabilité due à sa mécanique simple;
– L’ambiance compétitive d’un affrontement “un contre l’autre”;
– Le fait qu’il s’agit d’un jeu accessible à tous;
– L’interaction du début à la fin;
– La thématique de bandits qui se sépare un butin;
– La mécanique de “Je Coupe, Tu Choisis”;
Le fait que le jeu est fluide et sans temps mort.

Duel d'Escrocs

On aime moins Duel d’Escrocs pour:

– Le hasard qui peut devenir frustrant;
– Le manque de diversité des bandits et des cartes support;

On aurait aimé:

– Une variante plus longue, qui rendrait le jeu un peu plus intéressant lorsque des pépins nous arrivent. Parfois, quand on est aux prises avec plusieurs tableaux maudits, notre adversaire peut se rendre à 20 pièces super rapidement;

Il est à noter que:

– Si vous êtes une personne allergique au hasard, alors vous pourriez ne pas aimer ce jeu;
– Si vous n’aimez pas être embêté par les autres joueurs, alors il vaut mieux éviter ce jeu.

Merci à notre partenaire Gigamic de nous avoir offert
une copie du jeu Duel d’Escrocs pour cette chronique.

Les Cités Rivales

Nous vous invitons à découvrir d’autres jeux de ce distributeur
en lisant notre chronique sur le jeu Les Cités Rivales.

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