Au cœur de la forêt verdoyante de Kingdom Crossing serpente la rivière Cristalline. Elle sépare le Royaume de Clairesource en quatre régions reliées par sept ponts. La Reine Castorette, fait face à un casse-tête : comment visiter équitablement chacun de ses habitants sans pouvoir emprunter deux fois le même pont dans une journée?
Votre mission est simple : l’aider à bâtir un huitième pont. Parcourez le royaume, recrutez des artisans talentueux, récoltez les ressources nécessaires et ajoutez des décorations. Le tout en planifiant soigneusement vos déplacements!
Kingdom Crossing
Auteurs: Marco Canetta et Stefania Niccolini;
Illustrateur: David Sitbon;
Éditeurs: Sorry We Are French, Gigamic;
Distributeur: Randolph;
Nombre de joueurs: 1 à 4 joueurs;
Durée: 45 à 90 minutes;
À partir de: 14+;
Thématiques: Forêt, animaux, Reine, ponts et royaume;
Mécaniques: Jeu de plateau, de déplacement d’ouvrier et de ressources, de points d’action, de programmation, de mouvement sur piste, de revenu (income), de construction de moteur, de collection, de bonus de fin de partie et de contrats.

C’est quoi le but?
Au terme de quatre manches, marquer le plus de points. En accomplissant diverses actions et en remplissant des objectifs communs et personnels durant la partie.

Comment on joue à Kingdom Crossing?
Une partie se joue en quatre manches, chacune découpée en trois phases bien distinctes :
Le matin
Dans l’ordre du tour, on commence par récolter ses revenus. Puis on fait apparaître les oiseaux dans la forêt.
La journée
À partir du premier joueur, chacun réalise quatre actions (une à la fois). Pour agir, on choisit une tuile Action à gauche de son plateau. Puis on décide entre se reposer (pour gagner le nombre de pièces indiqué) ou bien travailler (pour traverser un certain nombre de ponts).
Le soir
Toujours dans l’ordre du tour, si l’ouvrier termine dans une région où le joueur possède une maison, alors celui-ci peut sélectionner un revenu à recevoir. Ensuite, on récupère son castor pour la manche suivante.
Il faut savoir que le plateau est divisé en quatre régions, qui sont reliées entre elles par sept ponts. Dans celles-ci, il est possible de recruter des Personnages ou d’activer des Structures. Dans les deux cas, on va ajouter une carte à son plateau personnel. Certaines cartes ont un coût varié et d’autres sont gratuites. Les cartes vont vous permettre d’obtenir des ressources, de l’argent, des points ou de réaliser un effet immédiat. L’ouvrier (le castor) se déplace d’une région à l’autre durant la partie en traversant les ponts. Attention, il est interdit de repasser sur un pont ayant déjà été emprunté!

C’est en travaillant que l’on va se déplacer d’une région à l’autre!
Il est possible d’utiliser la montgolfière pour pouvoir placer les 7 marqueurs Patte sur le plateau principal. Son coût? Entre 3 et 10 pièces! L’argent est super important dans le jeu Kingdom Crossing. On peut en faire de diverses manières, mais ce n’est pas aussi simple qu’il n’y parait.
Enfin, s’il y a un jeton oiseau sur une carte que l’on choisit, il suffit de le prendre, d’appliquer son bonus et de garder le jeton dans sa réserve personnelle. Ceux-ci peuvent servir dans certains objectifs (pont et tuiles faveur de la reine). En début de chaque manche, une carte faveur de la Reine sera retournée face visible sur le plateau Arbre. Chaque carte offre un bonus, seul le premier à jouer la tuile correspondante pourra obtenir le bonus, mais, en prime, deviendra le premier joueur de la prochaine manche. Le plateau Arbre contient aussi les tuiles Objectifs Pont. Ce sont 6 objectifs communs à réaliser durant la partie pour construire le 8e pont. Tel une course aux objectifs, le premier à réaliser l’un d’eux placera son jeton sur l’emplacement donnant le plus de points.
De plus, lorsqu’un joueur parvient à réaliser les deux tuiles Objectifs qui sont côte à côte, il obtient une tuile Faveur de la Reine qui lui donnera des points à la fin de la partie en fonction du critère. Il est possible d’en obtenir d’autres en plaçant la seconde maison sur le plateau, en amenant un jeton ressource au bout de la piste ou via une carte du plateau.
Enfin, on poursuit ainsi jusqu’à ce que tous les joueurs aient joué quatre tuiles. Puis on passe à la prochaine manche.


