Le terme “cosy” ou “douillet” en français signifie “qui procure une impression de confort et de bien-être”. Il n’y a pas à dire, Cosy Stickerville nous emporte dans un univers profondément douillet dans lequel nous passons un moment doux et agréable.
Cosy Stickerville
Auteur: Corey Conieczka;
Illustrateurs : Jonathan Aucomte, Olivier Fagnère, Damien Mammoliti et Tomasz Morano
Éditeur: Unexpected Games;
Distributeur: Asmodee;
Nombre de joueurs: 1 à 6 joueurs;
Durée: 30 minutes;
À partir de: 8+;
Thématiques: Aventures, exploration, développement de ville;
Mécaniques: Jeu coopératif, narratif et de mission.

C’est quoi le but?
Le but de Cosy Stickerville est de développer notre ville et d’accomplir certains objectifs tout en obtenant des progrès sur notre échelle de bonheur, le tout dans une ambiance détendue.

Comment on joue à Cosy Stickerville?
Il s’agit vraiment d’un jeu de décisions. Tout au long des 10 années (ou 10 étapes) que dure la partie, il faudra sans cesse choisir ce que nos personnages feront et comment on veut faire évoluer notre ville, pour le meilleur comme pour le pire. La majorité des décisions vont se concrétiser par la pose d’un autocollant sur le plateau de jeu. Il y aura de la gestion d’argent et de ressources, mais aussi de personnages. Car inviter des gens à rejoindre son village, c’est bien, mais ils peuvent toujours nous réserver des surprises.
Dans Cozy Stickerville, chaque journée est remplie d’inconnu! Lors d’une partie, les joueurs jouent chacun leur tour, dans le sens horaire, jusqu’à épuisement du paquet Événement. Chaque tour se compose de deux étapes : le Matin (piocher une carte Événement) et l’Après-midi (effectuer 1 action). Lorsque le paquet Événement est épuisé, l’année prend fin et les joueurs ont la possibilité de continuer à jouer en entamant une autre année ou de sauvegarder la partie et de reprendre plus tard.

OK, et le jeu se termine quand?
Une “partie” de Cosy Stickerville prend fin temporairement au terme de chaque année et se termine officiellement après la dixième année.

C’est tout?
Sur le site web de l’éditeur, il est possible de trouver les règles en version PDF en de nombreuses langues dont le français, l’anglais, le polonais, l’espagnol et l’allemand.
Aussi, bien que le jeu utilise des autocollants et que ces derniers demeurent sur le plateau de jeu, il est conçu pour être jouable une seconde fois, en utilisant le verso du plateau. La boîte de sauvegarde prévoit d’ailleurs des traces pour la sauvegarde des deux côtés du plateau.
Et bonne nouvelle, Cosy Stickerville vient d’être nommé dans la catégorie Jeu de l’année au Spiel des Jahres 2026. Souhaitons-lui la meilleure des chances!

Ce que je pense du jeu Cosy Stickerville?
Quand j’ai eu le jeu Cosy Stickerville entre les mains, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Il faut croire que je vis dans une grotte, car j’ignorais tout de l’incroyable “hype” qui a entouré son arrivée sur les tablettes. J’ai donc pu m’y plonger en toute ouverture, sans avoir d’attentes, et je dois avouer que c’est ma manière de procéder préférée. Après tout, c’est ainsi que j’ai découvert de petites pépites et Cosy Stickerville fait partie du lot.
Cela dit, pour moi, il ne s’agit pas d’un jeu de société traditionnel. Loin de là! On a ici l’occasion de vivre une aventure, une expérience. Mais comme il n’est jamais question de gagner ou de perdre, on ressent moins la tension typique. C’est profondément coopératif, car les décisions vont se prendre d’un commun accord entre tous les joueurs, mais le jeu ne déterminera pas de gagnant. Dans le fond, la victoire, c’est le temps qu’on va avoir passé ensemble à jouer. Donc pas de prise de tête, juste du bonheur (et quelques regrets quand nos décisions nous reviennent d’une manière moins agréable!)

Le matériel et les illustrations
Bon, reprenons notre rythme habituel. Premièrement, quand j’ai ouvert la boîte de Cosy Stickerville, j’ai trouvé le rangement fort acceptable. J’y ai trouvé un insert qui permet de ranger les cartes efficacement entre les parties. J’ai beaucoup apprécié la petite boîte qui est conçue pour conserver notre progression entre les années et les petits collants qui sont prévus pour identifier chaque année complétée. De plus, on a des petits jetons bien agréables à manipuler et les cartes sont d’une bonne épaisseur en plus d’être suffisamment différentes les unes des autres pour qu’on puisse aisément savoir lesquelles sont nos cartes Événement et lesquelles sont les cartes Catalogue.
Il est très important de distinguer dès le début ces deux types de cartes, car elles ont un rôle vraiment différent à jouer. Les cartes Événements vont ponctuer chacune de nos années de rencontres et de choix et seront conservées ou défaussées au gré des décisions tandis que les cartes Catalogue sont directement liées à des actions et constituent un “deck” unique dans lequel nous allons piger tout au long de la vie de notre village.

