Tangram City est un jeu de logique et de construction dans lequel vous devez empiler des formes inspirées du tangram pour bâtir une ville prospère. Simple à expliquer, mais riche en défis, il met à l’épreuve votre sens de l’observation et votre capacité à optimiser l’espace. Parviendrez-vous à construire harmonieusement sans dépasser les limites ?
Tangram City
Auteur: Uwe Rosenberg;
Illustrateur: Makoto Takami;
Éditeur: Atalia et Huch!;
Distributeur: Pierre Belvédère;
Nombre de joueurs: 1 à 5 joueurs;
Durée: 10 à 40 minutes;
À partir de: 8+;
Thématiques: Tangram, ville et construction;
Mécaniques: Jeu de placement de tuiles, de grille carrée, de bonus de fin de partie et de casse-tête.

C’est quoi le but?
Le but est de marquer le plus de points à la fin de la partie. Le tout en plaçant astucieusement vos pièces sans dépasser la hauteur limite. Simple à expliquer, mais riche en défis, il met à l’épreuve votre sens de l’observation et votre capacité à optimiser l’espace.

Comment on joue à Tangram City?
Une partie de Tangram City se déroule en 6 manches, dont 5 régulières et 1 manche finale. À chaque manche, 4 cartes sont révélées successivement pour déterminer les tuiles que chaque joueur devra utiliser.
Pour chaque carte révélée, tous les joueurs sélectionnent la tuile correspondante dans leur réserve personnelle. Ces tuiles, sont ensuite placées simultanément sur le plateau de chacun. Les règles de placement sont simples : aucun chevauchement ni dépassement du plateau n’est autorisé, mais la rotation et le retournement des tuiles sont permis.
À la fin de chaque manche, une tuile Fontaine est ajoutée par chaque joueur à leur plateau, ce qui peut influencer la stratégie de construction pour les manches suivantes. De plus, un décompte intermédiaire est effectué à la fin de chaque manche. Les joueurs marquent des points en fonction de la taille de leur plus grand rectangle de cases entièrement construites.
N’oubliez pas de surveiller l’équilibre des couleurs!
En effet, les joueurs doivent veiller à équilibrer les zones noires et vertes pour ajuster leur marqueur d’équilibre, ce qui aura une incidence sur leur score final.
Les manches vont toutes se jouer de la même manière, toutefois lors de la dernière manche, 3 cartes seront révélées simultanément. Les joueurs devront placer ces trois tuiles, ainsi que leur dernière tuile Fontaine, pour clore leur construction.
Le décompte final
Il combine les points des rectangles construits, ceux des bonus pour les deux objectifs : remplir entièrement le plateau (15 points) et maintenir un bon équilibre entre les tuiles noires et vertes (jusqu’à 20 points). Le joueur ayant le score le plus élevé remporte la partie.

Ce que je pense du jeu Tangram City?
Tangram City est un jeu qui combine habilement réflexion spatiale, optimisation et esthétique zen. À première vue, on pourrait croire à un énième jeu de tuiles abstrait. Pourtant, il cache une belle profondeur sous ses formes géométriques. Après plusieurs parties en famille et entre amis, voici mon avis.
Tangram City brille par la richesse de ses choix tactiques. Chaque manche propose une série de quatre cartes qui définissent les tuiles à placer. Ces tuiles, inspirées du Tangram, doivent être agencées de façon optimale sur un plateau limité à 7×7 cases. Ce casse-tête évolue au fil des manches et oblige le joueur à penser à la fois en deux dimensions et à long terme.
Le cœur stratégique du jeu repose sur trois éléments : la construction de rectangles, la gestion des couleurs (noir et vert), et l’optimisation de l’espace. Dans ce jeu, chaque décision compte! Faut-il privilégier une belle zone continue de même couleur? Sacrifier quelques cases pour garder un bon équilibre ? Devrait-on bloquer certaines zones pour maximiser les points en fin de manche ou bien garder des espaces ouverts pour la dernière manche ? Plusieurs petits dilemmes auxquels vous serez confondus. Personnellement, j’adore!
Rejouable et satisfaisant!
De plus le marqueur d’équilibre entre noir et vert est une mécanique subtile qui nous pousse à varier les placements. Je trouve qu’on évite ainsi la monotonie durant la partie. J’ajouterais que cette dimension pour compter des points de manière incite les joueurs à faire des choix à long terme. C’est d’ailleurs très satisfaisants une fois maîtrisés!
Globalement, mon intérêt pour le jeu ne faiblit pas au fil des parties, bien au contraire. Plus on y joue, plus on affine notre lecture du plateau et notre anticipation. D’accord, le hasard est tout de même présent durant la partie. On ne sait pas quels tuiles seront révélées, mais ça ajoute une touche de piquant.

Abstrait, zen et efficace!
On ne se mentira pas, Tangram City est un jeu abstrait. On n’y trouvera pas de figurines, pas de textes d’ambiance, ni ressources flamboyantes. Pourtant, l’immersion naît d’une forme de méditation tactique. En effet, dès que les premières tuiles sont placées, on entre dans notre bulle de concentration. L’esthétique épurée du matériel y contribue grandement, les couleurs sobres, les lignes nettes et le style minimaliste font écho à l’univers zen et géométrique du tangram.
Je trouve aussi que le sentiment d’immersion intérieure est renforcé par l’absence de temps mort. Bien que chaque joueur révèle une carte tour à tour, tous les joueurs jouent simultanément. J’adore vraiment ce point. Le tout dans une ambiance calme mais tendue ironiquement. On se surprend même à analyser toutes les options. On manipule et tourne nos pièces dans tous les sens pour réaliser le placement optimal. Cela dit, certains joueurs pourraient reprocher au jeu son manque de thème. La “ville” qu’on est censé bâtir n’est qu’une abstraction. On aurait pu imaginer quelques éléments visuels ou narratifs pour renforcer la thématique, mais ce choix de sobriété est parfaitement assumé.

