On vous parle enfin de ce jeu coopératif à communication limitée : nul autre qu’Eternal Decks ! Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, les joueurs doivent atteindre les objectifs de chaque niveau avant qu’un joueur ne soit à court d’actions. C’est tout? Pas du tout. Le jeu ajoute plusieurs contraintes lorsque vous jouez une carte. Oui, oui! Les trois rangées du terrain ne peuvent pas contenir des cartes de même couleur ou de même valeur placées côte à côte. Et ce n’est pas fini : selon le niveau, des restrictions supplémentaires viennent s’appliquer à certaines rangées, augmentant le défi. Bref, un jeu qui ne vous laissera aucun répit. Venez, on vous le présente!
Eternal Decks
Auteur: Hiroken;
Illustrateur: Mujunsha;
Éditeurs: Pixie Games et Tricktakers Games;
Distributeur: Pierre Belvédère;
Nombre de joueurs: 1 à 4 joueurs;
Durée: 30 à 40 minutes;
À partir de: 14+;
Thématiques: Jeu abstrait avec des nombres, des decks, des Éternels (personnages), joyaux et malédictions;
Mécaniques: Jeu coopératif de cartes, de deck building, d’ordre numérique, à communication limitée, de gestion de main, modulable avec des pouvoirs variés.

C’est quoi le but?
Survivre, rien de moins! Il faut savoir que le jeu propose six paliers différents (de A à F), chacun offrant des niveaux de difficulté et des défis variés. On cherche donc à gagner tous ensemble, mais la défaite peut survenir rapidement si un joueur ne peut plus effectuer d’action à son tour. La partie est également perdue si un joueur pioche la carte Défaite dans la zone Bonus de la Rivière.

Comment on joue à Eternal Decks?
Les joueurs commencent la partie avec 5 cartes Énergie (ou 7 à deux joueurs) ainsi que 2 disques de communication. Les cartes ont une valeur de 1 à 5. Chaque joueur en a trois en main, tandis que les autres forment sa pioche.
À son tour, un joueur doit effectuer l’une des trois actions suivantes :
– Jouer une carte sur l’emplacement vide le plus à gauche d’une des rangées des Champs (supérieure, médiane ou inférieure). Il est interdit de placer des cartes de même valeur côte à côte, tout comme des cartes de même couleur. Les cartes bicolores peuvent être orientées dans le sens désiré et permettent parfois de contourner cette contrainte. Chaque rangée impose également une règle supplémentaire (ordre croissant ou décroissant, valeurs non consécutives ou valeurs toutes différentes) ;
– Générer un joyau (pour lever une malédiction d’un Éternel) en jouant de une à trois cartes de sa main dans la Rivière afin de compléter une recette (il en existe 8 différentes) ;
– Donner une carte de sa main à un coéquipier en dépensant un cœur.
À la fin de son tour, le joueur pioche des cartes de son deck afin de ramener sa main à trois cartes. La partie se poursuit ensuite avec le joueur suivant.

Les decks s’épuisent rapidement!
Il faudra donc en acquérir de nouveaux pour survivre et atteindre les objectifs. Lorsqu’un joueur parvient à placer une carte dans le dernier emplacement libre d’une rangée, il choisit le deck (composé de 8 cartes) de l’un des Éternels présents sur cette rangée et le place sous sa pioche. Ce dernier se réveille!
Ce qui est particulièrement intéressant, c’est que chaque deck d’Éternel réveillé déclenche une malédiction. Celle-ci se traduit par une interdiction de jouer certaines cartes (valeur, couleur ou rareté) pour l’ensemble des joueurs. À noter qu’il existe des Éternels A (4), des Éternels B (4) et des Éternels C (4).
Magie! On ne sait pas quelle carte sera piochée lorsqu’un joueur prend possession d’un deck d’Éternel. Toutefois, on peut reconnaître ces cartes grâce à leur dos distinctif. Enfin, chaque Éternel possède sa propre capacité.
Voici les différents paliers du jeu:
– « A » Découvrir les Éternels, les Champs et le pouvoir des étoiles;
– « B » et « C » Introduction des Clefs, de leur fonctionnement, ainsi que les Énigmes et du labyrinthe;
– « D » Vaincre le Gardien de la porte;
– « E » Propose un deck inconnu constitué de cartes prises au hasard dans un deck de toutes les couleurs et valeurs. Il faut collaborer pour surmonter l’Épreuve silencieuse.
– « F » Le Réveil du Dragon pour regagner notre monde.
Comme je le mentionnais, il s’agit d’un jeu à communication limitée. Il est interdit de parler directement des cartes Énergie en main (leur valeur ou leur couleur). En revanche, il est permis de discuter des cartes Rares ou des capacités que l’on possède. Il est également possible de parler des cartes déjà jouées sur le Champ, déposées dans la Rivière ou utilisées pour créer un joyau. Vous l’aurez compris, il faut apprendre à décoder les indices laissés par les autres joueurs à l’aide des disques de communication. Ceux-ci peuvent être placés ou récupérés à tout moment afin de signaler ses intentions.

