Vous êtes prisonniers d’un donjon. Un donjon tenu par des petits animaux mignons, MAIS MÉCHANTS. Vous êtes des insectes et vous êtes leurs repas. Vous devez vous enfuir pour ne pas terminer dans l’assiette d’une de ces bêtes poilues. Armez-vous et frayez-vous un chemin à travers tous les obstacles du donjon. Les renforts vous attendent sur le toit. En route vers la liberté dans Bug Run!
Bug Run
Auteurs: Frank Crittin, Grégoire Largey et Sébastien Pauchon;
Illustrateur: Felideus Bubastis;
Éditeur: Bombyx;
Distributeur: ÎLO;
Nombre de joueurs: 2 à 6 joueurs;
Durée: 60 minutes;
À partir de: 10 ans+;
Thématiques: Insectes, animaux, combat et fantastique;
Mécaniques: Jeu d’alliance, de pouvoirs et mise en place variables, de combat, de déplacement, de points d’action et de de pousse ta chance.

Mise en place.
C’est quoi le but?
Une partie de Bug Run se divise en 4 manches qui représentent les 4 étages du donjon. Les joueurs doivent combattre des animaux et accomplir des défis afin de se rendre à la sortie sur le toit du donjon.

Pion de la chenille et quelques jetons
Comment on joue à Bug Run?
Pour chaque manche, des cartes monstres et exploration sont placées en fonction du détail de la carte niveau pigée en début de partie (parmi les 9). Une manche (ou un niveau) se divise en 4 phases :
Échoppe : Elle permet aux joueurs d’acheter et vendre des équipements (armes, boucliers, potions, etc.).
Aventure : C’est là le gros du jeu où les joueurs devront traverser l’étage en cours du donjon.
Phase “Escaliers” : Lorsque tout le monde est rendu aux escaliers, il est possible qu’une bagarre éclate entre les joueurs selon les indications de la carte.
Phase Réinitialisation : La carte Escalier est retournée et est placée sur le côté du plateau principal pour former le chemin du toit. Puis, on crée un nouvel étage selon la carte niveau.
Phase Aventure
En partant du premier joueur, chacun doit faire une action à son tour. Soit il effectue un déplacement, soit il effectue une action de la carte où il se trouve. Lorsqu’on se déplace, on part de la gauche vers la droite et on ne peut pas revenir en arrière. Pour s’arrêter sur une carte, un emplacement doit être disponible et parfois, il y a un coût ou une récompense pour les emplacements. Il y a parfois des cartes passerelles. On choisit d’emprunter le chemin sûr (pour une petite récompense) ou le chemin risqué (pour une plus grosse récompense ou rien du tout en fonction d’un pile ou face). Les joueurs peuvent s’arrêter sur une carte monstre, aventure ou escalier.

Pion araignée, carte épée et carte monstre.
Cartes Monstres
Battre un monstre peut donner plusieurs récompenses. Il faut avant tout déterminer si on l’attaque au corps-à-corps ou à distance. L’emplacement où l’on se trouve peut nous forcer à l’une des deux façons. En corps-à-corps, on peut s’exposer à une riposte de l’ennemi. En attaque à distance, nous devons disposer de flèches pour pouvoir attaquer. Dans les 2 cas, lors d’une attaque, on doit rouler nos dés et obtenir au moins une réussite, sinon c’est raté. Si l’on obtient au moins une réussite, on additionne le nombre d’icône obtenues par les dés et nos équipements. Ce sont les dégâts faits à l’ennemi (certains ont des boucliers pour les réduire.). Lorsqu’un monstre est battu, une phase “Flash” se déclenche par le joueur ayant porté le coup final. Chaque joueur présent obtient une récompense indiquée en commençant par le joueur “flash”. Un joueur peut obtenir plusieurs récompenses.
Cartes Aventures
Les cartes Aventures peuvent être différentes épreuves. Sans toutes les expliquer dans le détail, il y en a plusieurs qui relèvent de la chance. Dans quelques-unes, nous devons faire un pile ou face avec le jeton “flip”. Certaines épreuves demandent de dépenser des flèches et de rouler un dé pour savoir si on atteint une cible. Dans d’autres cas, des récompenses peuvent être disponibles gratuitement ou à un certain coût. Lorsqu’on parle de récompenses dans Bug Run, cela peut être de l’argent, des flèches, des points de victoire, de la vie ou des cartes butins. Ces dernières peuvent être des équipements, des capacités à usage unique ou des points de victoire.
Cartes Escaliers
Au bout de l’étage se trouve une carte escalier. Lorsqu’on y arrive, on choisit un emplacement. Si on arrive tôt comparativement aux autres joueurs, on gagnera une récompense à chaque tour. Si une icône de bagarre est présente, il faut choisir dans quelle équipe nous placer en arrivant sur la carte. Quand tout le monde sera là, un combat se déclenche et tous les joueurs tirent leurs dés. L’équipe ayant le plus de réussite se partage équitablement la récompense.