OK, et le jeu se termine quand?
À la fin de la 4e manche, la partie prend fin. Avant de faire le décompte, pour chaque tranche de 5 pièces, il est possible de faire avancer son marqueur sur la piste d’Investissement de un (optionnel). On calcule ensuite les points restants de cette manière:
– La Piste d’Investissement: Le nombre de points en fonction de l’emplacement du marqueur;
– Les points des cartes Guildes: pour chaque guilde (excepté les Cerfs), il faut multiplier le nombre de cartes d’une guilde par le nombre d’étoiles franchies sur la piste de ressource correspondante;
– Des points pour les Structures: Il suffit de regarder la position de notre piste de ressource la moins avancée (pour détermine la valeur en points de chacune des structures).
– Les Faveurs de la Reine: Les points obtenus pour celles-ci en fonction des critères.
Le joueur ayant le plus de points remporte la partie!

C’est tout?
Le jeu propose un mode solo avec un Automa et 4 niveaux de difficulté.

Ce que je pense du jeu Kingdom Crossing?
Dès que j’ai vu le jeu Kingdom Crossing, j’ai tout de suite eu envie d’y jouer. Il faut dire que la boîte attire l’œil avec ses illustrations soignées. De plus, son univers coloré semble promettre une aventure accessible, presque familiale. Et cette première impression se confirme partiellement à l’ouverture. Le matériel est globalement de bonne qualité, robuste et agréable à manipuler. Les règles, quant à elles, sont bien structurées, claires et surtout ponctuées d’exemples concrets qui facilitent énormément l’apprentissage. On comprend rapidement les bases et on peut se lancer sans trop d’hésitation. C’est toujours un point positif pour un jeu de ce calibre.
Cela dit, tout n’est pas parfait du côté matériel. Les plateaux des joueurs ont tendance à gondoler, ce qui devient rapidement irritant. Surtout considérant qu’on doit glisser des cartes au-dessus et en dessous de ceux-ci. Dans les faits, les cartes finissent souvent mal positionnées, voire coincées, ce qui casse un peu le plaisir. J’aurais également aimé une uniformité dans les composantes (qu’elles soient toutes en bois). Et tant qu’à y être, des plateaux complètement enclavés auraient grandement amélioré l’expérience. Cela dit, le matériel demeure acceptable même s’il s’agit d’un Eurogame. On va se le dire tout de suite, malgré son look enfantin, Kingdom Crossing n’est pas un jeu pour les familles. Oh que non!

Tension, optimisation et réflexion sont au rendez-vous!
Une fois la partie lancée, ce qui frappe le plus, c’est l’ambiance générale du jeu. Kingdom Crossing est un jeu axé sur la réflexion, l’anticipation et l’optimisation. Ici, chaque décision compte! De plus, il faut constamment planifier ses actions avec soin. La mécanique de déplacement, qui empêche de repasser par le même pont au cours d’une manche, est brillante et je l’adore! En effet, elle oblige à réfléchir différemment, à anticiper ses trajets et à maximiser chaque déplacement.
C’est le genre de contrainte que j’adore, parce qu’elle transforme chaque tour en véritable casse-tête. On ressent une tension constante dans Kingdom Crossing. Le tout alimenté par la nécessité d’optimiser ses ressources, de programmer ses actions et de maintenir un équilibre entre plusieurs éléments du jeu. La gestion des jetons Fleur et Structure, combinée à la progression sur les différentes pistes, demande une attention particulière. Ici, rien n’est laissé au hasard et c’est précisément ce qui rend une partie satisfaisante.



Des mécaniques chouettes!
Ce que j’apprécie particulièrement, c’est la façon dont les mécaniques s’imbriquent entre elles. On retrouve un mélange de collections, de gestion de ressources et de construction de moteur, le tout parfaitement intégré. Le jeu offre aussi une belle profondeur stratégique. Sans toutefois devenir lourd. Ce qui le rend accessible à un large éventail de joueurs, allant des intermédiaires aux plus expérimentés.
Cela dit, cette richesse a un prix : le jeu ne pardonne pas les erreurs. Je vous le dis, un mauvais choix peut avoir des conséquences importantes et compromettre la victoire! Il faut accepter cet aspect punitif, qui ne plaira pas à tout le monde. De plus, même si l’iconographie est bien pensée, elle demande un certain temps d’adaptation. Lors des premières parties, on consulte régulièrement les règles du jeu. Cependant, tout devient beaucoup plus fluide et agréable une fois assimilé.