Photo Meeple Qc
Parlant de collants, ai-je besoin de préciser que le carnet de collants est vraiment fantastique? Avis aux adeptes, il y en a un et un autre! Et ils sont magnifiquement illustrés. On retrouve des bâtiments, des personnages, de la verdure, des fleurs, des animaux, des marqueurs de progression et j’en passe. Tout a été réfléchi et ça paraît! Mon seul petit bémol est qu’il est parfois un peu difficile de décoller le collant que nous désirons, mais on finit toujours par réussir sans endommager l’objet de notre désir ni ses voisins.

Règles et mise en place
Soyons clairs, comme le jeu s’adresse à un public familial, on a affaire à des règles simples et faciles à prendre en main et à comprendre. C’est vraiment accessible! Le plus mêlant vient du fait qu’on doit naviguer entre deux livrets en cours de partie, mais on comprend très rapidement le rôle de l’un et de l’autre. L’un est notre référence pour les règles et l’autre nous sert à naviguer au fil des années et des actions numérotées. Le seul moment qui peut générer de la confusion, c’est la première mise en place, car on a besoin des deux documents.
Mais revenons sur cette première mise en place! Elle est vraiment très importante et elle nous pousse à prendre des décisions. Beaucoup de décisions. Et comme on ne sait pas trop où on s’en va avec ça, c’est un peu hasardeux et très excitant. On commence directement avec un gros choix: déterminer avec quel côté du plateau nous allons jouer. C’est un peu comme si on explorait des terres et qu’on devait choisir notre futur lopin.
Une fois cela fait, on doit apposer plein d’autocollants sans nécessairement savoir ni comprendre les impacts de nos choix. Dès le départ, on constate qu’on a la possibilité de faire des choix qui vont se répercuter sur notre seconde tentative, car on doit se positionner par rapport aux conifères et aux feuillus par exemple. On aura à choisir entre différentes étendues d’eau, des bosquets de fleurs/petits fruits, une maison, etc. C’est vraiment une étape cruciale qui va déterminer plein de choses pour la suite.

Photo Meeple Qc
Expérience de jeu
Après avoir fait la mise en place, on a vraiment très très envie de se lancer dans l’aventure. Le fait de savoir que ça se joue une seule fois (du moins une fois par côté!) rend le tout spécial. On vit le moment présent et on le savoure. Et je ne vous divulgâche rien si je vous dis que chaque décision va avoir son importance. Est-ce qu’on met de l’avant le bonheur du village? Sa prospérité? Son développement spirituel? Et qu’est-ce qu’on désire pour nos villageois? Plus de nourriture? Plus de matériaux? Et l’argent dans tout ça? Chaque année va apporter son lot de défis, de choix et de réflexion et c’est vraiment chouette!
Personnellement, j’ai joué avec mon conjoint uniquement et j’ai trouvé la dynamique à deux très satisfaisante. On se partageait facilement les actions et il a pas mal toujours été facile de prendre les décisions ensemble. Il faut croire que nos valeurs s’alignaient! Mais ce que j’ai surtout apprécié, c’est le rythme des parties.
Mine de rien, une année dans Cosy Stickerville, ça passe vite. Il est donc vraiment tentant de jouer une deuxième année tout de suite après en avoir terminé une. On veut savoir ce qui va arriver, si de nouveaux personnages vont se joindre à notre village et ce qu’ils vont faire! Mais j’avoue qu’on a fait le choix conscient d’étirer le plaisir. Le mot d’ordre, c’est un an à la fois. Alors je n’ai pas le choix, je sors le jeu plus souvent au lieu de le dévorer en deux soirées (même si ce n’est pas l’envie qui manque). Vous me direz que c’est un choix qui peut être un peu plate, mais je vois ça comme un plaisir prolongé!