OK, et le jeu se termine quand?
Une partie peut se remporter tous ensemble ou bien être perdue.
Tous les joueurs perdent :
– Si un joueur ne peut pas effectuer à son tour l’une des trois actions;
– ou si un joueur pioche la carte Défaite de la zone Bonus de la Rivière.
Tous les joueurs l’emportent lorsqu’ils gagnent leur quatrième Étoile!

C’est tout?
Il faut savoir que l’on peut jouer à ce jeu en mode entrainement. Un mode sympa pour se préparer à la rencontre des éternels. Le jeu propose différentes mises en place (trois éternels, 3 joueurs, 2 joueurs et solo). Ainsi que quatre modes de difficulté allant de débutant à pro.
Un autre jeu dans le même univers, mais bien distinct sera disponible cette année. Il se nomme Eternal Sevens. Ce jeu semble être une reconstruction moderne du jeu « Sevens ».

Ce que je pense du jeu Eternal Decks?
J’ai découvert Eternal Decks dans un contexte un peu particulier. Lors d’un événement ludique où je devais l’animer sans y avoir encore joué… Oui, oui. Le genre de situation où tu lis les règles, tu fais confiance à ton instinct et puis tu te lances. Et honnêtement, ça s’est super bien passé. J’ai eu beaucoup de plaisir à le faire découvrir aux gens, à voir leurs réactions, à observer leurs premières réflexions et les étoiles dans leurs yeux. Mais surtout, ça m’a donné envie d’y jouer pour vrai. Parce que derrière cette première approche très “présentation”, je sentais déjà qu’il y avait quelque chose de plus profond. Une petite étincelle de “ok, lui, je vais vouloir y revenir”.

Élégant ce jeu!
Dès le départ, Eternal Decks frappe avec son esthétique. La boîte est magnifique, les illustrations sont abstraites et élégantes. On est clairement dans quelque chose de soigné, de moderne, qui attire l’œil sur une table et pas qu’un peu. Le matériel est aussi au rendez-vous : les cartes sont agréables, l’iconographie est claire (et ça, dans un jeu comme celui-ci, c’est essentiel). Je vais vous le dire, j’ai eu un gros wow pour le tapis de jeu. C’est le genre de composant qui fait une vraie différence dans l’expérience.
Par contre, je dois le dire : j’aurais aimé que la thématique soit plus présente. On est dans quelque chose de très abstrait, et même si ça fonctionne mécaniquement, ça reste un peu froid. J’ai aussi un autre petit bémol concernant la mise en place. Elle est un peu longue, et l’insert n’aide pas vraiment à organiser les différents decks. On aurait clairement pu avoir une boîte mieux pensée pour accélérer tout ça. J’ai demandé à mon conjoint de m’imprimer un insert à la Dominion et je vous le dis, c’est vraiment plus efficace!

Facile à expliquer, mais pas simple de gagner!
Côté règles, rien à redire. Celles-ci sont faciles à expliquer et plutôt intuitives. C’est un gros point fort, surtout pour un jeu qui propose ce niveau de profondeur. Et cette profondeur, elle vient notamment du mélange très réussi entre le deck-building et le puzzle de placement. Les deux mécaniques sont vraiment bien imbriquées, ce qui donne une expérience fluide et cohérente.
Par contre, il faut accepter une chose : la part de hasard liée à la pioche. Et parfois, elle peut être frustrante. Tu peux avoir un plan en tête, bien structuré… Avoir une équipe de feu qui travaille bien ensemble, mais la carte tant attendue ne vient jamais. Ça fait partie du jeu, mais ça peut en agacer certains, surtout les joueurs qui aiment tout contrôler. De mon côté, c’est tout pardonné parce que j’adore le jeu!