Exemple de chemin pour l’évasion finale
OK, et le jeu se termine quand?
Rendu sur le toit, les 4 cartes Escaliers vont former un plan avec plusieurs chemins. Pour l’évasion finale, chaque joueur choisit un point de départ en bas du plan et essaye de monter le plus haut. Il doit réussir toutes les conditions (attaques, flèches, argent, pile ou face, etc.). Dès qu’une condition est échouée, la fuite s’arrête là et le pion est placé sur le nombre de points de victoire face à l’endroit où s’est arrêté le joueur. Quand tout le monde a complété l’évasion finale, on fait le décompte des points de victoires en additionnant l’évasion finale, les jetons et les cartes. Le joueur ayant le plus de points remporte la partie de Bug Run.

Plateau joueur de la chenille
C’est tout?
Il y a une variante lorsqu’on joue à 2 joueurs. Au lieu de jouer chacun un personnage, chaque personne en contrôlera deux. Chaque joueur choisit lequel de ses 2 personnages jouera en premier. À son prochain tour, ce sera l’autre qu’il utilisera. Pour les bagarres d’escalier, chaque joueur formera une “équipe” avec ses 2 personnages.
Également, il est possible de jouer avec les pouvoirs variables. Chaque insecte (et arachnide) possède une capacité spéciale unique. On a le choix de jouer sans ou avec selon l’expérience de joueurs.

Ce que je pense du jeu Bug Run?
Quand j’ai pris la boîte du jeu dans mes mains pour la première fois, je l’ai trouvé lourde pour son format. Ma première impression était que le jeu était plus complexe que ce qu’il en avait de l’air. OK oui, la mise en place va prendre un petit peu de temps, car il y a plusieurs paquets de cartes à mélanger et à placer (8-9 paquets). Mais il ne faut pas paniquer! Il y a certaines redondances dans le tout et cela s’apprend assez bien. Bug Run est un beau jeu amusant et je vous explique pourquoi.
Matériel et look de Bug Run
On a ici un style artistique assez cartoonesque. Ça va de soi avec la thématique du jeu. Bug Run se veut un jeu d’insectes contre des animaux dans un donjon. C’est “comique” comme thématique et les illustrations le montrent très bien. Toutes les créatures du jeu ont été illustrées selon un thème fantastique et certaines sont un peu rigolotes. Pour un jeune public, on vise dans le mille avec ce style de dessins.
Pour la qualité de ce qui se trouve dans la boîte, je n’ai pas grand-chose à dire de négatif. Les cartes sont de très bonne qualité et les jetons sont en cartons épais. Les plateaux des joueurs sont à double épaisseur avec des trous pour y placer des cubes et qu’ils y restent en place. Il y a même une “boîte” de rangement à l’intérieur pour les cartes et jetons pour éviter que le tout se promène partout si on n’a pas d’élastique ou assez de sacs (mais qui n’a pas une réserve de sacs avec sa ludothèque!!).

Carte monstre, pion guêpe, dés d’attaque et jetons de points de victoire
À qui s’adresse Bug Run?
Par sa thématique, on va cibler principalement un jeune public (adolescents), mais en tant qu’adulte dans la trentaine, j’y trouve mon compte aussi. Le livre de règles est quand même un peu long à lire et cela peut prendre un peu de temps à expliquer à notre groupe. Mais au moins, tout est clair. Je n’ai pas trouvé d’ambiguïté flagrante. Le système de combat est ce qui est le plus “difficile” à expliquer, mais une fois qu’on en a fait quelques-uns, ça se prend bien en main. Pour le nombre de joueurs, Bug Run a bien été pensé. Si on est 2, on joue comme si on était 4, donc on évite l’accès trop facile à des cartes. Si on est 5 ou 6, la carte niveau propose des “sous-étages” où l’on peut se séparer en sous-groupes.
Dans une partie, nous allons souvent se disputer les emplacements disponibles sur les cartes (c’est un peu le but). Pour certaines cartes Aventures, c’est premier arrivé, premier servi (et parfois, personne d’autre ne peut en profiter). Pour les monstres, on va essayer de prendre les emplacements les plus avantageux et surtout, de porter le coup final. Cela nous permet de se servir en premier dans les récompenses (et parfois d’en avoir plus). C’est cette ambiance qu’on va avoir autour de la table : un groupe d’opportunistes qui essaie de profiter le plus de ce qu’il y a ou d’être le premier à se récompenser. Les interactions directes entre joueurs sont existantes, mais peu nombreuses. Je pense surtout à quelques cartes butin et à la bagarre dans les escaliers.

