Les Cités Rivales, avis, critique et test de jeu

Au XVIᵉ siècle, deux puissantes cités marchandes s’affrontent pour imposer leur suprématie. Dans Les Cités Rivales, vous incarnez Hambourg ou Altona et tentez de surpasser votre adversaire en influence, en prestige et en richesses. Ce jeu de duel propose un affrontement stratégique tendu, où chaque décision compte.

Les Cités Rivales
Auteur: Andreas Steding;
Illustratrice: Annika Heller;
Éditeur: Gigamic;
Distributeur: Randolph;
Nombre de joueurs: 2 joueurs;
Durée: 40 minutes;
À partir de: 10+;
Thématiques: XVIᵉ siècle
, économie, politique, Altona et Hambourg;
Mécaniques: Jeu de plateau, de Rondelle (Rondel), de gestion de ressources, d’affrontement, de tir à la corde, de fin de partie par Mort Subite (Sudden Death Ending) et de réflexion.

Les Cités Rivales
Photo montage de Meeple Qc

C’est quoi le but?

Dans Les Cités Rivales, le but est de devenir la cité la plus influente. Vous remportez immédiatement la partie si vous parvenez à remplir l’une des 4 conditions de victoire.
– Avez 3 cartes Navires de plus que l’adversaire;
– Gagnez trois procès;
– Possédez 4 cartes Alliance;
– Le marqueur Prestige atteint le nom de votre ville de la piste.

À défaut, si une des conditions de fin de partie est remplie, il faut calculer le nombre d’étoiles que possèdent chaque joueur. Celui qui en aura le plus, remporte la partie!

Photo de l’éditeur

Comment on joue à Les Cités Rivales?

À votre tour, vous allez déplacer l’Encrier sur le circuit du plateau. Vous devez le poser sur une case libre plus loin que sa position actuelle. La case choisie correspond à une action fixe (toujours disponible à chaque manche) ou à une carte Action spéciale. Une fois l’Encrier placé, vous résolvez immédiatement l’action indiquée. Il y a 4 options possibles: effectuer l’action de base, jouer 1 carte Action de sa main, payer 1 Lettre pour faire les deux options dans l’ordre de votre choix ou bien prendre en main la carte Action pour pouvoir la jouer plus tard.

Les cartes Actions indiquent une ou plusieurs actions. Cela peut être: récolter des ressources (bière, tissu, cuir, meubles), obtenir des cadeaux, faire un Don, échanger des ressources, gagnez une lettre, gagner du Prestige, piocher une carte Action Spéciale, construire une Usine, réactiver une usine, conclure une alliance, achetez un navire, progresser dans un procès, décision de la Cour ou Piraterie.

Photo du livret de règles

Si l’Encrier avance au-delà de la cloche, il faut réaliser les différentes étapes de la Basse saison. Puis résoudre le procès prioritaire (position 1). Le dénouement de ce dernier va dépendre de la position du marqueur. Il peut ne se passer rien du tout, mais le gagnant peut obtenir 1 étoile ou bien obtenir le bonus indiqué au bas de la carte si elle remporte le procès.

La partie se déroule ainsi dans un équilibre constant entre gestion et anticipation. Il faut surveiller les mouvements de son adversaire, car certaines actions convoitées peuvent disparaître si l’autre les prend avant vous. La tension monte à mesure que les procès s’enchaînent et que les cités s’affirment dans différents domaines de réussite.

Les Cités Rivales
Photo de l’éditeur

OK, et le jeu se termine quand?

La partie de Les Cités Rivales peut s’achever de deux façons. Elle se termine immédiatement si un joueur réussit à remplir une condition de victoire instantanée. Si aucune de ces conditions n’est atteinte au cours du jeu, alors la partie continue jusqu’à la fin du dernier cycle d’actions. On procède alors à un décompte des étoiles que possède chaque joueur. Celui qui en aura le plus remporte la partie.

Photo de l’éditeur

Ce que je pense du jeu Les Cités Rivales?