Un jeu solitaire?
C’est sans doute le point le plus divisant du jeu. Tangram City est un jeu très solitaire, voire multisolo. En effet, tous les joueurs reçoivent les mêmes cartes, prennent les mêmes tuiles et jouent simultanément sur leur propre plateau, sans possibilité d’influencer les autres. Il n’y a ni blocage, ni compétition directe. Ici, on prend et on place des tuiles de la meilleure manière possible pour faire le plus de points possible. Vous pouvez toujours observer l’avancement de l’adversaire en y prêtant attention, mais pour ce que ça va changer…
Cela pourra plaire à ceux qui aiment les jeux de réflexion sans confrontation, mais risque de décevoir les amateurs de taquineries et d’interactions dynamiques. Ce style de jeu s’adresse aux joueurs qui aiment autant se mesurer à eux-mêmes qu’à leurs adversaires. Pourtant, il fonctionne très bien peu importe sa configuration. Il faut juste s’assurer de respecter la gestion des cartes, car celle-ci change en fonction du nombre de joueurs.
Interaction aussi indirecte + une courbe d’apprentissage!
Ceci dit, l’interaction indirecte est présente lors des décomptes. On compare nos performances, les rectangles construits et les niveaux d’équilibre. Ce moment de tension et de comparaison donne malgré lui, un petit boost compétitif au jeu. J’ajouterais que vous pouvez jouer à ce jeu avec des plus jeunes. À ce stade, vous pourrez discuter des stratégies à adopter pour la manche suivante. Il y a une bonne courbe d’apprentissage dans ce jeu autant pour les adultes que les enfants. Dès la fin de la partie, tout le monde avec qui j’ai joué n’avait qu’une seule envie. Rejouer pour battre son score!

Accessible à tous!
Un des grands atouts de Tangram City, c’est son accessibilité. Les règles s’expliquent en 5 minutes et le jeu se prends en main dès les premières manches. Le matériel est clair, la mise en place rapide et le format compact le rend facile à sortir pour une partie rapide. En effet, tout le matériel de chaque joueur se range dans un sac pour faciliter la mise en place.
C’est aussi un jeu sans texte, ce qui le rend multilingue. Il convient à un public varié et peut être joué dès 8 ou 9 ans. Surtout si l’enfant est habitué aux jeux de logique! Les adultes y trouveront aussi leur compte grâce à la courbe de progression et au défi spatial constant. Les plus jeunes peuvent d’ailleurs s’améliorer rapidement en jouant avec des adultes plus expérimentés, sans se sentir dépassés. Enfin, Tangram City est également très épuré visuellement, ce qui le rend agréable à manipuler pour tout le monde et même les personnes sensibles à la surcharge graphique.

En conclusion
Tangram City est une belle surprise pour moi. Avec son mélange de puzzle spatial, de stratégie progressive et de système de pointage, il parvient à se démarquer sans artifices. Ce n’est pas un jeu qui mise sur l’ambiance, mais plutôt un jeu qui apaise l’esprit tout en le mettant au défi. Il conviendra parfaitement aux amateurs de jeux de tuiles comme Alice’s Garden ou Patchwork, aux familles à la recherche d’un casse-tête accessible à tous, ainsi qu’aux joueurs qui aiment se dépasser en solo.
Bref, si vous aimez les jeux de réflexion épurés, intelligents, où chaque décision compte alors, Tangram City est pour vous!

On aime Tangram City pour:
– Le look de la boîte et les illustrations sont élégantes et zen;
– Les règles du jeu sont bien décrites et faciles à assimiler;
– Le matériel est robuste et de bonne qualité;
– La rejouabilité est excellente;
– L’ambiance est axée sur la réflexion, l’analyse et l’optimisation;
– Le fait qu’il s’agit d’un jeu accessible à tous et intergénérationnelle;
– L’interaction très limitée qui nous permet de se concentrer sur son tableau;
– La thématique discrète et sans histoire;
– La mécanique qui est bien équilibrée, simple, mais profonde;
– Un jeu qui se joue en simultané;
– Le fait que ce soit un jeu fluide, sans temps mort et qu’il se joue bien.

On aime moins Tangram City pour:
– L’expérience de jeu qui se veut très solitaire;
– La thématique plaquée;
– Le temps de réflexion de certains joueurs qui ralenti le rythme.
On aimerait:
– Une variante pour pimenter l’expérience.
Il est à noter que:
– Si vous êtes une personne allergique au hasard, alors vous pourriez ne pas aimer ce jeu;
– Il s’agit d’un jeu sans interaction, les joueurs en quête d’une grande compétition risque de trouver le jeu trop solitaire;
– Si vous n’avez pas une bonne visualisation spatiale ou avez du mal à planifier et optimiser vos tours, alors ce n’est pas le jeu pour vous.

Merci à notre partenaire Pierre Belvédère de nous avoir offert
une copie du jeu Tangram City pour cette chronique.

Nous vous invitons à découvrir d’autres jeux de ce distributeur
en lisant notre chronique sur le jeu Balconia