Cartes potions.
Des dés et pile ou face, il faut être chanceux non?
Lorsqu’on combat un monstre, on peut avoir de super armes puissantes, mais manquer notre tir de dés et ne pas attaquer du tout. Donc, oui il y a de la chance. Mais! Statistiquement, on a 3 chances sur 4 de réussir une attaque. De plus, il est possible d’obtenir des cartes à l’échoppe ou dans le butin pour nous permettre de retirer nos dés (là les chances augmentent à 93% de réussir). Pour les épreuves où l’on a à faire pile ou face, évidemment on a une chance sur 2. Quelques cartes du butin peuvent nous donner une réussite automatique.
Je crois que tous ces aspects de hasard sont là pour mitiger un peu l’avance qu’un joueur peut obtenir en termes de force et de récompenses. Dans Bug Run, il est difficile d’avoir un mauvais départ et de traîner de la patte tout le long de la partie. Avec la portion de “chance”, on a des occasions de se rattraper. Et pour plusieurs épreuves (tenter un chemin moins sûr, une partie de “poker”, etc.), il est thématique que le hasard fasse partie des mécaniques de jeu.
Personnellement, j’aime bien le dosage de “pousse ta chance” ici. Si jamais, on ne réussit pas à attaquer un monstre, on peut aller au prochain ou tenter des épreuves. Aussi, on peut rater une tentative, un autre joueur réussit la sienne, puis tu tentes à nouveau et réussi à porter le coup final. Parfois, cela peut être bénéfique de rater. Certains ennemis ont des ripostes si on est au corps-à-corps. On peut éviter cela en attaquant à distance, mais on doit avoir des flèches. Si tu veux éviter le risque, équipes-toi bien avant.

Une carte Aventure où l’on doit payer une vie pour l’une des 5 récompense.
On y (re)joue avec qui?
La variante des pouvoirs variables peut ajouter un petit plus aux parties. Ça ne changera pas entièrement les parties, mais c’est agréable. Pour ce qui de la rejouabilité, on est servi! Il y a 9 cartes Niveau qui présentent des dispositions de cartes différentes (et le verso est aussi différent pour les parties à 5-6 joueurs). Et ensuite pour chaque étage, on va affronter entre 2 et 4 monstres au hasard parmi les 10 (40 au total) et il y a 24 cartes Aventures. Là, je ne ferai pas de calculs, mais les possibilités sont énormes. On aura des parties différentes à tout coup.
Bug Run est un jeu qui se joue en famille (parents et enfants) ou entre amis. Par la thématique et les mécaniques, je vois moins bien des grands-parents y jouer (mais ne vous y empêcher pas si vous aimez cela!). J’ai toujours eu de la difficulté avec les durées proposées sur les boîtes de jeu. Pour moi, Bug Run se joue en 90 minutes environ. Dans une après-midi ou soirée de jeux, il pourrait être considéré l’un des 2 jeux principaux. Sans être un jeu de mathématiques, pour les plus jeunes, Bug Run peut nous montrer les principes des probabilités.

Jeton “flip” (pour les pile ou face).
En conclusion:
Nous avons bien aimé Bug Run de notre côté. Il allie bien l’aspect fantastique et le thème des animaux/insectes. On a une bonne dose de hasard qui ne vient pas plomber le jeu (et de toute façon, si je suis très malchanceux dans un jeu, je viens à en trouver ça drôle et j’essaye de m’enfoncer le plus possible!). Bug Run est un jeu accessible de combat et une thématique qui peut rejoindre un grand public. Ce fut une belle découverte pour nous et je ne manquerai pas de le ressortir à l’occasion!
Bref, si vous aimez les jeux à thématique comique et fantastique, avec du combat et de la chance, alors Bug Run est pour vous!

On aime Bug Run pour:
– Le look de la boîte et les illustrations qui sont très bien faites et qui annoncent bien la thématique;
– Les règles du jeu qui sont très bien expliquées et avec un index pour toutes les cartes;
– Le matériel de bonne qualité et un rangement dans le boîte;
– La rejouabilité très élevée avec des milliers (voir millions) de possibilités;
– L’ambiance compétitive et d’opportunisme;
– Le fait qu’il s’agit d’un jeu accessible à tous (familles et amis);
– L’interaction quelque peu limitée entre les joueurs qui nous force plus à profiter du succès des autres;
– Le fait que le jeu soit “gros”, mais dans une boîte relativement petite;
– La thématique fantastique et des insectes qui se battent contre des animaux. C’est comique et de bon goût;
– La mécanique de jeu de combat relativement simple et une bonne dose de hasard;
– Le fait qu’il s’agit d’un jeu fluide, qu’il se joue bien.

On aime moins Bug Run pour:
– Le manque de difficulté ressenti par rapport à beaucoup d’ennemis (peu de conséquences si on rate nos attaques);
– L’absence d’aide-jeu pour expliquer les symboles.
On aimerait:
– Une extension qui nous permettrait de jouer dans différents donjons (différents monstres et façons de s’échapper au lieu de parcourir 4 niveaux).
Il est à noter que:
– Si vous êtes une personne allergique au hasard, alors vous pourriez ne pas aimer ce jeu;
– Si vous n’aimez pas être embêté par les autres joueurs (l’opportunisme), alors il vaut mieux éviter ce jeu.

Merci à notre partenaire ÎLO de nous avoir offert
une copie du jeu Bug Run pour cette chronique.

Nous vous invitons à découvrir d’autres jeux de ce distributeur
en lisant notre chronique sur le jeu Camarades.