Il y a des jeux qui marquent par leur originalité et leur finesse. En ce qui me concerne, Les Cités Rivales en fait clairement partie. Dès l’ouverture de la boîte, j’ai été séduite par le look soigné et l’élégance des illustrations. Bon, ce n’est pas un jeu qui crie fort par ses couleurs tape-à-l’œil, mais je dois dire qu’il propose un visuel raffiné. Le tout colle parfaitement à son thème historique. J’avoue que le XVIᵉ siècle hanséatique n’est peut-être pas le cadre le plus séduisant, sauf qu’ici, il est magnifiquement exploité.

En fait, on ressent tout de suite la rivalité entre deux grandes cités marchandes et l’ambiance tendue qui en découle. Je dirais que ma première impression était assez bonne. Cependant, elle n’en était rien à côté de ce que le jeu révèle une fois poser sur la table. Je trouve que chaque détail du matériel est pensé pour soutenir la fluidité et la lisibilité. Ce dernier est d’une très bonne qualité. Allant de l’encrier qui circule sur le plateau aux cubes de procès que l’on déplace vers sa cité. On sent que rien n’a été laissé au hasard. J’aime aussi le rangement prévue dans la boîte, les composantes entrent toutes dans 4 petites boites en cartons qui sont faciles à manipuler.

Photo de l’éditeur


Une mécanique tendue et pas qu’un peu!

Ce qui rend Les Cités Rivales si addictif, c’est la mécanique du rondel avec l’encrier. Elle est à la fois simple à comprendre et incroyablement riche en décisions tactiques. À chaque tour, on déplace l’encrier vers une action disponible. Puis de là, le dilemme commence : quelle est l’action qui me servira le plus maintenant? Laquelle risque de donner un avantage trop important à mon adversaire si je la lui laisse? On est constamment en train d’anticiper, de planifier et de s’adapter aux choix de l’autre. Et moi, les jeux de ce type, j’en raffole tout simplement!

C’est une mécanique brillante, car elle crée un tiraillage permanent entre l’offensif et le défensif. Des choix en permanence doivent être faits. Notre cœur balance entre le fait de prendre ce dont j’ai besoin et celui d’empêcher l’adversaire d’accéder à une opportunité. Rapidement, chaque coup devient lourd de conséquences et donne un sentiment de duel intense. Mon fils dirait que c’est comme un jeu d’échecs moderne, mais avec plus de choses. Résultat : la tension est palpable du début à la fin, et ça, j’adore!

Les Cités Rivales
Photo de Meeple Qc

Un duel haletant et génial!

Un autre aspect qui me fait aimer ce jeu, c’est son interaction constante. Impossible ici de jouer dans son coin ou de construire tranquillement une stratégie sans déranger personne. Non, dans Les Cités Rivales, on se surveille, on se bloque, on se répond coup pour coup. Les procès à remporter, les domaines de réussite à dominer, les navires à acquérir, tout est sujet à une compétition acharnée. Et ce qui est vraiment génial, c’est que le jeu propose plusieurs conditions de victoire immédiates. Si vous n’aimez pas les jeux stressants ou ceux avec du Tir à la Corde, il vaut mieux passez votre tour.

Dans ce jeu rien n’est jamais acquis. La partie peut basculer d’un coup grâce aux conditions de victoires immédiates. C’est un suspense constant qui rend les parties mémorables. De plus, il est rare de ne jouer qu’une partie parce qu’on veut prendre sa revanche. C’est d’ailleurs la rejouabilité naturelle qui m’a le plus séduite. On rejoue parce qu’on a envie de faire mieux, de ne pas répéter la même erreur, ou tout simplement de rendre la pareille à son adversaire. Dans un jeu de duel, c’est le signe d’un succès.

Photo de Meeple Qc

Pas un sans faute

Évidemment, tout n’est pas parfait et quelques petits bémols méritent d’être mentionnés. L’iconographie dense peut rebuter lors des premières parties. En effet, on passe un peu de temps à décoder les symboles et à se référer aux aides de jeu. Rien de dramatique, mais cela peut ralentir le démarrage avec des joueurs moins habitués. De plus, certains éléments du matériel demandent une petite manipulation minutieuse. Comme les pistes de procès qui peuvent être légèrement “fiddly”.