Photo Meeple Qc
La mécanique de Cosy Stickerville
Comme je le disais précédemment, la mécanique mise en place dans le jeu est très accessible et personne ne sera pris au dépourvu. Le matin, on pioche une carte et on applique son effet, puis, en après-midi, on choisit une des actions disponibles et on vit avec ce qu’elle implique. Simplissime! Là où ça se corse, c’est qu’il va falloir envisager plusieurs options et garder en tête nos objectifs.
Car (attention, petit divulgâcheur!) lors de la 2e année, on nous remet une série d’objectifs très variés qu’on doit tenter d’accomplir au mieux au fil des années. Je ne vous en dis pas plus, car je ne suis pas méchante, mais il y a parfois des choix plus évidents que d’autres. Et le jeu va s’assurer de bien vous faire douter!
Et je prends un moment pour souligner qu’on peut vraiment jouer à Cosy Stickerville en famille si on le désire. J’ai lu beaucoup de témoignages de joueurs qui passaient de très agréables moments avec des enfants aussi jeunes que 6 ans grâce à une dose d’accompagnement. La mécanique en place est assez claire pour ça.

Photo Meeple Qc
Thématique et ambiance
De son côté, la thématique a réussi à très bien se faire sentir. Grâce à la pose des autocollants, on a réellement l’impression de construire un village et d’avoir un impact sur son développement. On n’a pas l’impression de jouer avec le jeu, on fait partie du jeu. C’est immersif et très agréable. Je ne pense pas qu’une autre thématique ait pu aussi bien faire le truc ( sauf peut-être la création d’une base sur une autre planète, mais je m’emballe!). J’ai adoré le rôle que le jeu nous confie et la manière dont on est amené à y jouer.
Rejouabilité
Sans grande surprise, nous avons ici un jeu à la rejouabilité limitée. Si on calcule un peu, on a accès à deux “villages” d’une durée de vie de 10 années chacun. Donc, 2×10 = 20 parties tou au plus si on exploite le jeu à son maximum. Est-ce que c’est peu? Est-ce que c’est beaucoup? Chaque personne va avoir sa réponse personnelle. Pour moi, 10 parties (donc la création d’un village), c’est pas mal du tout. Après tout, réussir à asseoir le même groupe pendant tout ce temps est déjà un exploit en soi. Est-ce que je vais vouloir faire le 2e village? Je pense que oui, mais avec un groupe différent pour expérimenter une autre configuration de joueurs.
Est-ce que je trouve que c’est raisonnable comme concept et rejouabilité? Absolument! Un jeu de ce type, avec son côté legacy, est pour moi comme un événement. Je ne m’engage pas dans une vision de permanence (comme quand j’achète un nouveau jeu pour ma ludothèque pour y jouer pendant les 30 prochaines années), mais plutôt comme si je participais à un événement. Après tout, une soirée en duo au cinéma (pas de pop-corn !) procure un plaisir plus court pour un investissement similaire. Alors vivement le fait de vivre 10 années dans mon village personnalisé… et de recommencer si j’ai envie de prendre des décisions loufoques!

On joue quand à Cosy Stickerville?
Les occasions de vouloir jouer à ce superbe jeu seront nombreuses! On voudra en savourer les nuances probablement à la manière dont on écoute en rafales une série qu’on aime. Le plus difficile sera de se modérer, car on sait qu’il y a une limite au nombre de fois qu’on pourra vivre le jeu. Mais je crois que le moment parfait pour en profiter est vraiment entre le souper et le dodo. On se fait un thé, on enfile notre pyjama favori et on saute dans l’univers tellement douillet de Cosy Stickerville avec notre famille. C’est du pur bonheur!
En conclusion:
Cosy Stickerville est un superbe jeu familial qui permet de passer un moment doux et agréable. Son système d’autocollants est original et invitant et il contribue énormément au plaisir qu’on peut avoir en jouant. Son côté legacy en fait un jeu à savourer pleinement!
Bref, si vous aimez les jeux doux et originaux remplis de décisions à prendre, alors Cosy Stickerville est pour vous!

On aime Cosy Stickerville pour:
– Le look de la boîte attirant et les belles illustrations mettant de l’avant un univers doux;
– Les règles du jeu très faciles à comprendre;
– Le matériel, plus particulièrement les nombreux autocollants;
– La rejouabilité très acceptable pour un jeu de ce type;
– L’ambiance très douillette;
– Le fait qu’il s’agit d’un jeu accessible à tous (intergénérationnel);
– L’interaction qui prend un aspect de complicité entre les joueurs;
– La thématique de construction de village très bien ressentie;
– La mécanique très accessible;
– Le fait qu’il s’agit d’un jeu fluide, qu’il se joue bien.

On aime moins Cosy Stickerville pour:
– La difficulté à décoller certains autocollants.
Il est à noter que:
– Si vous êtes une personne à la recherche d’une victoire ou d’une défaite, alors vous pourriez ne pas aimer ce jeu.

Merci à notre partenaire Asmodee de nous avoir offert
une copie du jeu Cosy Stickerville pour cette chronique.

Nous vous invitons à découvrir d’autres jeux de ce distributeur
en lisant notre chronique sur le jeu Ti-Guy La Puck.