Un jeu avec une belle rejouabilité!
Du côté de l’interaction, Kingdom Crossing est un jeu plutôt indirect. On ne s’attaque pas frontalement aux autres joueurs, mais il est tout à fait possible de leur nuire. Je vous encourage également à le faire! Il ne faut pas hésiter à subtiliser une carte convoitée ou à compléter un objectif avant eux. La course aux tuiles Pont ajoute d’ailleurs une couche d’interaction intéressante, puisqu’elle pousse à surveiller constamment le jeu des autres. Il ne suffit pas de jouer dans son coin. Non! Il faut garder un œil sur ce qui se passe autour de la table! Cela dit, l’interaction reste limitée et certains pourraient trouver le jeu un peu solitaire dans son approche.
La rejouabilité, en revanche, est bien au rendez-vous grâce à la variété des cartes et des stratégies possibles. J’aurais tout de même apprécié un peu plus de tuiles d’objectifs communs pour renouveler encore davantage les parties. Autre petit bémol : l’absence d’un insert dans la boîte. On se retrouve à jongler avec plusieurs petits sacs en plastique… Ce qui rend la mise en place et le rangement moins agréables.
À combien y jouer?
Enfin, le nombre de joueurs influence grandement l’expérience. J’ai particulièrement aimé mes parties à deux et à trois joueurs. Le rythme restait soutenu et les temps d’attente plus limités. À quatre joueurs, en revanche, le jeu souffre d’un ralentissement. Comme il s’agit d’un jeu où la réflexion est omniprésente, chaque tour peut s’étirer. Ce qui allonge considérablement la durée de la partie. Cela peut devenir frustrant, surtout lorsque l’on attend longtemps entre ses tours. Malgré cela, le jeu demeure fluide dans sa structure. Les manches s’enchaînent bien, les actions sont claires. Puis, une fois que tout le monde maîtrise les règles, l’expérience devient vite très agréable!

En conclusion:
Kingdom Crossing est un jeu qui m’a beaucoup plu pour sa profondeur stratégique. J’aime son aspect casse-tête et la satisfaction qu’il procure lorsqu’on réussit à optimiser parfaitement ses actions. Il s’adresse clairement à des joueurs qui aiment réfléchir, planifier et relever des défis. Malgré les quelques défauts, il offre une expérience solide et engageante. Particulièrement à deux ou trois joueurs. Ce n’est pas un jeu immersif au sens narratif du terme, mais ce n’est pas ce qu’on lui demande. Mécaniquement très satisfaisant, je vous le recommande. C’est un excellent choix pour les amateurs de jeux de réflexion qui aiment se creuser les méninges et tenter de faire mieux à chaque partie.
Bref, si vous aimez les jeux de réflexion où chaque déplacement compte et où l’optimisation est au cœur de l’expérience, alors Kingdom Crossing saura vous séduire.

On aime Kingdom Crossing pour:
– Le look de la boîte et les illustrations sont très jolies;
– Les règles du jeu bien décrites avec plusieurs exemples. Elles s’expliquent facilement;
– Le matériel de bonne qualité;
– La bonne rejouabilité;
– L’ambiance tendue et axée sur la réflexion, l’optimisation et la programmation;
– Le fait qu’il s’agit d’un jeu accessible à une audience variée;
– L’interaction limitée;
– Le volet course aux objectifs des tuiles Pont qui ajoutent une certaine interaction. Il est impératif de garder un oeil sur ceux-ci et sur le jeu des autres;
– La thématique bien présentée;
– Les mécaniques qui sont bien imbriquées entrent elles;
– L’équilibre des jetons Fleur et Structure et de la progression des jetons ressources sur les pistes à maintenir durant toute la partie pour maximiser les points;
– Le fait de devoir optimiser nos déplacements;
– Le fait qu’il s’agit d’un jeu fluide, malgré la dose de réflexion.

On aime moins Kingdom Crossing pour:
– Jouer à 4 joueurs, car les parties sont beaucoup trop longues;
– Glisser les cartes au-dessus et en dessous du plateau, car celui-ci ne reste pas en place et les cartes se retrouvent souvent en dessous;
– C’est un jeu qui ne pardonne pas les mauvais choix, il faut vraiment bien réfléchir;
– Le temps de maîtriser la signification de toutes les icônes et des règles, après, tout devient fluide;
– Les plateaux des joueurs qui gondolent.
On aurait aimé:
– Un insert pour faciliter la mise en place et le rangement, au lieu de devoir gérer plusieurs petits sacs en plastique;
– Pouvoir changer les cartes sur les différents emplacements lors de l’étape de la mise en place d’une manche. Parce qu’il arrive de ne jamais prendre une carte d’un type de paquet durant toute la partie, elle demeure donc la même;
– Que l’ensemble des jetons soient tous en bois;
– Que les plateaux soient enclavés en entier pour placer les jetons fleurs et castors;
– Avoir un peu plus de tuiles objectifs communs.
Il est à noter que:
– Si vous n’aimez pas réfléchir longuement, anticiper ou optimiser vos actions, alors il vaut mieux éviter ce jeu.

Merci à notre partenaire Randolph de nous avoir offert
une copie du jeu Kingdom Crossing pour cette chronique.

Nous vous invitons à découvrir d’autres jeux de ce distributeur
en lisant notre chronique sur le jeu Sur les Traces de Marie Curie.