Au final ça ne gâche pas le plaisir global. Et soyons honnêtes! Quand un jeu me donne envie d’y rejouer aussitôt terminer, c’est que ses forces l’emportent largement sur ses faiblesses. J’aime le sortir avec mon conjoint, on y joue autant durant une après-midi qu’en soirée. Une fois la première partie derrière nous, on maitrise bien les icônes et on s’amuse. Vous pouvez très bien y jouer avec un enfant de 10 ans et plus, mais comme pour tous les jeux de ce type, il faut enseigner ce dernier. La courbe d’apprentissage est bien présente, mais mon fils lui adore!

Les Cités Rivales
Photo de l’éditeur

En conclusion

Je considère Les Cités Rivales comme un véritable coup de cœur. C’est un jeu intelligent, tendu, fluide et parfaitement calibré pour deux joueurs. Il réussit le pari de proposer une expérience stratégique riche tout en restant accessible et rapide à jouer. Ses 30 à 45 minutes de tension ludique offrent un concentré d’émotions que peu de jeux savent procurer dans ce format. J’y reviens encore et encore! De plus chaque partie me donne l’impression de revivre un duel unique. C’est un jeu qui réussit à combiner intensité, fluidité et profondeur stratégique dans un format compact et j’adore.

Si vous aimez les duels intelligents comme Zenith, 7 Wonders Duel, Targui et même Robin of Locksley, vous allez trouver ici une pépite! Il se démarque grâce à sa mécanique de rondel unique, le tir à la corde et son ambiance historique immersive. Pour moi, Les Cités Rivales est un jeu que je recommande chaudement à tout amateur de confrontations serrées et de stratégie raffinée.

Bref, si vous aimez sentir la pression montée et les jeux où rien n’est gagné d’avance, alors Les Cités Rivales est ce qu’il vous faut!

Les Cités Rivales
Photo montage de Meeple Qc

On aime Les Cités Rivales pour:

– Le look de la boîte et les illustrations sobres et élégantes;
– Les règles du jeu claires, bien structurées et rapides à expliquer, malgré une iconographie dense;
– Le matériel de bonne qualité et agréable à manipuler;
– La rejouabilité grâce aux configurations variables et l’envie de prendre sa revanche;
– L’ambiance de duel tendu et haletant. Ici chaque décision peut inverser le cours de la partie;
– Le fait qu’il s’agit d’un jeu accessible à deux joueurs et conçu pour le duel;
– L’interaction constante, directe et stratégique. Il faut rester alerte durant toute la partie;
– La thématique historique de la rivalité marchande du XVIᵉ siècle cohérente;
– La mécanique de rondel avec l’encrier est simple, mais terriblement efficace;
– Le fait qu’il s’agit d’un jeu fluide, qui se joue bien. C’est rythmé et sans temps mort.

On aime moins Les Cités Rivales pour:

L’iconographie dense qui demande un temps d’adaptation lors des premières parties;
– Le matériel un peu fiddly, les pistes de procès et certains éléments peuvent glisser ou demander une manipulation minutieuse.

On aurait aimé que:

– Le jeu propose une aide de jeu plus épurée pour faciliter la lecture des symboles;
– Les règles incluent un exemple de tour complet afin de mieux visualiser la fluidité de la jouabilité.

On aimerait:

Une extension ajoute de nouveaux types de procès, cités partenaires ou actions spéciales pour varier encore plus les parties.

Il est à noter que:

– Si vous n’aimez pas regarder sans cesse ce que fait l’autre joueur et la tension dans les jeux, il vaut mieux jouer à autre chose.

Merci à notre partenaire Randolph de nous avoir offert
une copie du jeu Les Cités Rivales pour cette chronique.

Nous vous invitons à découvrir d’autres jeux de ce distributeur
en lisant notre chronique sur le jeu Dorfromantik Le Duel.

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