Eternal Decks, un jeu coop qui vaut le détour?
Là où Eternal Decks se démarque vraiment, c’est dans son expérience coopérative. On est dans un jeu de type casse-tête, où la communication est limitée. Résultat : l’interaction est indirecte, et ça fonctionne étonnamment bien. On doit observer, interpréter, décoder les intentions des autres joueurs. Et ça, ça crée une dynamique vraiment intéressante autour de la table.
Je ne suis pas une grande joueuse de jeux coopératifs, parce qu’il y a souvent un joueur qui prend toute la place et ça gâche mon plaisir. Ici, je vous le dis, il n’y en aura pas! C’est impossible pour une personne de tout contrôler, et ça rend l’expérience beaucoup plus agréable pour tout le monde. MERCI! Dans ce jeu, chacun reste impliqué du début à la fin, et ça, c’est précieux. L’ambiance est très axée sur la réflexion, la coordination et l’adaptation constante. On va se le dire : ça demande de la concentration… et une bonne mémoire des cartes aide énormément. Ce n’est clairement pas un jeu pour décrocher après une grosse journée.

Rejouabilité quand tu me tiens!
La rejouabilité est aussi un gros point fort. Grâce aux différents niveaux et à la modularité du jeu, on peut ajuster la difficulté et renouveler l’expérience sans cesse. C’est le genre de jeu qui se bonifie avec le temps. Les premières parties servent à comprendre, à apprivoiser les mécaniques. Puis, tranquillement, tu développes des réflexes, des stratégies, une meilleure lecture du jeu.
C’est là que Eternal Decks révèle tout son potentiel. Mais attention : c’est un jeu à consommer avec modération. Trop enchaîner les parties peut devenir mentalement exigeant ou amener un sentiment d'”écœurantite”. Bon, je vous le dis, il faut accepter que ce jeu ne soit pas fait pour tout le monde. Si tu n’aimes pas les puzzles, la communication limitée ou les jeux coopératifs, il y a de fortes chances que tu passes à côté et c’est correct. Par contre, moi qui d’habitude n’aime pas les jeux coop, j’ai ADORÉ!

En conclusion:
Eternal Decks est un jeu intelligent et pas qu’un peu. Il est exigeant et profondément satisfaisant, mais très ciblé. Ce jeu brille par son originalité, sa tension stratégique et son expérience coopérative sans joueur dominant. Il demande de l’investissement, de la concentration et une certaine ouverture à l’abstraction.
De mon côté, j’ai vraiment aimé y revenir après quelques parties, et c’est là que j’ai le plus apprécié ce qu’il propose. J’ai dévoré tous les niveaux et je vous le recommande! Les amateurs de casse-têtes coopératifs bien ficelés, vous trouverez qu’Eternal Decks est bien solide et qu’il mérite clairement qu’on s’y attarde.
Bref, si vous aimez les jeux de cartes coopératifs, la communication limitée et le deck building, alors Eternal Decks est pour vous!

On aime Eternal Decks pour:
– Le look de la boîte et les illustrations abstraites et élégantes;
– Les règles du jeu faciles à expliquer;
– Le matériel de bonne qualité et on adore l’iconographie claire;
– La rejouabilité excellente en raison de la modularité du jeu;
– Le fait de pouvoir ajuster la difficulté;
– L’ambiance axée sur la réflexion, la coordination et l’adaptation constante des joueurs;
– Le fait qu’il s’agit d’un jeu de type casse-tête coopératif accessible;
– L’interaction indirecte malgré la communication limitée entre les joueurs. Ici on doit décoder le jeu des autres, sans communiquer;
– Le fait de ne pas avoir de joueur alpha pour tout contrôler;
– Les contraintes dans le jeu qui nous forcent à bien planifier;
– Le jeu fonctionne peu importe le nombre de joueurs (équilibré);
– La mécanique de deck building et de puzzle de placement qui sont bien imbriquées;
– Le fait qu’il s’agit d’un jeu fluide et qu’il se joue bien.

On aime moins Eternal Decks pour:
– La part de hasard relié à la pioche qui peut être frustrante;
– La mise en place qui est un peu longue;
– Le rangement de la boîte, qui est désastreux, un insert pour bien classer les paquets de cartes aurait été fabuleux;
– Le fait qu’il demande beaucoup de concentration pour y jouer.
On aurait aimé:
– Une thématique plus présente dans le jeu, car elle est abstraite.
Il est à noter que:
– Il s’agit d’un jeu que vous allez apprécier après plus d’une partie. On recommande d’y jouer de manière modérée, car il a un vrai potentiel! Si vous n’aimez pas les jeux de type puzzle, à communication limitée et jouer en coopératif, alors il vaut mieux jouer à un autre jeu.

Merci à notre partenaire Pierre Belvédère de nous avoir offert
une copie du jeu Eternal Decks pour cette chronique.

Nous vous invitons à découvrir d’autres jeux de ce distributeur
en lisant notre chronique sur le jeu Kings Tricktakers.

